C’est vrai, le piratage met des gens au chômage. La preuve encore aujourd’hui avec le site de partage de vidéos en ligne Bolt, qui aurait dû être racheté 30 millions de dollars par GoFish, et qui devra probablement se trouver un nouvel acquéreur ou fermer ses portes. GoFish Corporation, spécialiste des services de vidéo sur Internet, a en effet annoncé qu’il mettait un terme à l’accord de rachat de Bolt intervenu en février 2007, et qu’aucune pénalité ne serait à verser. La raison officielle : trop de risques judiciaires liés aux violations de droits d’auteurs.

L’acquisition de Bolt Media par GoFish était en effet soumise à deux conditions, rappelle dans un communiqué la société. « L’une de ces conditions étaient que Bolt Media finalise un accord définitif de règlement amiable dans le procès en violation de droits d’auteurs intenté contre lui par [Universal Music Group], et qu’il règle des demandes potentiellement comparables de la part d’autres maisons de disques et éditeurs de musique », explique GoFish dans un communiqué.

On pensait l’affaire Universal réglée après la victoire du label et un accord financier, mais GoFish estime que Bolt Media n’a pas réussi à régler totalement ces problèmes. « Puisque les menaces lourdes de plaintes contre Bolt représentent trop de responsabilité juridique pour GoFish à ce stade de croissance de la société, le conseil de direction de GoFish et ses gestionnaires ont décidé de ne pas continuer la fusion », indique GoFish.

Tabreeb Verjee, le président de GoFish, rappelle tout de même que Bolt et GoFish avaient fait des « efforts communs pour parvenir à un accord économique viable avec l’industrie musicale », mais que « les responsabilités potentielles de Bolt seraient trop difficiles à absorber pour GoFish à ce stade ».

La société annonce qu’elle continue à chercher de nouvelles fusions et acquisitions pour se développer. Est-ce lâcher Bolt pour mieux capter une autre proie ? Il semble curieux que la situation juridique ait tant changé entre mars 2007, date de l’accord avec Universal (où selon la presse 50 % des 30 millions de dollars investis devaient aller à la maison de disques), et aujourd’hui. Bolt avait même été parmi les premiers à mettre en place la solution de filtrage Audible Magic préconisée par l’industrie.

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