Le jeu des chaises musicales à Hollywood donne souvent le vertige. S’il est aujourd’hui impossible d’associer un autre visage que celui de Sam Neill au Dr Alan Grant dans Jurassic Park, le destin du chef-d’œuvre de 1993 a failli être radicalement différent. En 1992, alors que Spielberg prépare son adaptation du roman de Michael Crichton, il n’a qu’un nom en tête pour porter le chapeau du héros face aux dinosaures : son ami et complice de toujours, Harrison Ford. C’est ce que l’on peut apprendre au sein du podcast du journaliste Josh Horowitz (Happy Sad Confused).
« J’étais effondré » explique Spielberg pour Jurassic Park
Entre Steven Spielberg et Harrison Ford, la complicité n’est plus à prouver après la trilogie originale d’Indiana Jones. Pourtant, le réalisateur a dû faire face à un refus catégorique lorsqu’il a tenté d’emmener l’acteur sur Isla Nublar.
Les mots de Steven Spielberg au micro de Happy Sad Confused sont limpides : « Il ne s’en souvient peut-être pas, mais moi je m’en souviens très bien… J’étais effondré. J’ai approché Harrison pour le rôle d’Alan Grant, mais il a refusé. »
L’acteur, alors au sommet de sa gloire au début des années 90, n’a probablement pas souhaité enchaîner deux rôles de scientifiques aventuriers portant des chapeaux à l’écran, de peur de se répéter auprès du grand public. Si la pilule a été difficile à avaler sur le coup pour Spielberg, la déception a rapidement laissé place à un coup de foudre artistique :
« Mais juste après, Sam Neill est devenu disponible, et il est devenu Alan Grant ! Le rôle lui appartient désormais pour toujours. »

Le timing parfait
Cette anecdote historique ne sort pas de nulle part, elle intervient au beau milieu d’une semaine cruciale pour le cinéaste de 79 ans. Ce mercredi 10 juin 2026 marquait en effet la sortie officielle dans les salles de son projet le plus ambitieux depuis des années : Disclosure Day.
Porté par un casting cinq étoiles composé d’Emily Blunt, Josh O’Connor et Colin Firth, ce thriller paranoïaque sur fond de révélations extraterrestres et de complot gouvernemental cartonne déjà. Salué par la critique comme un retour aux sources magistral, le film rappelle l’âge d’or des grands récits de science-fiction du réalisateur.

De Jurassic Park à Disclosure Day
Cette révélation sur le casting de Jurassic Park résonne d’ailleurs particulièrement avec la philosophie de travail de Spielberg sur Disclosure Day. Tout au long de sa carrière, le metteur en scène a toujours préféré caster des visages humains et ancrés dans le réel plutôt que de simples héros invincibles.
C’est exactement ce que Sam Neill avait apporté à Jurassic Park : la crédibilité d’un chercheur passionné, bougon et vulnérable, plutôt que le profil d’un héros d’action hollywoodien traditionnel qu’aurait incarné Harrison Ford. Trente-trois ans plus tard, Spielberg applique la même recette en confiant les rênes de son nouveau film de SF à une Emily Blunt plus brute et habitée que jamais.
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