Assumer un procès ou se plier à un arrangement que les conduiront à leur perte ? Voilà le dilemme auquel doivent faire face les sociétés technologiques qui se frottent au contenus des majors, selon Michael Robertson. Commentant le nouvel accord qu’a conclu Imeem, une plateforme communautaire, avec Universal, il lui promet une mort assurée. Seulement voilà, « plus tôt cette année, Warner Music Group avait poursuivi Imeem avançant le fait que leur business était illégal car la musique était diffusée sans licence » explique l’analyste. Imeem est un site qui a grandit rapidement et qui espère se faire racheter par un groupe à l’instar de MySpace. Mais « durant cette période, il est difficile, voire impossible, de lever plus de fonds car personne ne voudrait mettre de l’argent dans une société juste pour le voir dépensé pour des avocats. Plutôt que de se battre au tribunal, Imeem a décidé de s’arranger. »

La plateforme sociale concluait donc un accord avec Universal Music Group, un accord décrit comme le New York Times comme « la percée dont l’industrie du disque avait besoin. » Mais Michael Robertson y porte quant à lui un avis beaucoup plus pessimiste. « Plutôt qu’une percée, Imeem vient de signer son arrêt de mort. » Pourquoi ? Parce que présenté comme un accord de partage de revenus publicitaires, il va en réalité beaucoup plus loin que ça. « Dans un accord de partage de revenus publicitaires typique, les revenus publicitaires sont collectés puis divisé entre les partis. » Or, l’accord d’Imeem ne porte pas sur le partage de revenus, mais sur la lecture des morceaux, qu’il y ait un bénéfice publicitaire ou non qui en découle. De plus, si le total des revenus publicitaires du site dépassent un certain niveau, Imeem doit payer un plus gros pourcentage sur chaque morceau joué. « Si, techniquement parlant, il a une composante de partage de revenu publicitaire, ça n’est pas pour autant un accord de ce type où les deux parties partagent le risque » explique l’analyste. « Dans cette relation, UMG sera toujours gagnant. » A cela s’ajoute aussi un pré-paiement de 20 millions de dollars à Universal ainsi qu’un privilège accordé sur les actions qu’il détient dans le site.

Le pire, c’est qu’Imeem aurait conclu des accords du même type avec les trois autres majors, ce qui promet un avenir plus qu’un certain à la plateforme. Plutôt que de partager le risque avec les sociétés qui développent des services sur Internet, Universal et ses compères les poursuivant en justice, à l’instar de YouTube, ou leur imposent des accords intenables financièrement. Ce qu’elles n’ont pas l’air de se comprendre, c’est qu’en tuant ce marché dans l’oeuf, c’est leur propre viabilité qu’elles mettent en péril.

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