Le dispositif de la Carte Musique Jeune évolue. Le ministère de la culture a annoncé mercredi avoir révisé l'ergonomie du site web, afin de permettre aux internautes d'acquérir de la musique légalement "en trois clics". Le gouvernement s'attarde ainsi uniquement sur la forme du dispositif, ignorant complètement le fond. Or, il existe plusieurs obstacles évidents.

La mesure apparaît complètement dérisoire devant le flop de la Carte Musique Jeune. Près de sept mois après le démarrage du dispositif, le gouvernement n’a pas réussi à séduire durablement les internautes âgés de 12 à 25 ans de la nécessité de débourser une certaine somme pour acquérir légalement de la musique en ligne. Devant ce qui s’avère être un échec, le ministère de la culture annonce l’évolution du site dédié.

Dans son communiqué, le ministère de la culture explique que la nouvelle ergonomie du site de la Carte Musique Jeune « permet une navigation plus efficace et pratique. L’utilisateur obtient maintenant sa carte musique en trois clics : il se connecte sur le site et choisit son offre ; il remplit le formulaire d’inscription et le valide ; le ou les codes correspondant à ses offres s’affichent« .

« L’utilisateur peut alors se rendre sur les plates-formes choisies pour activer ses codes et effectuer son paiement » poursuit le communiqué. « Une version mobile du site sera mise en place dans les prochaines semaines » est-il encore indiqué. Ces différentes mesures, qui se concentrent uniquement sur le contenant et non sur le contenu, doivent relancer un programme moribond.

Cette révision est prévue depuis longtemps. En janvier dernier, Frédéric Mitterrand avait attribué l’échec du programme à la mauvaise ergonomie du site, estimant que l’achat d’une carte musique jeune est « trop compliqué« . Il avait ensuite renouvelé ses critiques lors d’un discours prononcé au Midem, annonçant la future refonte du site web pour le rendre « plus simple et plus ergonomique« .

Les efforts du ministère de la culture pour améliorer le site web laissent à penser que le problème de la Carte Musique jeune se situe au niveau de la forme, et non pas du fond. Ce qui est loin d’être sûr. Dans la toute première étude (.pdf) menée par la Haute Autorité en janvier dernier, il avait été démontré que le prix était un frein à la consommation pour la moitié des pirates.

Dans le détail, nous pouvions voir que chez les 15 – 24 ans (le coeur de cible du programme de la Carte Musique Jeune), 61 % des sondés ont estimé que la question du prix était un obstacle, tandis que 33 % ont expliqué ont fait part de leur inquiétude de communiquer leurs coordonnées bancaires. Enfin, 21 % ont mis en avant la difficulté de retrouver une œuvre spécifique, tandis que 12 % trouvent que les sites légaux ne sont pas simples à utiliser.

Quelques autres pistes sont actuellement en cours d’étude pour répondre aux difficultés ou aux craintes rencontrées par les internautes. Il y a notamment le projet de vendre en magasin des cartes d’une valeur de 10 ou 25 euros, proposées à moitié prix, afin de permettre à ceux qui le désirent de ne pas communiquer leurs informations bancaires sur Internet.

Au lieu de s’attacher à la forme, le gouvernement devrait plutôt travailler sur le fond. Car c’est bien la question du prix qui constitue le premier obstacle de la Carte Musique Jeune. Ce qui est assez normal, quel que soit le produit testé. Toute la question est de savoir si les internautes accueilleront plus favorablement ce dispositif si les prix sont revus à la baisse, dans la mesure où il y a d’autres priorités d’achats.

Ce qui est loin d’être sûr.

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