Lors du Festival de Cannes, Frédéric Mitterrand a signé un accord cadre sur la numérisation du patrimoine cinématographique français. Un budget de 100 millions d'euros est mobilisé pour numériser à terme 10 000 films. Cet accord fait suite à un discours tenu en 2009 par Nicolas Sarkozy, dans lequel il avait fait de la numérisation un "problème d'identité nationale".

La numérisation du patrimoine cinématographique va pouvoir débuter. Alors que la 64ème édition du Festival de Cannes bat son plein, le ministre de la culture a apposé dimanche sa signature sur un accord cadre avec les principales sociétés propriétaires de catalogues. Considérée comme un investissement d’avenir, la numérisation des œuvres va porter sur 10 000 films.

Le financement de ce programme sera assuré par une enveloppe de 100 millions d’euros, tirée des 750 millions mobilisés par le gouvernement pour la numérisation du patrimoine, dans le cadre du grand emprunt. C’est le Centre national du cinéma (CNC) qui pilotera le projet, tandis qu’EuropaCorp, Gaumont, Pathé SNC, Studio 37, Studio Canal et TF1 Droits Audiovisuels sont les premières sociétés à s’être engagées dans ce processus.

« La numérisation des contenus culturels est une chance exceptionnelle pour notre patrimoine et nos créateurs. Dans la mondialisation, la culture française, dans toute sa richesse et sa diversité, sera numérique ou ne sera pas. Défendre et préserver le patrimoine cinématographique aujourd’hui, c’est aussi inventer ce qu’il sera demain » a commenté Frédéric Mitterrand.

Le Centre national du cinéma a également annoncé le « lancement d’un dispositif complémentaire de soutien à la numérisation des œuvres cinématographiques, en faveur de la partie la plus patrimoniale du secteur, celle qui porte une ambition artistique et culturelle forte sans toutefois garantir une rentabilité suffisante« . Cela portera sur des films muets et des courts métrages qui, grâce à la numérisation, pourront rencontrer de nouveaux publics.

Rappelons que les efforts en matière de numérisation ne visent pas uniquement à valoriser le plus grand nombre d’œuvres, mais cherchent aussi à contrecarrer autant que possible les ambitions européennes de Google dans ce domaine. En 2009, Nicolas Sarkozy avait prévenu qu’il n’était « pas question de laisser notre patrimoine » dans les mains d’une société étrangère, faisant de ce sujet « un problème d’identité nationale« .

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