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On a vu Call of Duty Modern Warfare à l'E3 : du réalisme violent sous couvert d'une « complexité morale »

Infinity Ward irait-il un peu trop loin dans le réalisme avec Call of Duty: Modern Warfare ?

Comme beaucoup d'autres franchises annuelles avant elle, Call of Duty avait bien besoin d'une cure de jouvence. Quelques jours avant l'E3 2019, Activision a officialisé Call of Duty: Modern Warfare, un reboot opéré par Infinity Ward. La révolution sera-t-elle de mise ? Dans les grandes lignes, Call of Duty restera Call of Duty mais les quinze minutes que nous avons vues à l'occasion d'une présentation presse a confirmé cette emphase sur le réalisme -- quitte à tomber dans le too much.

Il faut dire que les développeurs se sont inspirés des récents films de guerre moderne, à l'instar de SicarioDémineurs ou encore Le RoyaumeOn retrouvait déjà cette violence insoutenable (inutile ?) dans cette séquence coup de poing de l'opus Call of Duty: Modern Warfare 2 (un massacre d'innocents dans un aéroport pendant une mission de couverture). Cette direction, qui pourra paraître choquante, est assumée par le studio. À voir s'il n'ira pas un peu trop loin dans la représentation des conflits qui gangrènent nos vies d'aujourd'hui.

La violence par la violence

La mission montrée par Activision se déroulait à Londres, où il s'agissait d'infiltrer -- de nuit -- une maison où se terraient des terroristes. Si Call of Duty: Modern Warfare souhaite créer la rupture avec ses prédécesseurs, il en conservera quand même l'ADN -- à l'image de ces enchaînements de scripts efficaces. Il marque en tout cas une scission graphique, le nouveau moteur -- enfin -- proposant un très joli rendu. L'environnement, sombre, ne permettait pas d'apprécier le travail sur les textures mais au moins a-t-on pu constater les efforts concentrés sur les animations et les effets de lumière. La physique grimpe aussi d'un cran. La preuve : on pourra tirer au travers de certaines surfaces (un matelas, une porte).

Cette qualité graphique vient appuyer le caractère viscéral de l'expérience articulée autour d'une notion forte : « Les ennemis ne portent pas tous des uniformes ». On l'a vérifiée à plusieurs reprises, lors des moments où le joueur tue des femmes terroristes... désarmées. Grâce à cela, Infinity Ward entend nourrir son récit de « personnages moralement plus complexes ». Pour le coup, on a surtout vu des soldats tuer tout ce qui bougeait dans une maison en apparence tranquille. L'absence de concession semble être le leitmotiv de Call of Duty: Modern Warfare, bien parti pour jouer les funambules avec délicatesse.

À l'arrivée, Activision a bel et bien envie de marquer les esprits, quitte à employer la manière forte, avec son futur FPS. Au-revoir le futurisme détesté de Call of Duty: Infinite Warfare, bonjour le réalisme exacerbé à la limite du dérangeant.