L'agence américaine en charge des projets militaires avancés a demandé à IBM de mettre au point des puces électroniques pouvant s'autodétruire. Exactement comme dans Mission: Impossible.

IBM a beau avoir cédé ses activités dans l'informatique personnelle en 2005, le groupe américain a néanmoins conservé son savoir-faire dans la fabrication de semi-conducteurs. Or, c'est justement cette compétence qui intéresse aujourd'hui la DARPA, l'agence en charge de mener des projets de recherche avancée pour le compte de l'armée américaine.

Celle-ci souhaite en effet obtenir des puces électroniques capables de s'autodétruire. Selon la fiche publiée sur le site du département d'État américain pour l'approvisionnement en biens et services (Federal Business Opportunities), signalée par The Register, IBM a obtenu un contrat de 3,45 millions de dollars pour élaborer des composants pouvant se dégrader à distance, lorsqu'ils en reçoivent l'ordre.

Ce n'est pas la première fois que de matériel est mis au point avec la capacité de se détériorer. En 2005, la maison de disques EMI a testé des DVD dont la lecture n'était plus possible au-delà de huit heures, suite à la propagation d'une substance altérant la couche d'aluminium. Plus récemment, le fabricant chinois Runcore a inventé un disque SSD pouvant s'abîmer afin de le rendre inutilisable.

Dans le cas du contrat d'IBM, baptisé "Vanishing Programmable Resources", il faudra que la société élabore une puce électronique pouvant être réduite en poudre de silicium (Si) et de silice (SiO2), après déclenchement d'une réaction par un fusible ou une couche de métal réactive, au niveau du substrat de verre. Ce déclenchement pourra se faire à distance, via un signal radio (RF).

Les applications militaires d'un tel projet sont évidentes. Bien sûr, il existe déjà dans l'armée des dispositifs permettant de détruire à distance du matériel quelconque, en particulier lorsque des militaires sont contraints d'abandonner de l'équipement informatique derrière eux. Mais jusqu'à présent, cela se faisait plutôt via un système explosif classique plutôt qu'en ciblant un élément spécifique.

De plus, au lieu d'équiper du matériel informatique avec des explosifs classiques, qui pourraient être détectés par des chiens renifleurs, l'usage de composants auto-destructibles se présente comme une alternative intéressante. En tout cas, nul doute que la DARPA a déjà en tête une pléthore d'idées pour utiliser ces puces électroniques, lorsqu'elles seront prêtes à l'emploi.

( photo : CC BY-SA Baz1521 )

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