À 7 490 euros le véhicule, le scooter électrique eccity125 est probablement l’un des équivalents 125cc thermiques les moins chers du marché. À l’essayer, on comprend pourquoi.

Il convient de le dire d’emblée : le scooter électrique français est impossible à adopter. Malgré de bonnes intentions (aller vite, pour pas cher, en étant « propre »), le deux-roues est criblé de défauts qui rendent la conduite très hasardeuse, pour ne pas dire pénible. Numerama a passé 24 heures avec l’engin : on en ressort avec une envie… Foncer chez la concurrence.

L’eccity125 // Source : Numerama/Marie Turcan

Design

En matière de design, il est difficile de faire plus laid que le scooter d’eccity, sorte de mélange entre un TMAX et le casque de Robocop. Sa partie avant prend inutilement de la place (72cm de large), ce qui lui donne une apparence « mastoc » repoussante. Au niveau du volant, le tableau de bord a été inutilement réduit sur une toute petite surface ovale au milieu d’une quantité de plastique granuleux.

Le problème des finitions est global (on peine par exemple à ouvrir le coffre), et se retrouve également dans l’expérience utilisateur : tourner la clé pour mettre le contact ne provoquera aucune réaction du scooter (ni son) pendant quelques secondes, jusqu’à ce que l’écran du tableau de bord s’illumine enfin pour signaler que l’appareil fonctionne.

L’arrière de l’engin s’en sort mieux en apparence (on excusera les immondes stickers dont a été orné le modèle qui nous a été prêté) avec une selle un peu plus travaillée et assez grande pour accueillir sans problème deux personnes — le dossier collé sur le top-case est toujours un plus pour le confort du passager.

Malheureusement cette assise légèrement inclinée vers l’avant — l’objectif étant que les personnes plus petites puissent être proches du volant — est en fait à l’origine de plusieurs soucis de conduite.

L’eccity125 // Source : Numerama/Marie Turcan

Prise en main

Avec ses deux mètres de long, l’eccity125 est un grand scooter. Malheureusement cette taille n’a pas été compensée par une ergonomie réfléchie pour les conducteurs et conductrices. En résumé, le deux-roues a une selle trop haute et un volant trop bas. Cela signifie que lorsque l’on est un conducteur ou une conductrice de taille moyenne (1m70), il est impossible de s’asseoir sur la selle jusqu’au bout, sous peine d’avoir du mal à empoigner le volant.

Pire, comme le siège est incliné, on ne fait que glisser vers l’avant, se redresser, re-glisser, faire un effort pour se repousser à nouveau vers l’arrière… Sans compter que la selle est beaucoup moins confortable tout à l’avant, vu qu’elle est moins large.

Ce qui n’aurait été qu’un souci de confort se transforme toutefois en vraie contrainte d’utilisation, car le système de freinage est dur, et l’écart entre la poignée du scooter et la poignée de frein est très large. Cela signifie qu’il faut une grande main pour parvenir à freiner convenablement, au risque de se retrouver à accélérer par mégarde lorsque l’on essaie de freiner. Dans ces quelques millisecondes de battement, le fait de devoir en plus se réhausser constamment à bout de bras parce que la selle glisse rend toute l’expérience de freinage périlleuse. De son côté, eccity souligne ne jamais avoir reçu de tels retours négatifs concernant le levier de freinage.

L’eccity125 // Source : Numerama/Marie Turcan

Conduite

L’eccity a un énorme atout : sa vitesse et son accélération. C’est un équivalent 125cc thermique homologué extrêmement réactif,  pour ne pas dire nerveux, qui permet de prendre l’avantage sur les autres véhicules à tous les feux rouges. Avec une vitesse de pointe à 100km/h, il peut emprunter périphérique et autoroutes sans encombre.

Mais son accélération lui joue des tours lorsqu’elle est couplée à tous les défauts que nous avons soulignés plus haut. Imaginez être sur une selle glissante, avec des soucis pour freiner de manière réactive, alors que votre véhicule est capable de passer de 0 à 80km/h en quelques secondes. Il devient difficile de profiter pleinement des capacités du bolide. Le problème est plus marqué encore lorsque l’on tente des créneaux ou mouvements secs : l’eccity125 est si nerveux qu’il vaut mieux éviter les dépassements avec des virages très serrés.

À ce problème de conduite s’ajoutent des petits détails qui alourdissent la conduite : le clignotant est accompagné d’un bruit strident et quasiment continu tellement dérangeant que nous avons rapidement pris la (mauvaise) habitude de ne le déclencher qu’au dernier moment, tant il provoquait des regards inquisiteurs au feu rouge. Autre remarque : le demi pare-brise (heureusement en option) arrive pile à hauteur de visage, ce qui a pour effet de diriger le vent vers nos yeux au lieu de nous en protéger.

Autonomie

L’eccity125 // Source : Numerama/Marie Turcan

Avec une telle accélération et une vitesse élevée, quid de la batterie ? Oubliez le concept d’amovibilité : ici la batterie (74V/6,5A) est embarquée, et il n’est possible de la recharger qu’en branchant le câble, accessible depuis le coffre, à une prise (dans un garage ou sur des bornes Autolib pour ce qui est de Paris intra-muros).

Le site officiel d’eccity revendique une « autonomie de 115 km selon la norme WMTC ». Au cours de notre test, nous avons pourtant vidé plus de la moitié des barres en moins de 40 kilomètres.

Au final, c’est l’expérience globale de conduite de l’eccity qui ne convainc pas. Trop cheap, peu confortable, vraiment très disgracieux, à la limite du dangereux lorsqu’il s’agit du freinage : l’objet qui n’a séduit que quelques centaines (500, d’après l’entreprise) d’utilisateurs en 8 ans a trop de défaut par rapport à la concurrence — certes, étrangère. On lui préfèrera même, c’est dire, le scooter Askoll eS3, pourtant seulement un équivalent 100cc thermique, mais tellement plus beau, stable et pratique, qu’on en vient à se demander si les 30km/h de différence ont vraiment de l’importance.

En bref

Test eccity125 : le scooter électrique à éviter

Note indicative : 1/5

Le scooter français eccity125 va vite, mais c'est aux dépends de tout le reste. Problèmes de stabilité, d'assise, difficultés à freiner efficacement : le deux-roues a de nombreux défauts qui le rendent à la fois disgracieux et peu pratique.

Top

  • Une super accélération
  • Un petit prix pour un équivalent 125

Bof

  • Sa selle qui glisse
  • Son look immonde
  • Le son du clignotant

Mise à jour du 15 avril : cet article a été modifié pour rajouter la réponse d’eccity concernant le levier de freinage.