Depuis l’ouverture du premier tour, vendredi 9 octobre, la plateforme de vote de la primaire socialiste est saturée de connexions automatisées. Les bulletins ne sont pas menacés, mais une partie des électeurs n’a pas pu voter.

C’est le grand jour pour Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel. Et des hackers l’ont bien compris.

Le premier tour de la primaire socialiste s’est ouvert vendredi 9 octobre à 8 heures, et e-votez la plateforme en ligne qui doit permettre à quelque 140 000 inscrits de départager les candidats a été visée dès son lancement.

Dans un communiqué, Patrick Mennucci, président de la commission d’organisation, a expliqué que des bots multipliaient les connexions simultanées, ce qui a empêché une partie des électeurs de voter sans pour autant interrompre le service.

Les organisations participantes ont annoncé saisir la justice, et la direction du PS a indiqué à BFMTV que l’ANSSI avait été mobilisée.

Qu’est-ce qu’une attaque DDoS ?

Ce type d’offensive porte le nom de déni de service distribué, ou DDoS.

L’attaquant ne cherche pas à pénétrer dans le système, mais à l’engorger en lui adressant, depuis un grand nombre de machines, davantage de requêtes qu’il ne peut en traiter. Dans le cas de la primaire, les bots imitent des électeurs qui se connectent et tentent de s’identifier, si bien qu’ils occupent les ressources du serveur tout en restant difficiles à distinguer des vrais votants.

Une telle attaque vise la disponibilité du service et non son contenu, ce qui permet à la commission d’affirmer que les votes déjà enregistrés n’ont pas été altérés.

Pour rappel, les DDoS comptent parmi les attaques les plus accessibles, puisqu’il suffit de louer la puissance de réseaux de machines piratées, et ces appareils appartiennent souvent à des particuliers qui ignorent avoir été détournés, ce qui complique l’attribution.

Aucune revendication pour l’instant

Le communiqué ne dit rien de l’origine de l’attaque, et aucune revendication n’a été rendue publique.

C’est une course d’endurance qui se joue désormais face aux pirates. Faute de pouvoir modifier les résultats, une attaque de ce type mise sur le découragement des électeurs. Un votant bloqué à plusieurs reprises peut finir par renoncer.

Comme le scrutin se déroule sur deux jours, la ligne d’assistance des organisateurs rappelle aux personnes bloquées qu’elles peuvent revenir plus tard, reste à espérer que l’attaque ne se poursuive pas samedi.

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