Fragilisée, la présidente de la Hadopi a dû utiliser sa voix prépondérante pour faire adopter par le Collège sa dernière résolution.

A la fin du mois de mai, la lettre professionnelle Edition Multimédia avait fait part de vives tensions à la tête de la Hadopi, en expliquant que la première réunion du collège de la Haute Autorité depuis l'élection de François Hollande avait donné lieu à quelques règlements de comptes. L'ancien conseiller numérique de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy, Eric Walter, devenu secrétaire général de l'Hadopi, et la présidente de l'autorité administrative Marie-Françoise Marais, se seraient vus reprocher trop d'égards à l'endroit de l'ancien président de la République.

De son côté, PC Inpact avait expliqué que la présidente Marais était contestée depuis qu'elle n'a pas remis au vote son mandat lors du renouvellement du premier tiers des membres de l'Hadopi, en début d'année. Il aurait en effet été conforme à la tradition administrative que la présidence soit remise aux voix dès lors qu'une partie importante des membres qui l'ont élue ont été remplacés.

Or ces tensions sont confirmées ce week-end par Le Monde, qui rappelle le climat de préparation à l'enterrement qui règne au sein de l'Hadopi après les déclarations de la ministre Aurélie Filippetti sur le budget onéreux de la Haute Autorité (12 millions d'euros annuels) :

Depuis début juillet, la Haute autorité est en proie à de très fortes tensions internes. Les débats se sont tendus au sein du collège de la Hadopi, composé de neuf membres, dont plusieurs contestent ouvertement le principe, les méthodes et l'activité de l'instance de régulation. " Nous sommes dans une situation de crise claire et nette", estime un des membres du collège.

Si, jeudi 12 juillet, la réunion du collège de la Hadopi s'est tenue dans un climat normal, les deux précédentes séances ont donné lieu à de vifs échanges. Afin de coller aux travaux de la mission Lescure, la présidente de la Hadopi a décidé de pousser les feux sur la remise du rapport d'activité, prévue en septembre. Ce choix, comme celui de demander une reconduction des moyens financiers de l'Hadopi (12 millions d'euros) a provoqué un refus de quatre des neuf membres du collège, plus une abstention. Seule la voix prépondérante de la présidente a permis de dépasser la situation de blocage.

(…)

Une ambiance de petits "meurtres entre amis" règne dans le collège. Parmi les actuels membres, l'un veut l'arrêt de l'institution, un autre veut la place de la présidente et un troisième se tient en embuscade. Dans ce climat délétère, pas sûr que la Haute autorité arrive à tenir jusqu'en juin 2013 sans casse.

Feuilleton à suivre.

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