Nous vous indiquions la semaine dernière que le site Muxtape qui permettait la création de playlists en ligne à partir de MP3 uploadés sur le site par les membres a fermé ses portes, au moins provisoirement. Ses créateurs blâment la RIAA, le lobbys des grandes maisons de disques aux Etats-Unis, pour les conditions contractuelles démesurées qu’elle exige. Incapable de les respecter pour le moment, Muxtape a préféré mettre le rideau avant qu’un procès lui tombe dessus.

Sans surprise, la fermeture de Muxtape a créé un appel d’air pour de nouveaux candidats. 8Tracks propose ainsi de prendre le relai, avec un site qui lui aussi permet aux internautes de choisir des MP3 parmi ceux envoyés par la communauté, ou d’envoyer leurs propres MP3, pour créer une playlist qui pourra être écoutée par tous les internautes.

Mais pour ne pas avoir de problèmes avec la RIAA et avec la justice, 8Tracks a préféré limiter les fonctionnalités de son service pour qu’elles cadrent avec les termes de la licence obligatoire permise par le DMCA, la loi américaine sur le droit d’auteur. Au moins, les labels ne peuvent rien faire pour s’opposer au site. Mais du coup, les internautes utilisateurs du service ne peuvent plus passer d’un morceau à l’autre dans la playlist, ou même savoir quels morceaux sont programmés. La licence obligatoire prévue par la loi s’impose en effet aux seules radiodiffusions numériques « non interactives », qui ne doivent pas permettre l’écoute à la demande. Chaque mix est en fait considéré comme une webradio, avec ses règles strictes.

Un bon exemple de la créativité bridée par un droit d’auteur censée la favoriser. Mais la RIAA devrait surtout se dire que lorsque ses propres règles empêchent la création de valeur sur ses propres contenus, en limitant l’attractivité des services qui exploitent la musique, elle a un sérieux problème à régler, bien avant celui du piratage.

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