Trois jeux, trois univers, trois mécaniques différentes… mais un même objectif : rassembler petits et grands, amis et famille, autour de la table. Botswana, Panorama et Spooky Tower ont un autre point commun : ils sont particulièrement beaux. Comment ça se joue ? Quel est notre avis ? On vous dit tout.

Parmi toutes les catégories de jeux de société, une domine largement les autres, que ce soit en nombre de sorties ou en volume de ventes : les jeux familiaux. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les récompenses les plus prestigieuses du secteur, comme l’As d’Or en France ou le Spiel des Jahres en Allemagne, leur attribuent leur distinction principale.

Attention toutefois à ne pas les confondre avec les jeux pour enfants. Un jeu familial est avant tout un jeu accessible à tous : simple à expliquer, rapide à prendre en main, agréable à jouer et doté d’une durée adaptée à la plupart des occasions.

Que ce soit pour partager un moment avec les enfants pendant les vacances, animer une soirée entre amis, réunir plusieurs générations autour de la table après un repas de famille ou encore profiter d’une pause déjeuner entre collègues, les jeux familiaux s’adaptent à une multitude de publics et de situations. C’est précisément cette polyvalence qui explique leur immense popularité.

Voici donc trois nouveautés récentes qui nous ont particulièrement séduits pour renouveler votre ludothèque.

Botswana

Dans Botswana, vous partez photographier les animaux de la savane. Encore faut-il que ceux que vous choisissez de suivre soient les plus photogéniques au moment du décompte…

À chaque tour, vous jouez de votre main une carte représentant un animal, avec une valeur comprise entre 0 et 5. La carte est placée sur la pile correspondante, recouvrant les précédentes. La valeur visible au sommet de chaque pile détermine ainsi la valeur finale de l’animal concerné.

Botswana
Source : 25th Century Games

Après avoir joué une carte, vous récupérez également un pion animal. Et rien ne vous oblige à choisir l’espèce correspondant à la carte que vous venez de jouer. Vous pouvez très bien jouer une carte lion et repartir avec un pion girafe.

La partie prend fin dès qu’une des espèces a épuisé toutes ses cartes. Chacun calcule alors son score en multipliant la valeur finale de chaque animal par le nombre de pions correspondants qu’il possède. Avoir beaucoup d’animaux n’est donc pas forcément une bonne affaire si leur valeur a été sabotée en cours de partie.

Botswana
Source : 25th Century Games

Publié à l’origine au milieu des années 1990, Botswana est l’exemple parfait de ces jeux à l’ancienne qui reposent sur une idée simple, mais redoutablement efficace. Peu de règles, peu de matériel, mais beaucoup de décisions et d’interactions autour de la table. Trente ans plus tard, la mécanique n’a rien perdu de sa pertinence.

Cette nouvelle édition en profite pour s’offrir un véritable lifting. Les pions en bois reprennent la silhouette des différents animaux et les illustrations, absolument magnifiques, nous plongent dans une savane africaine baignée de couleurs chaudes. C’est sans doute l’un des plus beaux jeux de cette première moitié d’année.

Côté sensations, ne vous attendez pas à un grand exercice de stratégie. Botswana est avant tout un jeu d’opportunisme et de bluff. On savoure le moment où l’on réussit à dévaloriser l’animal sur lequel les autres ont misé, tout comme on grimace lorsque le 0 ou le 1 vient ruiner nos propres choix.

Simple à expliquer, rapide à jouer et d’une fluidité remarquable, Botswana démontre une fois de plus qu’une excellente idée suffit parfois à faire un excellent jeu. Trente ans après sa création, il reste d’une étonnante modernité.

En bref

Panorama

Panorama est l’incarnation même du jeu détente : un titre paisible et accessible dans lequel votre objectif est de composer le paysage le plus harmonieux possible.

Pour y parvenir, votre montgolfière se déplace autour de plusieurs piles de tuiles disposées en cercle au centre de la table. Lorsque vous choisissez de vous arrêter devant l’une d’elles, vous récupérez la tuile située au sommet et l’ajoutez à votre panorama personnel. Avec une contrainte toutefois : chaque nouvelle tuile doit être placée à l’une des extrémités de votre paysage, il est interdit de l’insérer entre deux tuiles déjà posées.

Panorama
Source : Le Scorpion Masqué

Au fil de la partie, vous cherchez à créer les raccords les plus cohérents entre les différents paysages tout en accumulant fleurs et animaux, qui vous rapporteront des points de victoire. En parallèle, vous tentez également de satisfaire les trois objectifs communs révélés en début de partie (posséder le moins de nuages, créer la rivière la plus longue, etc.).

Panorama
Source : Le Scorpion Masqué

La gestion des déplacements de votre montgolfière ajoute une dimension tactique bienvenue. En effet, c’est toujours le joueur situé le plus en arrière sur la piste circulaire qui joue. Avancer trop loin peut donc permettre à vos adversaires d’enchaîner plusieurs tours avant que vous ne repreniez la main.

À mi-chemin entre le jeu de placement de tuiles et le jeu de collection, Panorama séduit par son rythme tranquille et son élégante simplicité. L’interaction reste indirecte, puisqu’il est impossible d’agir sur les panoramas adverses, mais elle se manifeste dans le choix des tuiles disponibles et dans la gestion des déplacements. Grâce à la grande variété d’objectifs proposés, les parties offrent un renouvellement sans complexification.

Ajoutez à cela une superbe direction artistique, portée par des illustrations minimalistes particulièrement réussies, ainsi qu’un matériel de grande qualité dans une boîte compacte, mais généreusement remplie, et vous obtenez un sans-faute de plus pour l’éditeur Le Scorpion Masqué.

En bref

Spooky Tower

Dans Spooky Tower, vous partez à la chasse aux fantômes qui se sont échappés de la vieille tour de l’horloge où ils étaient enfermés depuis des siècles.

À votre tour, vous lancez deux dés dans la tour à dés fournie dans la boîte. Est-ce que ça change quoi que ce soit au résultat ? Absolument pas. Est-ce que c’est plus fun ? Clairement, oui.

Selon les valeurs obtenues, vous pouvez récupérer une carte parmi les douze piles disposées au centre de la table. Vous lancez un 2 et un 5 ? Vous pouvez prendre une carte de la pile 2, de la pile 5 ou de la pile 7 (2 + 5).

Spooky Tower
Source : Repos Production

Mais vous n’êtes pas obligé de récupérer une nouvelle carte, vous pouvez aussi choisir d’activer celles que vous possédez déjà en les retournant. Chaque numéro déclenche alors son propre effet : relance ultérieure des dés, activation d’autres cartes, et surtout capture de fantômes. Car le but du jeu est simple : être le premier à en attraper cinq.

Spooky Tower
Source : Repos Production

Soyons clairs, Spooky Tower fait la part belle au hasard. C’est un jeu de dés, de collection et de petites combinaisons de cartes, mais c’est surtout un jeu où l’on compose avec ce que les dés veulent bien nous offrir. Si l’aléatoire vous donne des boutons, mieux vaut passer votre chemin.

Pour les autres, c’est une proposition familiale efficace qui mise davantage sur l’ambiance que sur la planification à long terme. On lance les dés, on fait au mieux avec le résultat et on espère prendre une longueur d’avance dans la course aux fantômes. L’interaction reste limitée, même si certaines cartes permettent de voler un esprit à un adversaire.

Rien de révolutionnaire au programme donc, mais des parties qui tournent bien, qui génèrent leur lot de rires, de chouineries, et de célébrations excessives après un lancer chanceux. Le tout est porté par un matériel de qualité, une boîte bien remplie et des illustrations réussies qui collent parfaitement au thème. Un jeu simple et efficace… bizarre par contre de le sortir au printemps plutôt qu’à Halloween…

En bref

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