Selon le SNEP, le P2P restera le roi du piratage et le streaming sera bloqué
Guillaume Champeau -
publié le Mercredi 10 Mars 2010 à 10h53 -
posté dans Peer-to-Peer
![]() Le secrétaire général du SNEP David El Sayegh, qui représente en France les plus grandes maisons de disques, veut se persuader que l'Hadopi sera efficace à l'encontre du piratage, et que les internautes ne pourront pas se tourner vers d'autres pratiques illégales que le P2P.
C'est très vrai. Nous avions d'ailleurs accordé très peu de crédibilité à l'étude de la SCPP, la société soeur du SNEP, qui affirmait sur la base d'un relevé d'opinions que 88 % des P2Pistes français étaient sensibles à la riposte graduée. Et nous avions accordé encore moins de crédibilité au relevé d'intentions pourtant largement repris dans leur lobbying par l'industrie du disque et par le gouvernement, qui concluait qu'en Grande-Bretagne 70 % des internautes arrêteraient de télécharger après réception d'un premier avertissement. On n'avait d'ailleurs pas entendu les lobbyistes reprendre la même étude mise à jour moins d'un an plus tard, qui faisait tomber le même chiffre à 33 %. Sans doute avaient-ils réalisé entre temps que les sondages ne veulent rien dire, et que seule l'analyse des flux permettra de jauger l'efficacité de la riposte graduée. Prenons rendez-vous. "Un premier bilan pourra être effectué 1 an après sa mise en oeuvre effective", dit d'ailleurs David El Sayegh. Et ça tombe bien, c'est le même délai qui était accordé par les accords Olivennes au développement de l'offre légale : un an après la mise en oeuvre effective de la riposte graduée. On peut toujours attendre... "Le P2P ne sera jamais supplanté par le direct download" Par ailleurs, David El Sayegh fait dans la méthode Coué à propos du fait que l'Hadopi ne s'attaquera qu'aux seuls réseaux P2P, comme l'a confirmé le dernier décret publié. "S'il existe d'autres manières de pirater que le P2P, cette technologie - déjà ancienne - reste la plus efficace pour les échanges de fichiers audio. Elle est peu couteuse et permet un accès à un nombre significatif de fichiers. Elle ne sera jamais supplantée par le direct download", prophétise ainsi le secrétaire général du SNEP. En matière de technologie, il est toujours risqué de tenter des paris sur l'avenir. Mais en l'espèce, le pari du SNEP ressemble davantage à un voeu qu'à un pari. Le SNEP sait très bien que le "direct download" est extrêmement difficile à arrêter, et surtout qu'il ne peut pas donner lieu à une riposte graduée. On peut éventuellement savoir quels serveurs mettent à disposition quels fichiers, et tenter de les bloquer, mais pas savoir qui télécharge quoi. Donc il n'y a plus d'abonné à qui envoyer des avertissements, ou à qui suspendre l'accès à Internet. On revient donc au régime traditionnel de la loi pour la confiance dans l'économie numérique, qui permettait déjà de demander la fermeture de services illicites. Mais encore faut-il pouvoir appliquer la loi. Il est donc là aussi très optimiste de prétendre, comme David El Sayegh, qu'il sera possible de "lutter contre les sites de streaming illégaux" grâce à "l'article L.336-2 du Code de la propriété intellectuelle qui permet de bloquer tout contenu illicite communiqué par un service en ligne". S'il est vrai que l'article cité permet de demander au tribunal d'ordonner "toutes mesures propres à prévenir ou à faire cesser une telle atteinte à un droit d'auteur ou un droit voisin, à l'encontre de toute personne susceptible de contribuer à y remédier", le Conseil constitutionnel a toutefois largement limité sa possible mise en oeuvre. Les sages ont en effet prévenu qu'il ne faudra prendre que des mesures "strictement nécessaires à la préservation des droits en cause". Les ordonnances de blocage ou de filtrage doivent ainsi être "nécessaires, adaptées et proportionnées à l'objectif poursuivi", ce qui doit interdire au juge toute mesure susceptible de provoquer un sur-blocage ou qui serait excessivement coûteuse pour le FAI ou l'hébergeur. Et quand bien même un tel blocage serait possible, l'obligation de passer devant un juge au coup par coup limite considérablement son efficacité, et multiplie ses coûts. Enfin, l'alternative ne se fait pas qu'entre le P2P traditionnel, le téléchargement direct et le streaming. Or David El Sayegh semble complètement ignorer le développement des réseaux P2P sécurisés et des solutions de VPN à tarif modeste qui permettent de télécharger en toute sécurité... à lire aussi
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Commentaires à propos de «Selon le SNEP, le P2P restera le roi du piratage et le streaming sera bloqué»
zito, le 10/03/2010 - 15:52
Un décret obliger au sur-blocage ??? Un FAI qui serait contraint de bloquer un site x ou une page y, sera toujours responsable des moyens qu'il utilise et des conséquences du blocage de quelque chose d'autre... la page y je veux bien, mais si on bloque les sites x, c'est M. Michu qui va râler Lui, c'est le "streaming synaptique" qui semble bloqué ... Pauvre garçon, il ferait presque pitié ... enfin Non, je deconne
Faut pas s'inquiéter inutilement, les moines copistes n'ont pas gagné contre l'imprimerie. Internet c'est pareil. Question de temps, on perds aujourd'hui, on est assuré de la victoire finale par contre
Natasha, le 10/03/2010 - 14:26
spiritstm, le 10/03/2010 - 14:13
@obdc Je plussoie à mort. A la limite ils pourront même faire des rapidshare honeypots histoire d'ajouter un ti peu de beurre aux épinards. A la limite c'est pas tellement les majors de la musique qui vont faire tomber MU et consort mais plutôt les studios de cinéma. Un film est quand même plus internationale que cindy sanders. Ben voyons, l'essentiel étant d'y croire ... A une époque, pas si ancienne que cela, sauf qu'il n'y avait pas d'internet ni de transistors, il était interdit d'écouter en France Radio Londres, qui de plus était brouillée... On connait tous la suite, et tous les messages personnels à la résistance, qui ont été passés par ce moyen, et qui ont permis au final le débarquement. Comment écouter Radio Londres si les transistors n'existaient pas encore ? L'écoute de Radio Londres était interdite et les radios étaient confisquées, mais il n'y a jamais eu de brouillage. Et puis je te signale que De Gaulle n'était même pas au courant de la préparation du débarquement en Normandie. Il faut un minimum de précision historique avant de faire des parallèles. sham_o, le 10/03/2010 - 21:52
Comment écouter Radio Londres si les transistors n'existaient pas encore ? L'écoute de Radio Londres était interdite et les radios étaient confisquées, mais il n'y a jamais eu de brouillage. Et puis je te signale que De Gaulle n'était même pas au courant de la préparation du débarquement en Normandie. Il faut un minimum de précision historique avant de faire des parallèles. Sans aucun doute, tu oses tout toi ! Avant les transistors existaient les postes de radio à lampes les Français en possédaient un chez eux qui était tout simplement caché ! Et en ce qui concerne Radio Londres et les messages personnels, jamais les Allemands n'ont réussi à empêcher les Français de les écouter. Cultive toi, avant de parler de ce que tu ne connais pas ! Petit aparté avec l'article de readwriteweb.
....... En un an, le système du direct download, en créant les conditions favorables à la naissance d’un écosystème autour de la distribution des contenus, a réussi a proposer une alternative au P2P qui offre aux utilisateurs finaux un choix plus clair, et une qualité inégalable, dans la sélection et la mise à disposition de contenus culturels. Une véritable leçon pour l’industrie des contenus qui en est restée à l’ère de l’eCommerce. Il serait tentant pour cette dernière de tenter d’écraser cet écosystème, mais le risque est énorme. Non seulement le contenu de ces blogs et forums peut déménager en quelques minutes pour se retrouver, intact, sur un autre site, rendant le filtrage inutile, mais l’assaut sur le P2P montre désormais que les répliques sont non seulement rapides, mais augmentent la valeur apportée à l’utilisateur final. Aucun distributeur légal ne peut aujourd’hui rivaliser avec une telle offre, et ce n’est pas, loin s’en faut, un problème limité à la seule problématique du catalogue et des accords de distribution, mais bel et bien à la capacité à faire naitre un écosystème autour de la distribution des contenus numériques. Si celui-ci était attaqué à coup de filtrage, telle l’hydre d’Hercule, Dieu sait quelle pourrait être la prochaine étape du coté des pirates. Nul doute qu’elle creuserait encore plus la distance avec l’offre légale. Natasha, le 10/03/2010 - 22:11
sham_o, le 10/03/2010 - 21:52
Comment écouter Radio Londres si les transistors n'existaient pas encore ? L'écoute de Radio Londres était interdite et les radios étaient confisquées, mais il n'y a jamais eu de brouillage. Et puis je te signale que De Gaulle n'était même pas au courant de la préparation du débarquement en Normandie. Il faut un minimum de précision historique avant de faire des parallèles. Sans aucun doute, tu oses tout toi ! Avant les transistors existaient les postes de radio à lampes les Français en possédaient un chez eux qui était tout simplement caché ! Et en ce qui concerne Radio Londres et les messages personnels, jamais les Allemands n'ont réussi à empêcher les Français de les écouter. Cultive toi, avant de parler de ce que tu ne connais pas ! Tu peux jouer sur les mots si tu veux. Combien de Français possédaient un poste clandestin d'après toi ? Mais surtout, faire référence à la Résistance frise gentiment le point Godwin. Excellent article publié sur Electon Libre et déjà cité dans ce topic : http://www.numerama....ost__p__1192055 emule était le meilleur système pour télécharger des fichiers, pourtant les gens l'ont délaissé quand celui ci est devenu peu fiable. Preuve que les gens peuvent changer rapidement et massivement de manière de télécharger.
@ Amaury
Oui, c'est l'évolution. Le gens cherchent la meilleure qualité au meilleur prix. Et si les majors espèrent drainer tout ce beau monde sans offrir l'un ET l'autre... - Tout a déjà été dit, auparavant ! Ce qui me rassure aussi sur la Snep ; c'est leur ignorance de la réalité, leur incompétence et leur passéisme en informatique, et leur Don Quichottisme grotesque...
Pourvu que çà dure ; c'est rassurant & gagnant-gagnant pour nous ! Le DDL n'est pas infaillible, et sera peut-être lui aussi forcé d'évoluer. Par exemple leur frein pour le moment c'est pas tant leur bêtise, mais leur impossibilité d'ordonner rapidement à tous les FAI de bloquer un site ou aux hébergeurs de retirer leurs contenus.
Si ils avaient cette possibilité dans une semaine toutes les boards et blogs warez DDL ou streaming connus seraient inaccessibles sauf à utiliser un proxy, ce qui ne sera pas le cas de la majorité des gens. Or le DDL repose beaucoup plus qu'eMule par exemple sur le travail d'indexation des contenus. Quelqu'un a beau uploader un film sur MU, si ce lien n'est pas référencé sur un site ou via Google, peu de gens en auront accès. Donc le DDL sera peut-être amené à changer la manière dont l'indexation des contenus se fera, par exemple en utilisant un site extérieur uniquement pour les liens et qui ne pourra pas être bloqué à moins de trop bloquer. Lian, le 11/03/2010 - 18:38
Le DDL n'est pas infaillible, et sera peut-être lui aussi forcé d'évoluer. Par exemple leur frein pour le moment c'est pas tant leur bêtise, mais leur impossibilité d'ordonner rapidement à tous les FAI de bloquer un site ou aux hébergeurs de retirer leurs contenus. Si ils avaient cette possibilité dans une semaine toutes les boards et blogs warez DDL ou streaming connus seraient inaccessibles sauf à utiliser un proxy, ce qui ne sera pas le cas de la majorité des gens. Or le DDL repose beaucoup plus qu'eMule par exemple sur le travail d'indexation des contenus. Quelqu'un a beau uploader un film sur MU, si ce lien n'est pas référencé sur un site ou via Google, peu de gens en auront accès. Donc le DDL sera peut-être amené à changer la manière dont l'indexation des contenus se fera, par exemple en utilisant un site extérieur uniquement pour les liens et qui ne pourra pas être bloqué à moins de trop bloquer. Je ne pense pas que les abonnés "Premium" soient trop concernés par les limites que tu avances ... Une précision MU qui a son siège à Hong Kong, ne peut pas être comparé à RS qui après avoir eu son siège en Allemagne l'a transféré aujourd'hui en Suisse. Peut-être que leurs utilisateurs sont dorénavant à l'abri de ce genre de mésaventure : RapidShare communique l'adresse IP d'un uploader à Universal Mais, en ce qui me concerne, je préfèrerais tout de même utiliser les services d'un serveur de DDL plus loin de la France et de son l'Hadopi... Je ne pense pas que les abonnés "Premium" soient trop concernés par les limites que tu avances ...
Comment ça ?Lian, le 11/03/2010 - 18:38
Le DDL n'est pas infaillible, et sera peut-être lui aussi forcé d'évoluer. Par exemple leur frein pour le moment c'est pas tant leur bêtise, mais leur impossibilité d'ordonner rapidement à tous les FAI de bloquer un site ou aux hébergeurs de retirer leurs contenus. Si ils avaient cette possibilité dans une semaine toutes les boards et blogs warez DDL ou streaming connus seraient inaccessibles sauf à utiliser un proxy, ce qui ne sera pas le cas de la majorité des gens. Or le DDL repose beaucoup plus qu'eMule par exemple sur le travail d'indexation des contenus. Quelqu'un a beau uploader un film sur MU, si ce lien n'est pas référencé sur un site ou via Google, peu de gens en auront accès. Donc le DDL sera peut-être amené à changer la manière dont l'indexation des contenus se fera, par exemple en utilisant un site extérieur uniquement pour les liens et qui ne pourra pas être bloqué à moins de trop bloquer. Emule est un superbe logiciel dans le cadre de licences libres ou d'une licence globale avec des ayant droit qui pensent à quelque chose de plus constructif que de foutre un procès à leur clients. Son coté totalement décentralisée aujourd'hui, est ce qui fait sa force et aussi sa faiblesse par la facilité à rechercher d'un ensemble de personnes qui téléchargent un contenus et de remonter à ce qu'ils mettent en partage. Bitorrent permet de remonter aussi les Ip, mais tu as un cloisonnement en fonction des trakers et des différents torrents sur un même produits qui peuvent rendre la recherche de l'ensemble de ip plus compliqué. Ce qui était bien par rapport à emule, c'est que nombre de sites communiquent sur les fichiers quand on est pas dans les grands sites indexations. En DDL, tu as quand même une communication autour du fichier qui est quand même relativement correcte. Maintenant il est sûr d'une chose, tous ces systèmes cohabiteront et en fonction des la pression évolueront. Reste à voir aussi comment évolueront en parallèle des projets comme omemo sur un stockage décentralisé avec des redondances sur de multiples ordinateurs du réseau. Ce qu'on a gagné en contenu et en vitesse, on l'a perdu en facilité d'accès. Entre une recherche eMule et DDL, il y a quand même pas photo. De plus le DDL semble incapable d'utiliser autre chose qu'un forum absolument pas prévu pour ça à la base, c'est un peu n'importe quoi. Il y a des tentatives d'utiliser des scripts de trackers, mais c'est très rare.
On se retrouve par exemple avec des boards, déjà nécessitant des inscriptions parfois, et avec des posts absolument pas classés chronologiquement, sans parler des liens morts et de l'inconvénient du DDL par rapport aux comptes premium.
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ha bon ? pourtant la plupart de mes connaissances non informaticiennes, non innitiées, des Mme michu en puissance quoi, sont passé sur du DDL car "c est plus rapide que le .torrent"