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Test du Armony Trekking Viareggio : un vélo électrique italien étonnant

Armony Bikes est une entreprise italienne qui commercialise en France une large gamme de vélos électriques. Nous avons testé le Trekking Viareggio pour une bonne raison : ses composants sortent clairement des standards du marché et son prix est très agressif par rapport à ses prestations.

Personne ne vous en voudra si vous ne connaissez pas Armony Bikes. Le constructeur italien produit des vélos depuis 15 ans, mais n'est présent sur le territoire français que depuis 2 ans. Son argument marketing ? Faire des vélos moins chers que les autres, dans les gammes où le constructeur est présent. Le Trekking Viareggio que nous testons est un vélo typé VTC, avec un champ d'utilisation qui peut emmener ses utilisateurs d'une balade sur des chemins aux bitumes des villes. 

C'est donc un modèle polyvalent que l'on mettrait en concurrence avec la gamme X-Road de Moustache (à partir de 2 800 € tout équipé) ou la gamme Pathlite:ON de Canyon (à partir de 2 500 € sans le moindre équipement). Armony vend son Trekking Viareggio à 2 600 € tout équipé (phares, garde-boue, porte-bagage, sonnette-.

https://www.youtube.com/watch?v=bQj85EWHF3Q

Design et composants du Armony Trekking Viareggio

Armony Bikes fait des vélos depuis 15 ans, mais les finitions ne sont pas dans son ADN. On remarque tout de suite les énormes soudures des pièces en aluminium sur le cadre du vélo et différents éléments sont fixés avec audace (de petites vis qui bougent quand on reçoit le vélo). Qu'importe : nous resserrons tout cela et nous nous forçons d'oublier cette première impression. Il faut reconnaître qu'un vélo orange et gris n'est pas courant : ce ne sera pas au goût de tout le monde, mais au moins, c'est original. 

Armony Trekking Viareggio // Source : Louise Audry pour Numerama

Et il faut vraiment dépasser ces petites déconvenues, car le Trekking Viareggio d'Armony Bikes est vraiment un vélo surprenant. L'entreprise italienne n'a par exemple pas fait confiance à un des géants de la motorisation comme Bosch pour équiper son vélo, mais s'est tournée vers Oli. Le moteur Oli Move Plus de 250 W pour 80 Nm s'insère dans le pédalier et est équipé de capteurs de pression qui permettent au vélo d'être très réactif quand on lui demande de démarrer par un coup de pédale. Le constructeur revendique jusqu'à 400 % d'accompagnement de la puissance musculaire dans le mode le plus énergique des 5. On ne va pas se mentir, la différence entre les modes 2, 3 et 4 est infime à l'usage et on reste le plus souvent dans le mode 5 pour avoir un vélo amusant sous les pieds. 

L'électronique est complétée par un afficheur couleur très visible, même au soleil, qui affiche des informations très pertinentes. En plus de la vitesse, on trouve l'heure, la distance parcourue (avec une précision rigoureuse quand nous la comparons au trajet sur Google Maps), le pourcentage de batterie restant ou encore, la température extérieure. Les phares ont un mode automatique par défaut bien pensé qui les allumera tout seul dès que la nuit tombe. Vous pouvez forcer l'allumage en une pression. 

Armony Trekking Viareggio // Source : Louise Audry pour Numerama

Côté batterie, on retrouve une batterie Samsung de 504 Wh, qui promet jusqu'à 120 km d'autonomie maximale (dans le mode éco que nous n'utilisons pas beaucoup). Son système d'attache est extrêmement intuitif et la batterie se loge dans le cadre en un tour de main. Avec ses 3 kg, vous n'allez pas la prendre partout avec vous, mais elle reste quand même largement manœuvrable pour une batterie de cette capacité. 

Côté mécanique, on trouve du très standard dans l'entrée de gamme électrique : freins à disque (160 mm) hydrauliques TEKTRO, transmission S-Ride à 9 vitesses (un peu léger pour ce type de vélo dynamique), fourche suspendue, roues 28 pouces de confection italienne sur lesquelles sont montés des pneus typés tous chemins. Dans l'ensemble, les composants sont homogènes : rien ne nous fait bondir sur ces gammes de vélo qui ne cherchent pas la légèreté à tout prix. Tout juste trouve-t-on la manette des vitesses assez peu satisfaisante à l'usage, avec ses gros clac et son toucher plastique qui n'inspire guère la confiance.

Armony Trekking Viareggio // Source : Louise Audry pour Numerama

Sur la route avec le Armony Trekking Viareggio

Mais c'est en roulant que le Viareggio parvient le mieux à convaincre. Le moteur Oli est par exemple une excellente surprise. Son couple est généreux et il permet de monter à 25 km/h sans le moindre effort sur les routes plates ou les faux plats montants. En montée plus abrupte, il tient aussi la dragée haute, avec des vitesses allant jusqu'à 20 km/h sur nos pistes benchmark -- c'est similaire au Bosch Performance. Le vélo est très dynamique de manière générale et on apprécie que le moteur ait une excellente linéarité : on se sent accompagnés dès les premiers km/h et jusqu'aux derniers règlementaires. 

Le capteur dans le pédalier fait son effet : on retrouve les sensations d'un moteur Bosch, toujours prêt à dégainer une bonne accélération sur ce type d'équipement lourd. On regrette peut-être que le capteur de pression soit trop... pressant. Appuyer un peu trop sur la pédale à l'arrêt et le moteur va enclencher sa rotation. On prend vite le réflexe d'avoir un frein toujours serré à l'arrêt.

La conduite est grisante et la position, entre le confort et le sportif, permet d'alterner les moments tranquilles et les embardées. La fourche suspendue joue son rôle comme elle peut, même si, il faut le reconnaître, le vélo transmet bien les vibrations dans son guidon droit. L'absence de poignées confortables y est peut-être pour quelque-chose : Armony livre son Viareggio avec des poignées droites très rigides qui seront changées ou amorties par des gants très vite. 

Armony Trekking Viareggio // Source : Louise Audry pour Numerama

L'autonomie est la deuxième bonne surprise de ce Viareggio. Nos trajets benchmarks nous ont montré qu'il consommait 10 % de batterie pour 7 km, ce qui lui fait une autonomie théorique de 70 km -- avec principalement le mode 5 utilisé, autrement dit le plus puissant. Théorique, parce que selon votre poids et les conditions d'utilisation, Armony estime que cette valeur peut descendre à 40 km. C'est assez rare que nous ayons des chiffres plus élevés sur un usage réel que ce qu'un constructeur annonce : nous avons trouvé important de le noter. 

Le reste du vélo ne brille pas, mais répond à son cahier des charges : donner des sensations qu'on retrouve le plus souvent sur des vélos parfois vendus 3 000 €. L'illusion est parfaite, même si l'on pourra toujours comprendre pourquoi Armony est capable de proposer ce vélo à ce prix : porte-bagage, phares et manettes de vitesse ne sont pas des modèles milieu de gamme comme sur d'autres vélos de ce type. Ces concessions sur l'accessoire permettent à l'entreprise de se concentrer sur l'essentiel : moteur, batterie, cadre, pneus, freins. 

Armony Trekking Viareggio // Source : Louise Audry pour Numerama

On ressort de ces dizaines de kilomètres sur le Viareggio en étant persuadés que ce modèle ne redéfinira pas le cyclisme assisté par moteur électrique, mais qu'il offre une option cohérente et très sérieuse à qui n'aurait pas le budget pour des équipements Bosch montés sur un vélo de même gamme. En somme, les concessions permettent d'avoir les sensations d'une gamme Performance, en dessous du prix et avec un vélo parfaitement accessoirisé.