Nouvel épisode dans la série B où Nicolas Sarkozy s'essaie au rôle de pourfendeur de publicités chez France Télévision. Le gouvernement se rend compte que sa taxe de compensation ne sera pas suffisante pour combler le trou de 800 millions d'euros si elle n'est payée que par les chaînes privées, Internet, et la téléphonie mobile. Du coup, il envisage maintenant de l'étendre aussi aux téléviseurs, aux ordinateurs, et aux téléphones mobiles.

La semaine dernière Nicolas Sarkozy tenait un discours qui allait secouer le monde de l’audiovisuel. Sans crier gare, le président annonçait son intention de supprimer la publicité des chaînes publiques. L’idée était alors de compenser le trou budgétaire par une taxe renforcée sur les privées, et étendue à Internet et la téléphonie mobile.

Stupéfaction générale. « Je pense que pas grand monde était au courant » déclare le PDG de France Télécom. De son côté, la SACD reste « dubitative », doutant de la capacité de cette taxe à palier le manque à gagner. Signe du fiasco général, Christine Albanel, qui ne paraissait pas plus informée que les autres, essaie de retomber sur ses pattes en promettant « un vote avant l’été ». On a appris depuis que la radiophonie serait aussi concernée. Plus de publicités sur Radio France, et un renforcement des taxes sur les radios privées.

Quoiqu’il en soit, le cours de TF1 et M6 grimpe à la bourse. Et pour cause, le départ des annonceurs des chaînes publiques vers les privées pourrait, selon Aegis, leur « permettre d’absorber près de la moitié du chiffre d’affaires de France Télévision. » Les analystes de la société générale, eux, se montrent plus modestes. Ils estiment l’impact de cette migration à 25 % des recettes publicitaires de France Télévisions, soit 110 millions d’euros supplémentaires pour TF1. Un quart de son résultat financier.

La question qui reste sur toutes les lèvres, c’est de savoir comment une simple taxe arriverait à boucher un trou de 800 millions d’euros chez les chaînes publiques. Mais le président reste confiant. « Je le dis de la manière la plus claire, nous garantirons au service public les recettes dont le service public a besoin«  martelait-il lors d’un conseil de l’UMP. Et pour le garantir, on se rend compte que cette taxe n’a peut être pas les reins assez solide.

Du coup, on décide de laisser aux chaînes publiques le droit de parrainer des programmes – 80 millions d’euros sauvés de la noyade – et d’étendre plus largement la taxe. « Vous croyez que le Président de la République est prêt à mettre 800 millions de taxes sur le groupe Bouygues, propriétaire de TF1 ? » demandait Laurent Fabius lors d’un plateau TV, dénonçant à demi-mots le copinage entre Nicolas Sarkozy et Martin Bouygues. Bien sûr que non.

Alors plutôt de d’alourdir le tribu versé par les chaînes privées, on cherche où taper ailleurs. Internet, déjà fait. Téléphonie, déjà faite. Taxons le matériel électronique ! Ce sont donc les téléviseurs, les ordinateurs, et les téléphones mobiles que le gouvernement envisage maintenant d’imposer à ces fins.

Selon imedias, une taxe de 1 à 2 % sur ces secteurs pourrait rapporter 170 à 340 millions d’euros. Mais elle se répercuterait chez les consommateurs par un surcoût de 15 à 30 euros pour un téléviseur LCD standard. D’après le site, l’objectif du gouvernement serait de récolter un minimum de 1,2 milliards par an.

On ne peut s’empêcher de souligner le caractère aberrant de cette taxation à tout-va. Le gouvernement tire sur tout ce qui bouge, du moment que le dispositif visé peut afficher une image animée. Il semble d’autant plus nécessaire qu’il accompagne cette imposition de mesures visant à leur faire profiter un minimum des chaînes publiques. Quelle est la justification, sinon, d’une taxe sur des supports et des canaux au profit de chaînes dont la diffusion par leur biais reste complètement marginale ? Telles qu’elles sont présentées, ces taxes répondent plus une opportunité saisie, de faire payer des technologies dont le seul tord a été de se répandre au sein de tous les foyers.

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