Imaginé par les créateurs de Skype et de Kazaa, Joost était l'un des projets les plus prometteurs du web en 2007, et fut l'un des plus gros échecs en 2008. A la quête d'un second départ, Joost veut désormais se lancer dans la vidéo intégrée aux navigateurs. Trop tard ?

Lorsque nous avions consacré un grand dossier à Joost, nous avions émis deux réserves au succès de la plateforme de TV en P2P créée par Janus Friis et Niklas Zennström : qu’il quitte rapidement les écrans des ordinateurs pour aller sur les téléviseurs grâce à un boîtier TV, et qu’il réunisse un catalogue de qualité capable d’attirer le grand public. Un an et demi plus tard, aucune des deux conditions n’a été réunie. Les chances de voir Joost débarquer sur le téléviseur se sont éloignées, et le catalogue a été victime du décollage rapide de Hulu aux Etats-Unis, le site créé par les grands studios audivisuels américains.

De plus, Joost est arrivé avec un logiciel à installer sur son ordinateur au moment-même où YouTube, Veoh, ou Dailymotion offraient aux internautes l’immédiateté de la vidéo en streaming sur le web. Trop compliqué, et trop discret, Joost n’a pas trouvé sa place malgré un financement impressionnant de 45 millions de dollars.

Pour se rattraper, Joost va donc très bientôt opérer un virage stratégique. Plutôt que d’imposer le téléchargement et le lancement d’un logiciel spécifique pour regarder des vidéos, la firme a mis au point un plugin à installer sur le navigateur qui permet de regarder les vidéos dans des pages web. L’extension – dont l’installation est proposée dès l’ouverture d’une page avec une vidéo Joost, continue d’assurer la mise en partage des vidéos avec les autres utilisateurs, pour économiser en bande passante et assurer une meilleure définition que sur les sites de vidéo traditionnels. La plateforme se dote également d’une interface orientée « réseau social », avec des flux RSS en abondance et des outils qui permettent de communiquer avec les autres utilisateurs et de voir qui regarde quoi.

Mais n’est-ce pas trop tard ? Bien d’autres acteurs ont tenté de mêler P2P et diffusion en streaming sur le web, sans grand succès populaire. Citons parmi eux Octoshape, RedSwoosh, Neokast, Mediamelon, Selfcast… Récemment, le chinois PPLive a eu un grand succès avec son plug-in lancé juste avant les Jeux de Pékin, mais uniquement grâce à un catalogue fait de chaînes de télévision diffusée sans leur autorisation.

Sans un catalogue fort, tous les efforts faits par Joost seront vains. A moins que le changement technologique ne s’accompagne d’un changement philosophique, et que Joost s’ouvre enfin à la diffusion de contenus amateurs ou envoyée par les utilisateurs.

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