Après le triomphe mondial de Godzilla Minus One, le réalisateur Takashi Yamazaki remet le couvert avec Godzilla Minus Zero. Présenté en première mondiale le samedi 26 septembre au Festival du film de New York, le film est le premier de la saga à être classé R aux États-Unis, en raison de sa violence.

Soixante-douze ans de carnage urbain, des dizaines de films au compteur, et jamais un classement R aux États-Unis. Jusqu’ici, la créature mythique de la Toho, Godzilla, s’était toujours maintenue dans les clous du grand public, navigant gentiment entre le divertissement familial et le film de genre tout public. Godzilla Minus Zero rompt avec cette tradition.

Godzilla Minus Zero a été projeté en première mondiale à l’Alice Tully Hall, dans le cadre du Festival du film de New York. Quelques jours plus tôt, la Motion Picture Association, l’organisme américain de classification, l’avait classé R (Restricted) pour « violence et images sanglantes ».

Takashi Yamazaki assume ce classement. Pour le cinéaste japonais, déjà oscarisé pour les effets visuels du volet précédent, couper des scènes pour obtenir un classement PG-13, qui déconseille le film aux moins de 13 ans sans l’interdire, était tout simplement hors de question.

« Censurer ou couper ces scènes n’était pas une option » pour le prochain Godzilla

Interrogé par Variety lors de la première, Takashi Yamazaki reconnaît que la question d’un classement plus accessible s’est posée avec le studio :

« Logiquement, en tant que studio, et même en tant que réalisateur, vous voulez que le plus grand nombre possible de spectateurs puisse voir votre film. Une classification R peut sembler être une barrière à l’entrée, et des discussions du type “Est-ce qu’on ne pourrait pas descendre à un classement PG-13 ?” ont évidemment eu lieu. Malgré cela, certaines scènes étaient tellement essentielles à ma vision que les censurer ou les couper n’était tout simplement pas une option. »

Loin de redouter l’impact financier de cette restriction pour les moins de 17 ans, le réalisateur estime, au contraire, que le public moderne perçoit désormais le classement R comme un gage d’authenticité et de liberté créative. Il se dit encouragé par les films classés R qui ont déjà réussi au box-office et espère que Godzilla Minus Zero suivra le même chemin. Les exemples ne manquent pas : Joker est devenu en 2019 le premier film classé R à dépasser le milliard de dollars au box-office mondial, avec 1,07 milliard (environ 920 millions d’euros). Deadpool & Wolverine a battu ce record en 2024, puis l’Odyssée cette année, avec 1,72 milliard de dollars (environ 1,5 milliard d’euros).

Godzilla Minus One // Source : Toho
Godzilla Minus One // Source : Toho

Triomphe à New York et consignes de silence

Le public new-yorkais a applaudi à plusieurs reprises en cours de séance. Pendant la projection du film, le directeur du festival, Dennis Lim, a reconnu qu’on n’attendait pas forcément Godzilla dans un grand festival, avant d’ajouter qu’il était « temps d’amener un film de monstre géant » dans la sélection officielle d’un rendez-vous aussi prestigieux.

Sur scène, Takashi Yamazaki a fait rire la salle en racontant qu’il n’avait jamais prévu de suite à Minus One. Les dirigeants de la Toho lui en ont parlé dès qu’ils ont vu le premier montage, ce qui l’a aussitôt inquiété. Il n’a jugé une suite possible qu’une fois le film sorti et salué par le public dans le monde entier. Il a aussi demandé aux spectateurs de ne rien dévoiler de l’intrigue : « Vous êtes les premiers à voir ce film. Il y a beaucoup de fans de Godzilla dans le monde, alors travaillons ensemble et ne faites pas de spoilers. Pas de spoilers, s’il vous plaît ! Je vous fais confiance. » Rappelant que des dirigeants de la Toho étaient dans la salle, il a ensuite plaisanté : « Avec vos réactions ce soir, j’espère qu’ils ne vont pas me proposer un troisième film. »

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