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Trent Reznor déçu par les chiffres de Saul Williams
Cédric L. -
publié le Lundi 07 Janvier 2008 à 10h42 -
posté dans Musique Numérique
Au 2 janvier 2008, 154.449 internautes avaient téléchargé The Inevitable Rise and Liberation of NiggyTardust. 18,3 % (28.322) ont opté pour la formule payante. Parmi ceux qui ont payé, 70 % ont choisi le format MP3 à 320kbps, 19 % le FLAC, et 11 % le format MP3 à 192kbps (le même que pour la version gratuite). A titre de comparaison, l'album précédent de Saul Williams s'était vendu à 33,897 exemplaires. "Gardez à l'esprit qu'aucun centime n'a été dépensé pour marketer cet album" explique Reznor. "Le seul marketing a été, pour Saul et moi, de dire à autant de gens que possible de l'écouter. [...] Je dois admettre que les personnes au courant du projet doivent essentiellement venir des fans de Saul et de NIN, car il y a eu très peu de couverture médiatique en dehors de notre influence directe. Si cette hypothèse est correcte - que la plupart des gens ayant choisi de télécharger l'album de Saul proviennent de sa base de fans ou la mienne - le fait que moins d'une personne sur cinq ait jugé bon de donner 5 $ est-il une bonne nouvelle ?" Il est vrai que l'argent est ici perçu directement par les artistes et ne se voit pas amputé par un label, les frais de fabrication et son budget marketing. Mais d'un autre côté, explique Reznor, "nous avons trop dépensé (rectification, j'ai trop dépensé) pour faire cet album avec les meilleurs, pour le studio, pour les frais d'intervenants, le contrat d'édition, l'utilisation de samples, les coûts de bande passante, et personne ne s'est enrichi grâce à ce projet. Mais la musique de Saul est dans plus d'iPods que jamais auparavant et les gens s'intéressent à lui. Il tournera pendant l'année et nous continuerons de répandre l'info n'importe où nous allons. Donc si vous êtes un artiste cherchant à utiliser cette méthode de distribution, faites ce que vous voulez de ces chiffres, j'espère qu'ils vous aideront."
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Commentaires à propos de «Trent Reznor déçu par les chiffres de Saul Williams»
Bonjour Cédric.L,
Il a beaucoup de choses qui me gênent dans ces analyses. L'art des chiffres, ou les chiffres de l'art ? Nous ne sommes plus au siècle dernier ! Les comparaisons et les critiques culturels prennent une autre dimension. La longue traîne est aussi à prendre en considération. L'art pour se rassembler, l'art pour se ressembler, ou l'art autrement ? Sommes-nous encore dans une recherche de l'universel, dans un culte de la différence ? J'en doute. Le star-system n'est-il pas remplacé par les Starkosy, par ex ? Les années 90 ont permis la World-Musique. Aujourd'hui, très peu d'innovation, mais une transcription en possibilités technologique. Qui débouchera vraisemblablement sur une musique personnelle, intemporelle, individualisée suivant l'humeur et le goût de chacun . Mais aussi un échange en temps réel entre différents artistes et plus suivant affinités… Ce qui m'amuse le plus, c'est que toutes nos émotions reposent sur cet art mineur ! Nous sommes dans le culte de l'image qui n'a aucun sens sans le son ! Les artistes de demain seront certainement des pro de l'info, et ils seront capables de transformer votre PC en un univers psycho-multisensoriel-interactif pour un voyage cérébral d'une dimension encore inconnu. L'expérience de Radiohead et celle de Saul Williams, Barbara,…, sont bien une rupture et une recherche de nouvelles pratiques pour reprendre l'initiative et les devants. Cependant, plusieurs actions-réactions me paraissent plus que douteuses, voire orientées. N'en doutons pas les Majors et Consorts doivent suivre de très prés ces expérimentations, s'ils n'en sont pas les investigateurs ! Aujourd'hui, les taxes compensent (difficilement ?), mais les projets et objectifs de demain sont bien de s'approprier la diffusion par le réseau. Il s'agit donc aujourd'hui de colmater toutes les fuites possibles et d'analyser nos comportements afin d'inventer le système de demain. Nous sommes en 2008 dans une situation bâtarde où les Majors nous imposent l'achat locatif ! Cette situation ne peut plus perdurer, soit nous sommes locataires, soit propriétaires, mais certainement pas propriétaires locataires. Quand vous achetez un tableau, vous en êtes propriétaires. Un CD aussi! Libre à vous de le vendre au plus offrand! Et si vous en êtes que locataires, bien que vous l'achetez, vous n'avez pas le droit de l'offrir, le vendre où de l'échanger. La propriété de l'Art est donc un point central dans notre monde marchand qui soulève bon nombre de contradictions dans la perception et l'évolution du réseau. Ceci paraît évident, mais il me semble plus qu'urgent d'en prendre conscience vu le nombre de débats faussés que ce soit sur la LG, les artistes, L'art, le P2P… et surtout ce qui en découle, le droit d'auteur. Voila Cédric et vous tous, il est urgent de réaliser que nous ne sommes de moins en moins propriétaire et de plus en plus locataire de vos propres achats matériels et immatériels ! Rompre avec ces logiques d'esclavage moderne devient un enjeu de société mondialisée. Chacun y apportera sa réponse en fonction de ses sensibilités sociale, locale, politique, culturelles ! La Chine pour tout le monde? demandez à Hollywood ce qu'ils en pensent ! Biensure, le prétexte de la musique s'avère bien mineur pour des enjeux plus que majeurs !
tu sais dans cet univers, nous ne sommes que locataires pour tout... a la mort, il faut mm rendre les atomes qui nous composent a notre biosphère. la propriété est un esclavagisme de plus, une illusion de liberté. s'affranchir de toute possession matérielle est quand mm le but ultime de toutes les religions ( et de nombre de philosophies). et la plus grande des illusions fut de croire que l'on pouvait etre propriétaire d'un son, d'une parole, d'une conscience, d'une longueur d'onde ou d'une fréquence doublée d'un voltage. ![]() Salut Philgri,
Je n'ai pas trop compris si ce commentaire m'était adressée ou pas
À Cédric.L Adressé ? Oui et non, mais oui un peu dans le fond… Vos sources et infos sont plus que pertinentes dans ce flux débordant du réseau. Mais, et ce n'est qu'un avis, c'est à vous et nous internautes de faire la une et non plus simplement de la suivre ! Que le système récupère ce qu'il peut, c'est une chose, qu'il nous enferme dans sa logique, c'est une toute autre histoire. Si nous laissons faire, alors je ne donne pas cher du réseau dans moins de 5 ans. Le nombre de débats et analyses, peuvent dès aujourd'hui, avec volontés, sortir des solutions acceptables et respectueuses des antagonistes. Sinon nous nous enfermerons dans une critique stérile pendant que d'autres se permettront d'imposer leurs visions… Si la bande passante est privatisée, elle ne peut-être publique. Elle peut-être publique et privé si chacun reste à sa place. Ce n'est plus le cas, et une minorité d'internautes (- 2%) maîtrisent réellement les différents aspects du réseau et de l'informatique. Les enjeux sont considérables, et la liberté n'a pas de prix (trop cher), bien plus que l'immatériel (prix proche de 0). Derriére ces constats et chiffres de l'industrie musicale se cache donc la conception et le fonctionnement d'une société globalisé à la recherche d'un équilibre virtuel qui n'existe pas! Nous sommes par définition liés et interdépendants les uns des autres, chacun avec ses paramètres qui lui sont propres ! Et nous souhaitons tous, que cela se perpétue, sans conflits ! À pleideuss, "tu sais dans cet univers, nous ne sommes que locataires pour tout... a la mort, il faut mm rendre les atomes qui nous composent a notre biosphère. la propriété est un esclavagisme de plus, une illusion de liberté. s'affranchir de toute possession matérielle est quand mm le but ultime de toutes les religions ( et de nombre de philosophies). et la plus grande des illusions fut de croire que l'on pouvait etre propriétaire d'un son, d'une parole, d'une conscience, d'une longueur d'onde ou d'une fréquence doublée d'un voltage.” C'est une analyse que je comprends très bien! Quelques grands comme Picasso, Léo Ferré, ext…, en sont déjà arrivés à ces conclusions il y a déjà pratiquement 50 ans … Et si nous devons compter sur BHL ou Attali pour philosopher sur la question, nous n'en sommes pas au bout de nos peines… Mais va expliquer aujourd'hui à ton banquier où a ton assurance que tu n'as pas à payer des intérêts sur la dette que nous ont laissée les générations passées? Va expliquer que tu as besoin d'un crédit pour acheter quelques choses qui ne t'appartiendront pas. Va expliquer à ton patron que son usine t'appartient tout autant qu'à lui et que les bénéfices sont donc à mettre en commun… et que sont Van-Goht, dont il a déboursé plusieurs millions, appartient à la collectivité ! Alors oui, il nous faut revoir le fonctionnement de nos sociétés, et la mettre en adéquation avec nos pratiques et outils actuels. J'apprécie ta perception de ton premier post, mais le constat est tout autre : le capitalisme (propriété) a épousé le communisme (location) et nous nous retrouvons avec tous les inconvénients des deux systèmes sans jouir des avantages. Effectivement, l'anarchie au sens propre devient la seule règle, car les seuls choix de vie qui nous sont proposés sont soit la jungle, soit le zoo ! Et nous sommes nombreux à dire non ! Mais apporter, voir imposer des solutions c'est un autre jambon. Et l'UMPS, qui prend tout son non-sens aujourd'hui, ne répond plus du tout aux attentes des citoyens qui finissent par prendre le large ! Qu'ils fassent mumuse et le clash devient la seule issue, à retarder le plus longtemps possible ! Qui se joue de qui ? Personne, donc tout le monde ! Alors, allons-y… Nous sommes une addition, pas une soustraction ! Nous sommes une multiplication, pas une division ! Tout autre concept serait rétrograde. Ce genre de distribution fonctionne bien quand les frais de productions avoisinent les zéro dollars (par exemple le premier clampin venu qui chie un morceau en deux heures avec Fruity Loops sur le PC de papa), mais arrivé à un certain niveau de popularité les coûts s'envolent et on est bien content d'avoir un méchant major derrière soi pour avancer le blé des tournées, studios, musiciens, ingénieurs son, merchandising, promo, bande passante, etc. Bienvenue dans le monde réel...
![]() Pour faire court (...), je ne comprends pas pourquoi 11 % des payants ont choisi le format MP3 à 192kbps qui est identique au gratuit proposé.
![]()
même interrogation en ce qui me concerne. concernant le faible enthousiasme, je parierai sur la notoriété, ce qui pourrait paraitre évident à mes yeux. je dis car là où je suis, je suis prêt à parier une limousine anglaise, heu non allemande finalement, que pour me donner un seul titre de radiohead, ca va prendre du temps. saul williams après, .. .. ben j'adore trop l'air de la campagne aussi alors.. ..
La deception de Trent Reznor était prévisible. L'experience confirme un trait de la nature humaine: personne ne payera pour quoi que ce soit, s'il n'est pas obligé de le faire et qu'il n'en subit aucune conséquence négative. Je pense que ce Trent était trop naif et voulait croire jusqu'a la dernière minute en l'honneteté et la bonne volonté des humains... [message édité par AvidaDollars le 15/01/2008 à 18:18
]
![]() à‡a prend en compte le fait que sans doute pleins de gens ont téléchargé gratuitement d'abord pour découvrir avant de payer ? Tous les champs doivent être remplis. Tous les champs doivent être remplis. Tous les champs doivent être remplis. |
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il faut la voir sous le plan marketing (pub) ou sous forme de mécénat (production d'artiste).
sa vocation est d'être librement distribuée et gratuite. libre aux amateurs de donner un encouragement pécunier par la suite.
c'est une vraie révolution qui s'opère sous nos yeux et un changement de mentalité, une réapropriation de la culture par les citoyens d'internet. désormais, l'artiste devra faire du porte à porte numérique et prouver sa bonne volonté pour s'attirer un public.
la baisse de notoriété individuelle, obligatoire dans ce genre de système, va favoriser un foisonnement de nouveaux talents.
plus complexe mais moins compliqué a utiliser, ce système a le mérite de redonner une vraie liberté aux artistes et au public, car dans une propagation horizontale de l'information, la censure s'épuise vite.
la dématérialisation de l'information grace a l'internet aura été la première victoire de l'anarchisme sur nos société ordonnatrices. gageons que l'habitude de l'autonomie donnée par internet aux gens se prolonge dans leur vie matérielle.