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Six ans après, le jeu vidéo Bloodborne continue de me hanter

Sorti en 2015 sur PS4, Bloodborne est un défi labyrinthique éprouvant et d'une grande noirceur. L'une des meilleures expériences vidéoludiques de ces dernières années, dont on peut profiter sur PS5.

Se replonger dans Bloodborne près de six ans après sa sortie ressemble à une épreuve masochiste. Exclusivité PlayStation 4 développée par FromSoftware, studio à qui l'on doit la saga Dark Souls, Bloodborne est une expérience éprouvante en raison du challenge sur lequel il repose. Il s'agit d'un joyau d'une profonde noirceur, taillé dans une volonté de faire vivre un véritable cauchemar aux joueurs. Nul doute qu'il continue de hanter les nuits de certains aujourd'hui, alors qu'il est accessible gratuitement aux propriétaires d'une PS5 -- pourvu qu'ils soient abonnés au PlayStation Plus -- et que se murmure l'arrivée d'un portage PC.

Malheureusement, Bloodborne ne fait pas partie des jeux qui sont améliorés sur PS5 grâce à une mise à jour dédiée (comme Ghost of Tsushima et Days Gone). On se retrouve dès lors en face du jeu de l'époque, qui accuse son âge et est loin d'être le titre le plus optimisé de la PS4 (on parle d'un jeu de 2015). Il ne faut pas attendre un miracle de la nouvelle console de Sony, qui n'améliore pas les performances comme on pourrait l'espérer. Toutefois, en mettant de côté ces quelques désagréments visuels, Bloodborne reste l'un des meilleurs jeux du catalogue PS4.

https://www.youtube.com/watch?v=G203e1HhixY

Bloodborne mériterait une remasterisation sur PS5

Bloodborne aurait bien besoin d'une cure de jouvence. Il le mérite pour plusieurs raisons. Non seulement il propose une expérience exceptionnelle sur bien des points, mais, en prime, il souffre de plusieurs pépins techniques pouvant être gommés très facilement aujourd'hui. On se souvient encore des temps de chargements hyper longs qui venaient nous punir un peu plus à chaque game over (et on meurt beaucoup dans Bloodborne). Il y a aussi ce taux d'images par seconde très inconsistant. Pas très élevé (30 fps au mieux), il accouche parfois de quelques ralentissements susceptibles de gêner dans le feu de l'action. Pour un jeu dont le gameplay demande de la précision et du doigté, ce n'est pas toujours l'idéal. Voilà pourquoi on rêverait d'une nouvelle version de Bloodborne, revigorée par la puissance de la PS5 -- ou d'un PC. Un Bloodborne, avec les graphismes du remake flamboyant de Demon's Souls.

Si Bloodborne est un jeu fascinant, c'est d'abord grâce à son univers morbide inspiré de l'époque victorienne. Nous voilà plongés dans les rues malfamées de Yarnham, ville qui devient le théâtre d'une chasse géante à cause d'une étrange malédiction. Bien des portes sont closes et les cris d'effroi percent les tympans de celle ou celui qui osera s'aventurer dans un tel enfer. Il faut garder à l'esprit que vous n'allez pas être bien accueilli dans Bloodborne, qui ne multiplie pas les cinématiques pour nous éclairer sur son récit. Le jeu de FromSoftware récompense la curiosité : il ne faut pas hésiter à lire avec assiduité la description des objets que l'on ramasse. Cette narration obscure accouche d'un voyage vers l'inconnu, et cela fait indéniablement partie du charme de Bloodborne, dont la poésie macabre est presque enivrante.

Bloodborne est donc le contrepied des précédentes productions de FromSoftware, dont il est pourtant un héritier direct. Demon's Souls comme Dark Souls se plaisent dans leur contexte médiéval. Pour Bloodborne, le créateur Hidetaka Miyazaki voulait explorer autre chose. Comme il l'a confié dans un entretien accordé à The Guardian datant du 31 mars 2015, il n’a pas hésité à se rendre en Roumanie ou en République tchèque pour nourrir son imagination en quête d’architecture gothique. Bloodborne semble tout droit sorti de la plume de Bram Stoker, célèbre pour son roman culte Dracula. Il en résulte des décors inquiétants, que ce soient des ruelles vidées de toute forme d'humanité ou des cathédrales qui s'apparentent à des tombeaux. Ils sont peuplés de monstres au design effrayant. 

Les développeurs de FromSoftware sont connus pour leur level design -- construction des niveaux -- ultra complexe. Dans Bloodborne, le labyrinthe créé par le studio japonais a de quoi donner le tournis -- littéralement. À mesure que l'on progresse, on se rend compte que tout est connecté de manière intelligente, avec un travail sur la verticalité qui mérite le respect. Même les trois Dark Souls n'atteignent pas cette réussite dans la cohérence. Yarnham et ses alentours offrent un terrain d'expérimentations immense, et FromSoftware n'hésite pas à s'en donner à cœur joie. Si vous vous perdez, ne soyez pas étonné.

Autre domaine dans lequel Bloodborne excelle et étonne : c'est son gameplay qui parvient à se détacher suffisamment des fondations posées par les Dark Souls, pour qu'on ne puisse pas lui reprocher de n'être qu'une simple copie avec un habillage différent. Au point qu'il faudrait presque oublier tout ce que l'on aurait appris précédemment. Ainsi, alors que les Dark Souls peuvent privilégier la défense et la magie, Bloodborne axe sa prise en main sur l'attaque. Pour faire pleuvoir les coups sur les ennemis, le chasseur est équipé d'une arme composée de deux modes (par exemple, une épée qui peut devenir un marteau). Il peut aussi faire appel à une arme à feu, capable de déclencher des parades quand on tire au bon moment (c'est-à-dire juste avant d'encaisser une attaque). Autre preuve que Bloodborne est porté sur l'offensive, il est possible de récupérer une partie des points de vie perdus sitôt après avoir essuyé des dégâts. Il faut néanmoins se dépêcher pour profiter de cette opportunité de se refaire une santé.

Avec ces mécaniques faisant la part belle à l'agression, Bloodborne récompense l'audace et la prise de risques face à des monstres enragés et très rapides. Certaines décisions, après avoir suffisamment observé les attaques adverses, peuvent conduire à la réussite ou, à l'inverse, à la mort. Dans Bloodborne, il faut savoir apprendre de ses échecs et avoir les nerfs suffisamment résistants pour triompher. On peut passer toute une après-midi sur le même boss et essuyer des défaites frustrantes, voire humiliantes. Il faut savoir s'accrocher avant de vivre cet immense sentiment d'accomplissement propre au genre. Bon courage, sachant qu'il y a trois fins différentes.