Joann Sfar (Gainsbourg, le film) : "la culture est une marchandise comme les autres"
Guillaume Champeau -
publié le Mercredi 20 Janvier 2010 à 18h47 -
posté dans Société 2.0
L'auteur de nombreux tomes de Donjon et de la série Le Chat du rabbin s'est aussi dit "pour que l'on donne du blé aux créateurs". Et ça tombe bien, c'est le cas. Son film est coproduit par Studio 37, la filiale de production cinématographique de l'opérateur de télécommunications Orange. Le même qui déconnectera ses abonnés s'ils téléchargent le film illégalement, mais qui n'aurait pas pu produire le film sans les milliards d'euros générés chaque année par les abonnements à Internet. Son film est aussi coproduit par France 2, qui n'aurait pas pu produire le film sans la redevance audiovisuelle payée probablement par les mêmes abonnés à Internet que ceux que le réalisateur veut passer sous la guillotine numérique. Au moins ces deux sources de financement devraient inviter à moins de manichéisme, sans parler des aides attribuées par le CNC et autres crédits d'impôts accordés aux industries cinématographiques grâce aux contribuables. C'est bien cela entre autres qui fait que non, la culture n'est pas une marchandise commes les autres. "Plutôt Jack Lang ou Frédéric Mitterrand ?", lui demandaient enfin les journalistes. "J'aime beaucoup les deux", a-t-il répondu avec plein de sincérité dans la voix. Preuve supplémentaire que l'on n'a pas, mais vraiment pas, les mêmes valeurs. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Joann Sfar (Gainsbourg, le film) : "la culture est une marchandise comme les autres"»
jpb, le 21/01/2010 - 14:47
la culture n'est pas une marchandise comme une autre car contrairement à un produit physique ou un service que tu ACHETES pour t'en servir, la culture (music, films..)numérique est essentiellement jpb, le 21/01/2010 - 14:47
VOLEE par le téléchargement illégal. Maintenant, analysons ta phrase dans son ensemble : jpb, le 21/01/2010 - 14:47
la culture n'est pas une marchandise comme une autre car contrairement à un produit physique ou un service que tu ACHETES pour t'en servir, la culture (music, films..)numérique est essentiellement VOLEE par le téléchargement illégal. jpb, le 21/01/2010 - 14:47
De plus les oeuvre culturelles ne sont pas un produit de première nécessité (pyramide de Maslow) pour la majorité et donc c'est un produit encore plus difficile à fabriquer et à vendre en masse que l'alimentaire, l'immobilier... jpb, le 21/01/2010 - 14:47
L'accès Internet que l'on paye est un moyen de communication et pas [complétez cette phrase par ce qui vous passe par la tête.] jpb, le 21/01/2010 - 14:47
On paye d'abord Internet car c'est un super outil de communication et d'information, la redevance finance l'opérateur et son réseau, en aucun cas la production culturelle. C'est le cas depuis les années 90. enter, le 21/01/2010 - 11:46
Il y a des pans entiers de la culture qui fonctionnent comme ça pourtant... Par exemple, le théâtre de rue est toujours gratuit. Même le théâtre en salle, quand il est public, est plus financé par les subventions : c'est pas ta place à 15€ qui va payer la salle, les techniciens et les comédiens... Dans certains pays, les musées sont *systématiquement* gratuits pour les citoyens. C'est d'ailleurs à l'étude en France pour au moins une partie de la population. Tu veux quoi ? Tous les cinémas gratuits pour tout le monde ? OK : eh bien, attends-toi à une sacrée hausse des impôts.
Pas grave. On nous baisse les impôts depuis des années, alors que je n'avais rien demandé. Personnellement, passer de 1100€ par mois à 1200€, ça va pas changer fondamentalement ma vie... Par contre, ça va changer le rapport à la culture dans ce pays... Pour rappel, la France ne consacre même plus les 1% de Lang à la création culturelle, le budget de la culture a été détruit. Toi, tu n'as jamais entendu parler du commerce équitable.
Moi si. Actuellement, le commerce de la culture est tout sauf équitable. Le financement par subvention et/ou licence globale, avec répartition ciblées sur les créateurs et techniciens, le serait beaucoup plus. Sinon, dis-moi, ton entreprise, elle te paye comment ? Sur l'argent du patron ou à partir du profit (mon dieu quel mot horrible) qu'elle réalise ?
Ca dépend des entreprises... Celle où je suis en ce moment fonctionne sur les profits. Mais celle où j'étais avant fonctionnait sur l'investissement. L'entreprise faisait rentrer une dizaine de milliers d'euros par an, mais les investisseurs nous avait donné une dizaine de millions. L'entreprise n'a jamais été rentable jusqu'à sa vente, ce n'était certainement pas le but... On peut considérer la culture de la même façon : c'est un investissement d'un pays entier dans sa postérité. Et, accessoirement, dans son rayonnement, dans son industrie touristique... D'ailleurs, la culture est un investissement très rentable : elle rapporte énormément au niveau touristique, à travers les musées, les festivals... aubasmots, le 20/01/2010 - 19:56
Ceux qui veulent organiser un diner de con, n'ont que l'embarras du choix pour trouver des prétendants en ce moment, ce monsieur est en très bonne place... Rooh ben comme d'hab on voit defiler une bonne bande de foutriquets qui ne partagent rien d'eux meme (si ce n'est leur vomi ou ce qu'ils ont piqué ailleurs), declarer leur haine d'un auteur assez complet et brillant.. Je vous en prie, invitez le à votre dinez de con, je ne suis pas sûr que le resultat soit celui que vous attendez. >>>"L'artiste qui ne vit que de son art ça a toujours été réservé à quelques chanceux, les autres ils bossent à coté..... "
Et donc tu proposes que plus aucun artiste ne vive de son art ? Moi, au contraire, je propose qu'il y en ait davantage. >>>"Dès lors, pourquoi n'y aurait-il pas une politique générale pour certains cinémas et certains films " Mai vas-y mon gars. Lance-toi. Pourquoi attends-tu que ce soit les autres qui le fassent ? Tu as une super idée : contacte les mairies, le ministère de la culture, ... et obtiens les subventions pour monter une salle gratuite. Tiens, profites-en : Telerama fait sa semaine de rattrapage à 3 euros. 200 salles qui repassent 15 films de 2009. http://www.telerama.fr/festivalcinema/ >>>"Refuser la marchandisation de la culture, c'est d'abord faire connaître la véritable culture, celle qui ne fonctionne pas comme une usine." Ca, ça sera vrai le jour où tu trouveras en p2p plus facilement les derniers films des réalisateurs palestiniens ou israéliens que les derniers blockbusters d'hollywood. Si le téléchargement illégal ne concernait que des oeuvres de "culture véritable" comme tu le dis, personne n'en aurait rien à foutre. Par contre, comme cela concerne essentiellement les disques du hit-parade et les films du box-office, bien entendu que cela fait chier les majors. Donc, le couplet idéaliste sur les pirates promoteurs de la culture, tu te le prends et tu t'en fais un avion en papier. >>>".En tant que salarié tu produis une richesse qui est exploité par ton patron. Le profit c'est ce qu'il reste au patron toutes déductions faites de tous les coûts.Ce sont les gens comme toi, les actionnaires que l'ont paie avec le profit." Il faudra un jour que tu comprennes comment fonctionne une entreprise. Une entreprise, au démarrage, il faut de l'argent pour la lancer. Soit c'est le patron qui fournit, soit ce sont les banques, soit ce sont les actionnaires. Les actionnaires ne sont pas de vils profiteurs, ce sont des gens qui placent de l'argent dans l'entreprise. Si l'entreprise va bien, il est normal qu'il récupère la mise. Si l'entreprise va mal, ils en perdent (demande aux actionnaires d'Eurotunnel s'ils ont été payés avec les profits). Ensuite, le but d'une entreprise, c'est de faire des bénéfices : pour payer mieux ses salariés, pour baisser les prix, pour récompenser les actionnaires, mais également pour investir dans de nouveaux matériels, pour faire des étude sur de nouveaux produits, pour prospecter de nouveaux marchés, et puis également pour mettre un peu de pognon de côté en prévision de jours plus difficiles. >>>"Mais dans ce cas, c'est la faute à cet abruti qui a fait son travail sans garantir qu'il allait être payé pour celui-ci" Là, tu tombes dans un modèle à l'anglo-saxonne. Un artiste négocie son disque par exemple avec la maison de disque et lui cède tous les droits. Il n'en ait plus propriétaire. A lui de se démerder pour négocier au mieux. Il touche ses x dollars et basta. Que le disque se vende bien, extraordinairement bien ou pas du tout, ce n'est plus son problème (financièrement parlant du moins). C'est exactement le concept de culture=marchandise qui est si déplaisant. Dans le modèle européen, l'artiste reste propriétaire de son oeuvre. alors si j'ai bien compris, le secret d'enter (celui qui sait et voit tout d'après la légende), c'est de lire l'article ou un com, d'aller sur internet chercher des renseignements et de revenir en faisant grâce de son pseudo savoir à tous.
enter le wikipédia de numérama!!!!!!!!!!!!!! Et avec Jiwa et Deezer, tu achète la culture?
Non monsieur Sfar, Hadopi n'est pas une bonne solution au piratage. Et puis je ne sais même pas pourquoi on continue d'en parler car de toutes façon des solutions existent pour passer outre Hadopi. Donc arrêtons d'alimenter une polémique vide de sens : on aime pas hadopi? Ben on passe sur VPN/Streaming/P2P sécurisé, bref tous les systèmes qui ont déjà été listés maintes et maintes fois. mouarf>>> Ensuite, le but d'une entreprise, c'est de faire des bénéfices : pour payer mieux ses salariés!
NAN NAN c'est de faire du bénéfice en payant moins ses salariés, bin wé jusqu'à ce qu'ils se foutent en grève, mais sont tellement pauvres qu'ils ne peuvent plus. réveille toi, bordel! les délocalisations, tout ça,.... c'est pour les salariés??! C'est toi qui traitait qqun de Bisounours tout à l'heure? Attention, je ne critique pas le droit à la fondation d'entreprise, je critique juste la vision débilisante, que tu veux nous faire partager. Qui est-ce qui décide si ce n'est le conseil d'administration, les actionnaires, tu crois vraiment qu'entre eux et les salariés, y'a photo finish! Sacefe, le 21/01/2010 - 16:22 Et avec Jiwa et Deezer, tu achète la culture?Ben oui, comme sur TF1 : tu payes, mais la monnaie n'est pas l'euroe mais du temps de ton cerveau disponible (= publicité). Ou, si tu n'aimes pas la pub, tu payes un abonnement Premium sur Deezer ou Spotify... demon666, le 21/01/2010 - 16:20
alors si j'ai bien compris, le secret d'enter (celui qui sait et voit tout d'après la légende), c'est de lire l'article ou un com, d'aller sur internet chercher des renseignements et de revenir en faisant grâce de son pseudo savoir à tous. enter le wikipédia de numérama!!!!!!!!!!!!!! Mais, bon, c'est de l'utilité du forum, de se faire contredire, de voir ses opinions soutenues, développées, contredites, démontées. Que ce soit pour développer son argumentaire, ou, changer d'avis. >>>"Mais dans ce cas, c'est la faute à cet abruti qui a fait son travail sans garantir qu'il allait être payé pour celui-ci" Là, tu tombes dans un modèle à l'anglo-saxonne. Un artiste négocie son disque par exemple avec la maison de disque et lui cède tous les droits. Il n'en ait plus propriétaire. A lui de se démerder pour négocier au mieux. Il touche ses x dollars et basta. Que le disque se vende bien, extraordinairement bien ou pas du tout, ce n'est plus son problème (financièrement parlant du moins). C'est exactement le concept de culture=marchandise qui est si déplaisant. Perso, à priori, si la maison de disque est honnête et cherche à produire des artistes culturellement interessant, je ne vois pas ce que tu reproches à ce modèle par rapport au modèle européen. Toutes les dérives qui nuisent à la culture dans le modèle anglo-saxon sont tout aussi facilement réalisable dans le modèle européen et inversement. A priori, on peut même imaginer un auteur dont le but est de faire de l'argent et une maison de disques qui cherche à défendre la culture. Dans ce dernier cas, les droits seront bien plus sûrs dans les mains de la maison de disque. Peux-tu m'indiquer les différences qui font que le modèle "anglo-saxon" (attention, que les maisons de disques US fassent du commercial et pas du culturel n'a rien à voir avec le modèle qui ne l'impose pas), puisque tu sembles trouver dans ce raisonnement un contre-argument à mon développement ? (moi, j'y lis plutot: "peindre les maisons avec de la peinture qui ne pollue pas plutot que de la peinture qui pollue, c'est le modèle ouzbek, où ils ont tous peint leur maison avec de la peinture qui ne pollue pas mauve fluo, et le mauve fluo, c'est très laid" C'est vrai que ça peut être déplaisant de voir que l'artiste perd son droit sur leur oeuvre. Or, de nouveau, c'est de la faute de l'artiste (en partie du moins, car c'est la maison de disque a un pouvoir enorme: un artiste n'a aucune visibilité sans passer par une major (oh, il y en a, mais autant que des cinémas en plein air)). Mais finalement, le point essentiel n'est pas là, car dans ton exemple le modèle économique incohérent est juste déplacé. Aujourd'hui, l'artiste devient emprunteur (dans le modèle auquel tu te réfères, c'est la maison de disque qui prend les risques de l'emprunt, mais gagne les droits de l'oeuvre en échange du risque). C'est totalement crétin, car il doit trouver un moyen de se faire rembourser à posteriori pour un travail qui est diffusable gratuitement. Ce serait énormement plus malin de dire: "Vous aimez ma musique (que vous avez entendu dans mes concerts ou dans un précédent album) ? Vous voulez que je fasse un autre album. Et bien signons un contrat: si vous me faites tous une petite promesse de 'dons' et que j'arrive à obtenir x euros pour financer un nouvel album, je le produit". Et une fois que l'album sort, il peut être distribué gratuitement: l'artiste a été payé pour son travail. Le piratage n'existe plus, la culture existe toujours, les artistes sont selectionnés par le public, les oeuvres jugées importantes sont sans doute alors plus soutenue qu'aujourd'hui, l'artiste est payé en fonction de son travail, et ne devient pas super-milliardaire parce qu'il est passé dans un reality-show, le modèle économique n'est plus totalement bancal, ... M'enfin, je sais que tu vas me reprocher que ceci n'est pas réaliste. Après tout, c'est ce qui est fait depuis des centaines d'années dans le milieu de la recherche fondamentale. Parallélement, le modèle actuel a vu emerger le problème insoluble du piratage qui prouve qu'il y a fondementalement un couac (comment peut-on faire payer qlq chose (la distribution d'un album ou d'un film) qu'on peut faire soi-même gratuitement et facilement ?). "Et donc tu proposes que plus aucun artiste ne vive de son art ?
Moi, au contraire, je propose qu'il y en ait davantage." Quelques millions de plus pour Johnny, ça ne lui déplaira pas. Merci à Enter. Et bien mon pauvre petit, ta camelote, tu peux la garder. Ton "produit" n'est pas très frais. c'est du réchauffé. Direct poubelle !
Et oui Dugland, fallait pas dire n'importe quoi. Si tu réalises comme tu parles, le résultat doit pas être top, c'est clair ! ingenys, le 21/01/2010 - 19:22 "Et donc tu proposes que plus aucun artiste ne vive de son art ? Moi, au contraire, je propose qu'il y en ait davantage." Quelques millions de plus pour Johnny, ça ne lui déplaira pas. Merci à Enter. Pas d'avantage d'euros mais d'avantage d'artistes. j-c, le 21/01/2010 - 14:06 @ Jean-no: Je ne pense pas que le caractère duplicable de l'oeuvre soit le problème. C'est la spécificité des oeuvres de l'esprit, pas nécessairement le problème. j-c], le 01/01/1970 - 01:00 La situation du mécénat du 18éme était problèmatique car les sources de revenus étaient en position de force. Aujourd'hui, on peut imaginer un mécénat étendu à chaque citoyen, via le web, où aucun donneur ne peut imposer son point de vue car il sera de toutes façons minoritaire et donc dispensable. Bref, je ne vois pas le lien.Oui mais "tout le monde", c'est personne. Je veux dire que pour consommer il y a toujours tout le monde mais pour financer volontairement quelque chose, il n'y a plus personne. Voir comment Wikipédia peine à ramasser trois sous alors que c'est un des dix sites les plus consultés au monde. Avec un système de mécénat populaire et volontaire, Johnny Halliday n'aura pas de mal à vivre de son art, mais il sera bien le seul et lancer un artiste demandera encore plus d'investissement promotionnel. j-c], le 01/01/1970 - 01:00 Concernant le prix de cinéma: je pense que dans tout "produit", il faut diférencier le prix de l'objet et du service associé lors de la vente de l'objet (comme le fait le logiciel libre, où les gains ne se font plus sur la licence d'utilisation de l'objet, mais sur le paiement du service associé). Il faut également divisé ce qu'on achète en sa partie "bien rival" et en sa partie "bien non rival". Ainsi, un DVD coute de l'argent sur: -le cout du transport, le salaire du marchand, ... (partie 'service') (pour x DVD, il y a x fois plus de travail) -le cout du matériel (partie 'objet, bien rival') (pour x DVD, il y a x fois plus de matériel) Et la promotion de l'artiste. Notez que sur le prix d'un DVD ou d'un CD, plus de la moitié du prix HT part dans la distribution. j-c], le 01/01/1970 - 01:00 -les droits d'auteurs patrinoniaux (partie 'objet, bien non rival') (pour x DVD, le travail de l'artiste est le même que pour 1 DVD !?) Sur internet, les 2 premiers couts disparaissent. Reste les droits d'auteurs patrinomiaux réclamés par l'auteur. Or, je pense que ceux-ci n'ont aucune justification lorsque l'usage de l'"oeuvre" n'apporte aucun bénéfice financier à l'utilisateur (si ce n'est pas le cas, c'est différent, mais cela peut être géré facilement, cf plus bas). Le fait est que l'oeuvre appartient tout de même à l'artiste. C'est un peu comme si vous disiez que le propriétaire d'une maison n'a pas le droit de la louer puisqu'elle ne lui coûte rien. Il y a un fossé entre le côté "crevard" de la Sacem qui traine une école primaire en justice et le fait d'accepter que tout le monde gagne de l'argent sur le travail d'un artiste, sauf l'artiste lui-même. j-c], le 01/01/1970 - 01:00 Concernant "bosser pour la gloire et n'exiger aucun revenu", cette phrase me parait bizarre. Comment peut-on "exiger un revenu" ? Moi, quand je travaille, je vais voir mon employeur et je lui dit: "Vous voulez que je fasse quoi ? Ah, ok. Cela me prendra autant de travail, et par conséquence vous devrez me payer autant". Je n'exige pas de revenu, le revenu est "naturel" et si je ne l'ai pas, je ne travaille tout simplement pas et mon employeur n'a pas ce qu'il désire. J'ai l'impression qu'aujourd'hui, les artistes disent: "Bonjour monsieur l'employeur. Dites, j'ai fait un travail de plusieurs heures que vous ne m'avez pas demandé et j'aimerais être payé autant. Comment ? Vous n'avez pas besoin de mon travail ? Pourtant, ce travail mérite un salaire, donc, j'exige que vous le payez !". Toute personne a le droit de faire fructifier ses biens. Vous avez le droit de toucher des intérêts sur votre caisse d'épargne, etc., non ? j-c], le 01/01/1970 - 01:00 On me rétorquera que les gens écoutent de la musique quand même, ce qui revient à profiter du travail sans payer le salaire. Mais dans ce cas, c'est la faute à cet abruti qui a fait son travail sans garantir qu'il allait être payé pour celui-ci (c-à-d, exactement comme je le disais: demander de l'argent lors de la création de l'oeuvre et non lors de sa diffusion). Finalement, peut-on vraiment en vouloir aux "profiteurs" ? Si un entrepreneur vient chez vous et construit une piscine dans votre jardin alors que vous ne lui avez jamais rien demandé, pourquoi ne pouriez vous pas l'utiliser par la suite, vu que, utilisée ou pas, cela revient exactement au même pour l'entrepreneur (bien sur, moralement, ça peut se discuter, mais la faute initiale est du côté de l'entrepreneur).Je trouve votre métaphore légitime concernant le matraquage musical dans les supermarchés etc., mais pour le reste je ne vois pas le rapport. Les artistes se sont reposés sur un système pour être sûr de gagner de l'argent de leur travail, des changements techniques imposent à ce système d'évoluer dans l'intérêt de tous, c'est tout. j-c], le 01/01/1970 - 01:00 Concernant qui peut gagner de l'argent sur les oeuvres, je ne comprend pas très bien l'argument. À l'heure actuelle, des organismes comme la SACEM s'occupe déjà de ça: un café dont l'affluence des clients est en partie accrue grace à de la musique doit payer de l'argent, que le disque ait été acheté ou obtenu gratuitement. Oui mais c'est opaque : la sacem perçoit beaucoup de forfaits, donc ça rapporte à Johnny d'abord. j-c], le 01/01/1970 - 01:00 Prenons par exemple les licences "creative-commons". Ce n'est pas parce qu'une photo est diffusée gratuitement que celle-ci n'est pas soumise à des droits d'auteurs. Et, par exemple, la clause "non commercial" empêche quelqu'un de se faire de l'argent sur l'oeuvre sur le dos de l'artiste. Bref, au final, selon moi, c'est bien le modèle économique choisit par l'artiste qui pose réellement problème. Essayez d'imaginer le point de vue des artistes face à un tel discours ! Qu'est-ce que vous leur proposez, pour vivre de leur profession ? Placer leur travail sous licence CC-NC ??? Jean-no, le 21/01/2010 - 20:41 Du blablabla et encore du blablabla, avec énormément de mensonge et une grosse pincée de faux-culs En plus, ton pseudo je l'aime pas Panda-Kun, le 21/01/2010 - 21:40 Du blablabla et encore du blablabla, avec énormément de mensonge et une grosse pincée de faux-culs En plus, ton pseudo je l'aime pas Je n'aime pas mon pseudo non plus, c'est le diminutif de mon prénom, mais j'ai fini par m'y habituer. Je ne suis pas sûr que ton intervention contienne beaucoup d'arguments. Mon propos est assez simple : personnellement je suis opposé à Hadopi qui est un dispositif injuste à divers niveaux (http://www.hyperbate.com/dernier/?p=5865 http://www.hyperbate...rnier/?p=5148). Par ailleurs j'aime beaucoup les licences libres, le hasard fait que je suis même l'auteur de la photo qui illustre l'article, diffusée sous la licence Art Libre (c'était mon choix). Mais par ailleurs j'appelle chacun à essayer de comprendre le point de vue des artistes, même quand celui-ci est soutenu par des renseignements erronés : ils ont peur pour eux-mêmes, comment peut-on leur en vouloir ? Et en quoi les insultes arrangent-elles quoi que ce soit ? Oups, les liens passent mal, je les remets : http://www.hyperbate...dernier/?p=5865 http://www.hyperbate...dernier/?p=5148
>>>"les délocalisations, tout ça,.... c'est pour les salariés??!"
Encore un type qui écoute trop TF1. Est-ce que tu sais que 92% des entreprises en France ont moins de 10 salariés ? Tu penses que ce sont elles qui délocalisent ? Il faut arrêter de regarder TF1 les gars : quand on vous parle artistes, vous répondez Johnny Halliday. Quand on vous parle entreprise, vous répondez Renault. Le problème, c'est que c'est pas ça la réalité : ce ne sont que les façades. Essayez de temps en temps d'aller voir ce qu'il y a derrière ce qu'on vous montre. Ensuite, je vais te dire un secret : il y a de plus en plus d'entreprises qui relocalisent, car finalement faire venir une chaise de Chine, ça revient plus cher que la fabriquer en Europe. @ Jean-no:
Concernant le mécénat, je suis d'accord pour dire que celui-ci n'est pas applicable du jour au lendemain. Cependant, je ne suis pas d'accord pour dire que les gens ne sont pas capables de financer les artistes, puisque c'est exactement eux qui les financent aujourd'hui (après tout, l'argent que touche un musicien vient de la poche des personnes qui achètent son CD ou vont à son concert). Je pense au contraire que les artistes aujourd'hui populaire gagnerait un salaire plus décent, tandis que les artistes émergeants gagneraient plus. En effet, lorsque je fais un don, je le fais plus volontier vers la personne qui en a le plus besoin. Si je suis un fan de Johnny et un amateur d'un nouveau groupe et que j'ai l'argent pour acheter un seul CD, je vais avoir tendance à le dépenser pour une valeur sure, c-à-d Johnny (le nouveau groupe me décevra p-e). Si la musique est accessible gratuitement, je peux profiter de la musique de Johnny, découvrir totalement le nouveau groupe, et donner mon argent à celui qui en a le plus besoin. (Cela dit, le don volontaire n'est pas la seule piste. Dans une réponse à Enter, j'ai également développé la "création sur commande" où les 'dons' sont promis pour financer la création d'un nouvel album. De nouveau, Johnny ne pourra pas dire: "si vous voulez que je fasse un prochain album, il me faut 10 millions" ou "je ne produit plus d'album, mais faites moi des dons", ce qui, de nouveau, évite les excès 'à la johnny'.) De nouveau, je ne comprend pas le "tout le monde gagne de l'argent sur le travail de l'artiste, sauf l'artiste lui-même". Les licences d'utilisation sont là pour ça et il existe des moyens pour controler ça, que la musique (par exemple) soit distribuée gratuitement ou pas ne change rien. Ensuite, lorsqu'un vendeur gagne de l'argent, il est payé pour son "service": sans lui, je n'aurais pas pu me procurer facilement le cd (si c'était le cas, je n'aurais pas été chez le vendeur et aurait économisé mon argent). Pareil pour le reste du secteur: lorsqu'un "intermédiaire" gagne de l'argent, c'est pour rémunérer son travail à lui, et c'est donc indépendant du travail de l'artiste. Si ce n'est pas le cas, on peut se poser la question et éviter ces dérives avec la licence "qui va bien". Concernant la fructification de ses biens, je pense qu'il s'agit là d'un point interessant. Aujourd'hui, l'artiste veut conserver son oeuvre comme étant sa propriété. C'est pourquoi la vente d'un CD est un "contrat d'utilisation" implicite, interdisant l'acheteur de l'utiliser de n'importe quel façon qu'il le veut. Or, dans ce cas, de quel droit l'auteur peut-il réclamer de l'argent pour que l'utilisateur fasse quelque chose qui ne lui demande aucun travail, tel que par exemple la distribution sur un réseau p2p (notons d'ailleurs à quel point c'est absurde: c'est illégal de partager mon cd avec 4 personnes sur un réseau p2p, mais légal de mettre mon cd dans mon lecteur lorsque j'ai 10 invités) ? Un peu comme si je me plaçait à la porte d'entrée d'un immeuble et demandait un "droit de passage". On verra vite des gens essayer de me casser la gueule ou de passer par la porte de derrière, car ce que je demande est injustifié. Je pense qu'il faut différencier l'oeuvre de la paternité de l'oeuvre. La paternité de l'oeuvre appartient à son créateur, et il a donc un droit de regard sur l'usage de l'oeuvre. Par contre, une fois que l'acheteur a acquis une musique par exemple, il devrait pouvoir la redistribuer comme il l'entend tant que celle-ci n'est pas dénaturée. De même, lorsque qlq'un gagne de l'argent avec de la musique, il est naturel dés lors que l'argent qui a été obtenu grace à l'existence de l'oeuvre revienne dans la poche de celui qui a créé l'oeuvre, qui est celui qui possède la paternité de l'oeuvre. Si on fait cette différence (propriété de l'oeuvre / propriété de la paternité de l'oeuvre), les problèmes liés au piratage s'évaporent, tandis que cela ne favorise pas plus les gens qui gagnent de l'argent sur le dos de l'artiste qu'avant. Concernant "Les artistes se sont reposés sur un système pour être sûr de gagner de l'argent de leur travail". Je pense simplement que, pour se garantir un revenu, les artistes ont choisi un modèle économique. Or, ce modèle économique est incohérent et le piratage est l'un de ses symptomes. Il faut donc effectivement qu'il évolue, mais cela passe selon moi par un changement de modèle économique (actuellement, l'auteur est payé a posteriori, d'où ma métaphore). Concernant la SACEM, je ne l'ai citée uniquement pour montrer que garantir que qlq'un ne gagne pas d'argent sur le dos que qlq'un d'autre est indépendant du modèle économique. Concernant "Qu'est-ce que vous leur proposez, pour vivre de leur profession ?" Des pistes de reflexions interessantes ont été lancée (par exemple la SARD), mais malheureusement, pour bcp d'artistes, cela tombe dans l'oreille d'un sourd. Pour l'instant, ils n'ont de reproches à faire qu'à leur propre profession (qui entretient le verouillage du marché en faveur des acteurs d'un modèle économique unique. Étonnant de voir certains justifier leur inertie sur le fait qu'aucune autre initiative émerge alors qu'ils sont la cause même de la difficulté d'émergence des autres initiatives). (Sinon c'est également un peu bizarre de dire "Vous dites que 1+1 est différent de 3, mais que proposez vous en échange ? Il vaut donc mieux continuer à travailler en disant que 1+1=3".)
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On paye d'abord Internet car c'est un super outil de communication et d'information, la redevance finance l'opérateur et son réseau, en aucun cas la production culturelle. C'est le cas depuis les années 90.