Sorti en retard après quelques déboires religieux, LittleBigPlanet est probablement l’un des jeux vidéo les plus inventifs de ces dernières années, et un hit assuré comme cadeau de noël. Il reprend à son compte le principe de la cocréation de valeur entre les développeurs et les utilisateurs. Plutôt que de confier la réalisation des niveaux du jeu aux seuls level designer employés par l’éditeur, LittleBigPlanet est accompagné d’un éditeur de niveaux extrêmement riche, qui offre beaucoup de libertés aux joueurs pour enrichir eux-mêmes le contenu du jeu. Les passionnés, qui passent des heures et des journées entières non rémunérées pour créer des niveaux tous plus originaux les uns que les autres, le font pour le plus simple plaisir de créer, comme ils le faisaient avec leurs boîtes de Lego Technic dans leur enfance.

Avec les Lego, les enfants les plus doués pouvaient recréer le Faucon Millennium de Star Wars ou les héros de Tintin sans risquer de voir débarquer dans leur chambre George Lucas ou les héritiers de Hergé. Ils pouvaient même inviter leurs copains pour rejouer ensemble une bataille de Tie Fighters, sans recevoir de mise en demeure de la 20th Century Fox. Mais les nouvelles générations qui font place à leur imagination sur des jeux vidéo plutôt qu’aux Légo n’auront pas cette chance.

Le magazine Kotaku rapporte en effet que des niveaux particulièrement bien soignés qui ont reproduit par exemple un niveau du jeu légendaire Duck Hunt de Nintendo ou la célèbre DeLorean de Retour vers le futur ont été rejetés par les modérateurs de LittleBigPlanet, pour des problèmes de non respect de la propriété intellectuelle.

Ce n’est probablement pas ni Nintendo ni le réalisateur Robert Zemeckis qui ont demandé le retrait des niveaux, dont on voit mal en quoi ils peuvent leur porter préjudice. Mais l’éditeur du jeu Media Molecule anticipe probablement la possibilité d’une plainte et de demandes de dommages et intérêt si, par malheur, ces niveaux devenaient tellement populaires qu’ils inciteraient les ayants droit à demander leur part du gâteau. Ils pourraient aussi, comme ils l’ont fait avec des boîtes de Lego, créer des contenus payants sous licence Star Wars ou Indiana Jones, en rétribuant alors les ayants droit.

Duck Hunt :

Retour vers le futur :

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