Pour célébrer le 50e anniversaire de Star Wars en 2027, Marvel Comics vient d’abattre ses cartes en dévoilant les premières planches de Star Wars/Marvel: Hope Assembles. Un événement historique sur le papier, mais surtout un coup marketing d’une impudence monumentale qui résume à lui seul la dérive du géant du divertissement.
On l’attendait (ou on le redoutait) depuis le rachat de Marvel en 2009 et celui de Lucasfilm en 2012 par Disney, la firme aux grandes oreilles. Marvel a officialisé le 11 août la rencontre entre les Avengers et les rebelles d’une galaxie lointaine.
Écrite par le réalisateur Kevin Smith et dessinée par David Marquez, cette mini-série en six numéros (cinq étaient prévus à l’annonce), dont le premier sortira le 13 janvier 2027, promet un concentré de fan service déshydraté directement injectable dans les veines des nostalgiques. On vous en parlait il y a quelque temps ; les premières pages montrent désormais à quoi ressemblera la série.
Iron Man et Captain America au secours du Tantive IV de Star Wars
Les premiers visuels publiés par Marvel ne s’embarrassent d’aucune subtilité. Oubliez l’abordage mythique du vaisseau de la princesse Leia par Dark Vador et ses stormtroopers en 1977. Dans cette version réécrite, ce sont Iron Man et la Torche qui font irruption dans le sas de la rébellion. Pire encore : Captain America mène la charge contre les troupes de l’Empire lors de l’arrimage au Star Destroyer.
Le twist méta ? Les héros de la Terre-616 savent parfaitement que Star Wars est une franchise de fiction.
Dans l’univers Marvel, les films de George Lucas existent, tout comme chez nous. Tony Stark lance même un « May the Force be with you » hilare aux rebelles ébahis, en expliquant qu’il cherche « une princesse Disney ». La réplique rappelle, avec un cynisme assumé, que Disney possède tout le monde, sur Terre comme dans la bordure extérieure.

Un sort de réalité brisée pour justifier le grand n’importe quoi
Pour faire avaler cette pilule cosmique, le scénario invoque un « sortilège briseur de réalité » qui donne vie au film de 1977 au sein même de la continuité Marvel. Marvel n’a pas dit qui l’a lancé ; le Docteur Fatalis (Doctor Doom, méchant du futur Avengers : Doomsday), allié officiel de Dark Vador dans la série, fait un suspect évident.
C’est là que le tiroir à jouets s’ouvre en grand pour justifier les alliances les plus absurdes :
- Dark Vador et le Docteur Fatalis main dans la main pour imposer un fascisme intergalactique.
- Obi-Wan Kenobi et le Professeur Charles Xavier pour des séances de méditation télépathique au sommet.
- Spider-Man épaulant Luke Skywalker, servant au passage de « guide touristique Star Wars » auprès des Avengers dépassés par les événements.

La foire aux jouets plutôt que la prise de risque
Derrière l’efficacité visuelle incontestable des planches de David Marquez et la plume pop-geek de Kevin Smith, difficile de ne pas voir dans Star Wars/Marvel: Hope Assembles le symptôme d’une industrie à bout de souffle. Incapables d’inventer de nouveaux mythes ou de faire grandir leurs franchises respectives sans frôler l’overdose, Disney et Marvel recyclent leurs propres catalogues jusqu’à la moelle.
En transformant Un nouvel espoir en terrain de jeu pour super-héros, Disney pousse jusqu’au bout la logique du « multivers permanent », où tout se croise sans enjeu pourvu que les figurines s’entrechoquent sous les yeux d’un public conquis d’avance.
D’après Bleeding Cool, l’histoire comptera pourtant bien dans la continuité officielle de Marvel. Le rendez-vous est pris pour janvier 2027 en librairie. Pour l’instant, Marvel n’a montré que les premières pages du numéro 1, et rien de la façon dont Kevin Smith compte refermer la brèche.

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