L'IFPI applaudit un rapport sur les dangers des jeux vidéo et du net

Guillaume Champeau - publié le Lundi 31 Mars 2008 à 11h32 - posté dans Société 2.0

De l'art de sauter sur la moindre occasion pour enfoncer des portes ouvertes. Alors que le gouvernement britannique s'est vu remettre la semaine dernière un rapport sur les dangers auxquels sont confrontés les enfants dans les jeux vidéo et dans leur navigation sur Internet, l'industrie du disque en profite pour suggérer que le bannissement des réseaux P2P devienne la règle afin de protéger parents et enfants des travers des réseaux d'échange de fichiers...

La Fédération Internationale de l'Industrie Phonographique (IFPI) aime entretenir les amalgames entre des phénomènes qui n'ont rien à voir entre eux. Ainsi, l'IFPI a applaudit des deux mains un rapport britannique sur la sécurité des enfants dans le monde numérique, qui se concentre sur les dangers psychologiques auxquels sont exposés les plus jeunes sur Internet et dans les jeux vidéo. Commandé en septembre 2007 par le Premier Ministre britannique à la pédopsychiatre Tanya Byron (photo ci-contre), le rapport tente de trouver un équilibre entre la nécessité d'accorder aux enfants leur droit naturel à prendre des risques, ce qui est inhérent à leur développement, et la nécessité de poser des barrières pour protéger leur intégrité psychologique.

Dans son rapport, Tanya Byron insiste sur la vertu éducative des jeux vidéo et de la navigation sur Internet, tout autant que sur la nécessité de les encadrer. Elle propose notamment de renforcer la classification et les avertissements sur les jeux violents, et d'interdire la vente de jeux adultes aux mineurs, sous peine de sanction pénale, car "les jeux vidéo peuvent modifier en profondeur le développement du système de valeurs des enfants et les désensibiliser à la violence".

Pour Internet, la pédopsychiatre propose de mieux contrôler les contenus mis à disposition des jeunes, en se concentrant sur le contrôle des sites les plus populaires, qui forment la tête de la "longue traîne" des sites internet visités par les jeunes. Elle pointe la responsabilité des parents, qui doivent apprendre à configurer les outils de contrôle parental mis à leur disposition notamment par les fournisseurs d'accès à Internet, mais demande que les ordinateurs vendus en Grande-Bretagne soient pré-équipés d'un tel outil, et que sa configuration soit expliquée pas à pas dès que l'on se connecte pour la première fois à Internet. Elle suggère par ailleurs que l'industrie se mette d'accord sur un "code de bonne conduite" pour réduire les délais entre le moment où un contenu illicite ou choquant est notifié à un éditeur de service web 2.0, et le moment où le contenu est retiré.

Autant de proposition qui convergent avec les intérêts de l'industrie du disque, qui souhaite étendre les systèmes de filtres parentaux à l'interdiction des réseaux peer-to-peer sur les ordinateurs familiaux, et mieux contrôler les sites web 2.0 comme Youtube. L'IFPI, qui représente les intérêts des majors de l'industrie du disque, s'est donc empressée d'accueillir avec ferveur la publication du rapport Byron, même si celui-ci ne parle absolument pas de piratage et de musique.

"Le rapport Byron reconnaît les dangers qui existent dans l'environnement numérique", s'est félicité vendredi le Président de l'IFPI John Kennedy dans un communiqué. "Nous encourageons le gouvernement britannique à faire davantage de travail d'éducation pour aider les enfants à rester en sécurité lorsqu'ils utilisent Internet", ajoute-t-il avant de préciser sa pensée : "une décision judiciaire récente aux Etats-Unis a mis en évidence le fait que les criminels se servent des réseaux de partage de fichiers pour commettre des vols d'identité, collecter des informations financières personnelles souvent envoyées involontairement sur Internet lorsque les enfants utilisent l'ordinateur familial pour partager de la musique qui viole les droits d'auteur".

L'IFPI devrait publier bientôt son propre guide à destination des parents et des enseignants, pour apprendre aux enfants à obtenir leur musique d'une manière "légale et sûre".

Un discours qu'elle tient depuis 10 ans sans le moindre résultat, et qui n'aura pas plus d'effet aujourd'hui qu'hier. Les jeunes générations visées par le rapport sont nées avec Napster, et elles ne dévieront vers les offres légales que si elles apportent une vraie valeur ajoutée, ou au moins les mêmes avantages : gratuité et absence totale de restriction sur l'utilisation des fichiers. Plutôt que sur un énième guide inutile, c'est sur ce problème essentiel que l'IFPI devrait se pencher et sur lequel elle devrait épuiser ses crédits en perte de vitesse. EMI n'a-t-elle pas demander à l'IFPI de faire des économies ?

Publié par Guillaume Champeau, le 31 Mars 2008 à 11h32
 
 
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Commentaires à propos de «L'IFPI applaudit un rapport sur les dangers des jeux vidéo et du net»
 
Il n'y a pas de musique dans les jeux video ?
rarement sous le giron des majors je pense, à part celles comme vivendi qui sont impliquées aussi dans le jeu.
car "les jeux vidéo peuvent modifier en profondeur le développement du système de valeurs des enfants et les désensibiliser à la violence"

tien c'est marrant , c'est surtout pas la faute du stress ambiant , de cette pseudo-sécurité qu'on tente de leur inculquer.

drôle de système des valeur cette société qui prône la loi du plus fort, du plus riche et du plus salopard pour réussir.

hep la psy , c'est sur c'est a cause des jeux vidéo
Ce qui me sidère, c'est qu'on dirait qu'ils viennent de faire une découverte majeure. Oui, il y a des trucs choquants sur Internet, oui il y a des trucs intéressants. C'est comme dans la vraie vie. Qui laisserait son enfant de 8 ans se balader dans une grande ville, seul?

Comme les jeux vidéos, quoi…Bah oui, il y a des jeux sanglants, bah oui, il faut faire attention à ce qu'ils ne tombent pas dans les mains de personnes qui n'ont pas le recul nécessaire.

En fait, ils font une bonne analyse de la situation (Qui est quand même évidente), mais ils proposent de mauvaises solutions. Comme d'hab, ça convient pas aux enfants, alors on veut supprimer. Si moi j'ai envie de massacrer des gens dans GTA IV, j'estime avoir le recul nécessaire pour le faire. Qu'ils informent les parents sur le danger et leurs proposent des solutions passe, mais qu'ils tentent de supprimer le contenu, "pour le bien de tous", je ne suis pas d'accord.
Un grand journal britannique lance un appel à témoin "Comment les jeux vidéo vous ont poussé au crime ?" avec gain d'argent à la clé, rien que çà.

Y a t-il un rapport ? :Hein:

A national newspaper wants your story and will pay hundreds of pounds to the right person.
Write a few lines about how computer games turned you to crime and if it's something we like, we'll call you straight back.

http://www.jeuxvideo...oins-genant.php
http://www.mcvuk.com...nti-games-story
C'est sûr que c'est une nouvelle "étude" ? c'est pas la même qu'ils ressortent chaque année?
Non parce qu'on nous ressort perpétuellement les mêmes poncifs, avec les mêmes "solutions".

Le jeu vidéo c'est violent? Bof, un tas de pixels/polygones qui se mettent dessus, je trouve ça plutôt drôle,
et ce depuis que j'ai 6-7ans.
Et à 24ans j'ai toujours commis aucun meurtre, sidérant hein :)

Une étude portant sur le jeu vidéo et l'internet, c'est .. stupide. Quel est le rapport entre les deux ? L'écran?
Dans ce cas pourquoi oublier la télévision et le cinéma ?

Sans compter que, dans le jeu vidéo, entre Adibou et Silent Hill, y a un monde. Et que les vendeurs JV sont quand même fichus de conseilleur leurs clients.
Et que certains refusent la vente aux mineurs pour les jeux déconseillés (vu de mes yeux, il a fallu qu'un parent vienne pour l'achat).

Beaucoup de bruits pour rien, encore.
"ouin ouin nos enfants" = interdisons tous ce que nous ne contrôlons pas

L'IFPI devrait publier bientôt son propre guide à destination des parents et des enseignants, pour apprendre aux enfants à obtenir leur musique d'une manière "légale et sûre".
Ils vont mettre l'adresse de Jamendo? Non? pourtant c'est légal et sûr :)
Étrangement, même l'industrie du jeux-vidéos, qui n'est pourtant pas pauvre, n'arrive pas à mettre fin à ce genre d'élucubrations :·D .
 
... vous voyez ma main gauche qui bouge, qui fait des signes désordonnées, qui gigote dans tous les sens sans significations... Oui, regardez la bien, elle vous attire l'attention. Comme ça, vous ne voyez pas ma main droite vous gratifier d'un joli geste obscène qui vous la fout bien profond.

Bien sur, dans certains titres musicaux, on ne parle pas de violences verbales, d'incitation à l'acte et tout la joyeuseté qui va bien. Oué, on va dire que les jeux vidéos sont plus dangereux. Hop! Je cours vite me planquer dans un coin, je balance un leurre qui fera du bruit dans un autre coin et tous les regards se dirigeront vers ce leurre. Ni vu, ni connu!
c est quoi un jeux violet ? Super mario galaxie interdit a moin de 18a car on detruit des araignées?
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