Patrick Bruel toujours porté disparu avec MC Solaar et Enrico Macias

Guillaume Champeau - publié le Mardi 29 Avril 2008 à 13h06 - posté dans Musique Numérique

Ce sont des sommes dites "irrépartissables". Du piratage légal. Parce que les sociétés de gestion ne connaissent/cherchent pas l'adresse de leur destinataire, ces sommes ne sont pas versées. On ne connaît pas leur montant, mais les consommateurs les payent, directement, ou indirectement, pour rémunérer les auteurs et les artistes-interprètes lorsque leurs chansons sont diffusées. Depuis près de deux ans, certains des plus grands noms de la chanson française restent toujours introuvables aux Etats-Unis...

Nous avions révélé il y a un an et demi qu'une société de gestion collective américaine, SoundExchange, n'arrivait pas à retrouver la trace de 52 artistes français de renom, ainsi privés de leur chèque de droits d'auteur. C'était, nous semblait-il, un travail beaucoup plus urgent et concret pour leurs maisons de disques et les sociétés d'artiste-interprètes en France que la lutte contre le piratage. Qu'on rassure leur famille, depuis notre article, SoundExchange a retrouvé la trace de 34 artistes français. Ouf.

Jean-Jacques Goldman, Bernard Lavilliers, Zazie, Michel Polnareff, Ophélie Winter, Alain Souchon, Julien Clerc ou encore Johnny Hallyday ont tous reçu leur chèque, ou devraient le recevoir rapidement.

Mais Patrick Bruel, Daniel Balavoine (qui, c'est vrai, n'attend plus tellement de chèque), Eddy Mitchell, Enrico Macias, Jean-Louis Aubert, Jean-Louis Murat, MC Solaar, William Sheller ou encore Richard Cocciante restent malheureusement introuvables. Depuis au moins 17 mois, c'est tout de même balo. Ils n'ont pas retrouvé non plus ni Nino Ferrer, mort à Montcuq en 1998, ni Charles Trenet, mort en 2001 à Créteil.

En tout, en septembre 2006, ce sont 8897 artistes que SoundExchange avait listés sur son site et qu'elle n'arrivait pas à retrouver. Aujourd'hui, la société de gestion liste 7872 noms. Ce qui fait 1025 artistes retrouvés en 17 mois, soit environ 60 par mois, ou 2 par jour en moyenne. A ce rythme, il faudra 3936 jours pour retrouver tous les artistes listés, ce qui nous mène en 2019.

La situation en France

En France, les sociétés de gestion collectives ont elles aussi leurs sommes "irrépartissables" qui finissent par être réaffectées, théoriquement au bout de 10 ans, à des actions dites "culturelles". La plus célèbre d'entre elles, la Sacem, ne joue pas la transparence comme SoundExchange, mais propose uniquement à ses adhérents un moteur de recherche qui ne permet pas de consulter l'ensemble de la liste, alors qu'elle surpasse très certainement largement celle de SoundExchange.

En 2006, derrière année connue, les sociétés de gestion collective en France ont utilisé pour financer leurs actions "culturelles" (dont la lutte contre le piratage) 18,4 millions d'euros issus directement des lignes d'irrépartissables de leurs livres comptables. Ce sont autant de sommes qui auraient dû aller, normalement, dans les poches des artistes au nom desquels la lutte contre le piratage est menée. Mais le ministère de la Culture, prompt à faire la chasse aux pirates, n'élève jamais la voix pour protester contre un niveau aussi élevé de sommes non réparties.

Plus il y a d'irrépartissables affectés aux actions culturelles, moins c'est au ministère de mettre lui-même la main à la poche pour financer ces actions...

Publié par Guillaume Champeau, le 29 Avril 2008 à 13h06
 
 
8
Commentaires à propos de «Patrick Bruel toujours porté disparu avec MC Solaar et Enrico Macias»
 
Merci pour cette info.
c'est un véritable scandale !!!!
si d'autre entreprise s'amusaient à détourner de telles sommes. il se retrouveraient rapidement devant un tribunal....
C'est aberrant...

Ne serait-ce pas envisageable pour les artistes de se regrouper en marge de ces sociétés, pour créer une sorte de "coopérative de gestion des droits" ? Par des artistes, pour des artistes, sans ces parasites qui s'en mettent plein les poches ?
D'où sortent ces affirmations ? Où sont les preuves de ce qui est dénoncé dans cet article ? Les comptes des SPRD sont publics, elles sont contrôlées par une commission parlementaire. Cela lui aurait échappé ? Les services, financiers, juridiques des sociétés mises en cause ont-ils été contactés par la rédaction ? Quelle a été leur réponse ? C'est grave. C'est une accusation de détournement d'argent. Faute d'être sérieusement étayé ça n'est plus de l'information ni du journalisme et cet article est diffamatoire.
Nnexxus, le 01/01/1970 - 01:00
Ne serait-ce pas envisageable pour les artistes de se regrouper en marge de ces sociétés, pour créer une sorte de "coopérative de gestion des droits" ? Par des artistes, pour des artistes, sans ces parasites qui s'en mettent plein les poches ?

heu desole mais tu reve. Les artistes sont incapables de prendre
leurs affaires en mains. Ils savent seulement pisser ou leurs producteurs
leurs disent de faire.

Ils seraient bon qu'ils se bougent le cul.
ils n'ont qu'a faire comme tout le monde, s'organiser et se battre,
sinon tant pis pour eux.

A moins qu' un "Makhno" de pacotille ne les aide a se defendre, lui qui a l'air
d'etre vachement serieux et combatif...( bouffon va )
Nnexxus, le 01/01/1970 - 01:00
C'est aberrant...

Ne serait-ce pas envisageable pour les artistes de se regrouper en marge de ces sociétés, pour créer une sorte de "coopérative de gestion des droits" ? Par des artistes, pour des artistes, sans ces parasites qui s'en mettent plein les poches ?
Ça existe. Ça s'appelle la SACEM, la SPEDIDAM, la SCAM, l'ADAMI, la SACD (300 ans, première du genre). Leurs dirigeants sont élus chaque année par les sociétaires. D'où l'ampleur du scandale s'il est avéré. Reste que numerama manque de preuves, de faits. Pas d'enquête, pas d'actions en justice — ne pas croire qu'aucun auteur ne s'élèverait contre de telles pratiques —, aucune évocation de ces malversations dans les autres média. Je suis sceptique et faute de preuves, de sources fiables, je ne suis pas près d'avaler n'importe quel bobard comme ce gobe-mouche de shamankick :rolleyes:
Makhno, le 01/01/1970 - 01:00
Nnexxus, le 01/01/1970 - 01:00
C'est aberrant...

Ne serait-ce pas envisageable pour les artistes de se regrouper en marge de ces sociétés, pour créer une sorte de "coopérative de gestion des droits" ? Par des artistes, pour des artistes, sans ces parasites qui s'en mettent plein les poches ?
Ça existe. Ça s'appelle la SACEM, la SPEDIDAM, la SCAM, l'ADAMI, la SACD (300 ans, première du genre). Leurs dirigeants sont élus chaque année par les sociétaires. D'où l'ampleur du scandale s'il est avéré. Reste que numerama manque de preuves, de faits. Pas d'enquête, pas d'actions en justice — ne pas croire qu'aucun auteur ne s'élèverait contre de telles pratiques —, aucune évocation de ces malversations dans les autres média. Je suis sceptique et faute de preuves, de sources fiables, je ne suis pas près d'avaler n'importe quel bobard comme ce gobe-mouche de shamankick :rolleyes:

je vous trouve grossier voir emmerdant !
ne seriez vous pas un collabo de ces dites sociétés ?? :shifty:
la sacem n'est pas transparente !!
sans parler de la SPEDIDAM, la SCAM, l'ADAMI, la SACD qui devront un jour disparaitrent.

vos propos sont d'une hypocrisie :-p
c'est grave docteur ?
Makhno, ça n'est pas dur de trouver les preuves.

La liste des personnes non trouvées et donc impayés par SoundExchange :
http://63.236.111.13...dArtistList.jsp

Concernant les 18,4 millions d'euros, ça figure dans le rapport 2007 (publié en avril 2008) de la Commission Permanente des Sociétés de Perception et de Répartition des Droits.
-_- les 2 be 3 ont pas étés payés !
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