Le gouvernement demande à l’ARCEP de lui faire un état des lieux du déploiement de l’IPv6 en France et de proposer des pistes pour améliorer la situation.

Où en est le déploiement de l’IPv6 en France ? À cette question, le gouvernement aimerait bien une réponse claire. C’est donc pour cette raison que l’exécutif a demandé à l’autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) de produire sans plus tarder un rapport sur la situation.

Outre un état des lieux, le gendarme des télécoms devra aussi « identifier les causes du retard constaté dans cette migration ainsi que ses conséquences sur le secteur », établir un plan d’actions pour encourager et accompagner vers IPv6 et installer un observatoire pour le suivi de cette transition.

Ce travail a été réclamé par la secrétaire d’État en charge du numérique, Axelle Lemaire. Celle-ci considère que la France est en train d’accuser un retard, ce qui pourrait « freiner à terme la capacité du secteur à répondre aux nouveaux enjeux du numérique tels que l’avènement de l’Internet des objets ».

Les conclusions de cette étude doivent être remises au gouvernement d’ici au 1er mai 2016.

Google IPv6

L’IPv6 en France vu par Google.

Mais la France est-elle si en retard que ça ?

En tout cas par rapport à d’autres pays du monde, la France n’est pas si mal positionnée. Les statistiques de Google indiquent que l’adoption de l’IPv6 s’élève à 5,66 % en France. Elle se trouve dans le peloton de tête, avec les États-Unis, le Canada, le Portugal, la Grèce, l’Allemagne, la Finlande, la Norvège, la Malaisie et le Japon.

L’étude de l’Arcep permettra néanmoins d’affiner les informations sur le déploiement de l’IPv6 dans l’Hexagone. À ce sujet, l’autorité a fait savoir qu’elle fera appel à l’expertise de l’association française pour le nommage internet en coopération (AFNIC), et mènera une série d’auditions.

Pourquoi IPv6 ?

Une adresse IP sert à identifier une connexion sur le réseau, partagée le cas échéant par les différentes machines qui l’utilisent. La norme actuelle, IPv4, permet d’écrire une adresse IP sous la forme d’une suite de quatre nombres pouvant aller de 0 à 255, qui servent à contacter ces machines. Dans le cas de Numerama par exemple, notre adresse IPv4 actuelle est 62.210.7.70.

Le problème avec la norme IPv4, c’est qu’elle est relativement limitée. Elle ne peut accueillir qu’un peu plus de 4,29 milliards d’adresses en même temps. Pour le dire autrement, on ne pourrait même pas attribuer une adresse IP par personne sur Terre. Des techniques existent bien sûr pour gérer l’urgence en réalisant du nattage d’adresses IP, mais ça ne résout pas le problème de fond (et même, ça ajoute d’autres problèmes).

Avec IPv6, on change complètement de dimension.

Un sextillion : un 1 suivi de trente-six zéros

Il sera possible d’avoir simultanément plus de 340 sextillions d’adresses IPv6 différentes. On peine à saisir ce que cela veut dire. Wikipédia essaie quand même, en expliquant que « pour épuiser la totalité de ce stock d’adresses, il faudrait placer 667 millions de milliards d’appareils connectés sur chaque millimètre carré de la surface de la Terre ».

Bref, on a largement de quoi voir venir même avec l’Internet des objets.

Pour parvenir à un tel volume quasi infini, une adresse IPv6 s’exprime sur une forme beaucoup plus longue et inclut des lettres en plus des chiffres. 5800:10C3:E3C3:F1AA:48E3:D923:D494:AAFF est un exemple. Il y a huit blocs accueillant chacun quatre caractères.

Heureusement, le commun des mortels n’aura pas à retenir ni les adresses IPv4 ni celles en IPv6. Puisque nous ne sommes pas vraiment faits pour retenir ce genre d’adresses, le système DNS a été inventé afin que l’on puisse atteindre un site en tapant son nom (par exemple www.numerama.com).

Mais pour que le DNS en IpV6 fonctionne, encore faut-il que toute la chaîne du réseau soit compatible IPv6, de l’hébergeur du serveur jusqu’au fournisseur d’accès à internet de l’utilisateur final.

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