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Comment un accord avec Tesla permet à Fiat de s’acheter un droit de polluer

Fiat va éviter de payer de lourdes pénalités liées aux émissions de CO2 en rachetant les crédits-carbone de Tesla, qui n'émet pas de CO2. C'est légal.

Le groupe Fiat Chrysler peut dire merci à Tesla. Selon les informations du Financial Times publiées le 7 avril 2019, il va payer une importante somme d'argent au constructeur américain pour éviter des pénalités sur l'émission de CO2. L'opération financière légale, dont le montant se chiffre à des centaines de millions de dollars, permettra à Fiat Chrysler de continuer à polluer plus que la norme ne l'autorise (95 g/km d'ici 2021).

Selon une étude de Paco Consulting, les véhicules de Fiat Chrysler émettront en moyenne 98,5 grammes de CO2 par kilomètre en 2021. En « intégrant » les véhicules électriques de Tesla, qui n'émettent rien, dans son décompte de parc des ventes, le conglomérat Italo-américain devrait pouvoir respecter les standards. Il s'agit donc d'une triche autorisée, ou plutôt d'une « optimisation des options offertes par la réglementations pour respecter les normes ».

Optimisation des règles

Pour Tesla, la vente des crédits-carbone permet d'empoche une belle petite somme (en « centaines de millions » donc), d'autant que le marché européen va gagner en importance maintenant que la Model 3 est disponible. Grâce à Tesla et ce rachat opportuniste, Fiat Chrysler va gagner du temps pour améliorer ses performances environnementales. Aux États-Unis, il s'est déjà offert des crédits-carbone de Tesla, Toyota ou encore Honda.

Fiat Chrysler (Jeep, Dodge, Ram, Chrysler, Maserati, Alfa Romeo et Fiat) ne pourra pas profiter éternellement de cette aubaine. Et le durcissement des règles en matière d'émission de CO2 le pousse vers l'électrification. Sur ce point, le groupe pâtit d'un retard certain par rapport à la concurrence déjà bien installée. Pour l'heure, son entrée dans la mobilité future prend la forme d'un concept car audacieux inspiré de la Panda.