Est-ce le signe que l’on se dirige vers une fracture numérique et culturelle à l’échelle planétaire ? Le site de partage de vidéos Veoh, financé notamment par l’ancien patron de Disney Michael Eisner, a décidé de couper l’accès à son site aux internautes venus de l’ensemble des pays du monde, à l’exception d’une courte liste de 33 états.

Depuis ce week-end, si l’on en croit une liste établie sur Wikipedia sur la base de témoignages, le site serait notamment inaccessible depuis le Luxembourg, la Hongrie, Malte, la Slovénie, la Slovaquie, Chypre, la Roumanie, la Guadeloupe, la République Tchèque, la Turquie, la Croatie, la Lituanie, la Bulgarie, la Serbie, l’Islande, ou la Guyane. De nombreux pays d’Asie et d’Amérique du Sud sont également concernés par le blocage.

La porte-parole de Veoh Gaude Paez a confirmé la décision de Veoh, en expliquant que les pays exclus représentent moins de 10 % de leurs utilisateurs. Elle assure qu’il ne s’agit pas « d’économiser des ressources mais plutôt de re-concentrer ces ressources« .

En fait, l’objectif de Veoh est clair. Le site veut se concentrer sur les 33 pays où il a les capacités commerciales de vendre de la publicité à de grands annonceurs. Il ne souhaite plus dépenser des millions de dollars en bande pasante pour délivrer gratuitement des vidéos à des internautes situés dans des pays où la puissance commerciale de Veoh est beaucoup trop faible pour espérer une rentabilité. Ceux-là sont exclus parce qu’ils ont le tord d’être dans des pays trop pauvres, ou dans des pays où la densité est trop faible pour justifier un investissement commercial.

L’idée du web mondial a-t-elle vécu ?

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