Depuis plusieurs jours, les téléchargements sur RapidShare sont beaucoup plus lents pour les utilisateurs qui ne sont pas inscrits à une formule payante. Une décision que le site justifie par la lutte contre le piratage, même si elle semble au contraire inciter les pirates à acheter les abonnements qui leur permettent de télécharger sans limite de vitesse.

RapidShare est-il foncièrement honnête ou tient-il un double discours ? Depuis la mort de MegaUpload, le site basé en Suisse a connu une augmentation sensible de son trafic, que d’aucuns attribuent à la migration des sites de liens vers ses services d’hébergement. Cependant, tandis que certaines plateformes comme VideoBB ou FileService ont cédé à la panique et supprimé tous les fichiers qu’ils hébergeaient, RapidShare a tenu à montrer patte blanche avec une politique très aggressive à l’encontre des pirates. Le site a été jusqu’à mettre au point son propre outil de surveillance des sites, blogs et forums pour détecter les liens pirates et supprimer les contenus sans même attendre que les ayants droit le demandent.

Est-ce pour autant qu’il rejette le chiffre d’affaires conséquent généré par le piratage ? Depuis plusieurs jours, des internautes qui ne possèdent pas de compte Premium se plaignent d’avoir vu la vitesse de leurs téléchargements RapidShare chuter, à un niveau très faible de 30 ko/s seulement. Interrogé par TorrentFreak, le site assure qu’il s’agit d’une stratégie de lutte contre le piratage.

Depuis la fermeture de MegaUpload, « RapidShare a été confronté à une montée importante du trafic des utilisateurs gratuits et malheureusement également du volume d’abus de nos services, ce qui suggère qu’un assez grand nombre de contrefacteurs ont choisi RapidShare comme leur nouvel hébergeur de choix pour leurs activités illégales« , explique la société. « Nous avons donc décidé de prendre une mesure difficile mais cependant efficace : réduire la vitesse de téléchargement des utilisateurs gratuits« .

Officiellement, RapidShare assure qu’une telle mesure rend ses services impopulaires auprès des pirates, qui n’aiment pas donner leurs numéros de carte bancaire pour pirater. Officieusement, on se doute cependant que beaucoup des utilisateurs gratuits de RapidShare qui ne trouvent pas leur contenu ailleurs iront payer un abonnement Premium à RapidShare pour télécharger rapidement. Les abonnements qui permettent de débrider la vitesse de téléchargement vont de 9,90 euros pour 30 jours à 99,90 euros pour deux ans.

Là où les choses deviennent véritablement gênantes, c’est que le service suisse semble désormais considérer que tous ses clients et utilisateurs sont présumés pirates jusqu’à preuve du contraire. Si un internaute veut diffuser des fichiers parfaitement légaux avec son compte RapidPro, mais ne veut pas faire subir des temps de téléchargement très lents à ceux qui ne payent pas, il doit donner à RapidShare l’autorisation de vérifier tous les fichiers et sites web de l’internaute pour constater la légalité du contenu. Il doit décrire le contenu de tout ce qu’il fait héberger par le service, et communiquer les URL de tous les sites sur lesquels seront diffusés un lien de téléchargement.

De quoi faire fuir les utilisateurs légitimes davantage que les pirates.

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