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Essai du Doohan iTank 45, le scooter électrique à 3 roues aux allures de jouet

Avec ses airs de mini-quad à trois roues, le Doohan 100% électrique ne passe pas inaperçu. S'il a de bonnes performances au niveau de l'autonomie, la stabilité n'est pas idéale. Notre test complet.

En l'espace de quelques mois, Paris a vu ses rues inondées de scooters électriques en libre-service. Il n'est plus rare de voir la ligne ronde d'un Coup au détour d'un carrefour, ou de repérer le bleu électrique de la jupe d'un CityScoot garé au bord d'un trottoir.

Du côté des particuliers, pourtant, le scooter électrique n'est pas encore complètement rentré dans les mœurs, faute d'offres assez convaincantes. Mais de plus en plus de fabricants commencent à investir sérieusement le marché : après Niu, Unu et peut-être un jour Harley Davidson ou Vespa, c'est au tour du Chinois Doohan de se lancer sur le créneau, avec plusieurs modèles à trois roues appelés iTank. Importés par le groupe autrichien KSR en Europe, les modèles iTank et iTango sont disponibles depuis l'été 2018 en France.

Pendant quelques jours, la rédaction de Numerama a pu tester le iTank DB45, l'équivalent d'un scooter 50cc thermique, vendu à 2 999 euros en Europe. S'il est agréable à conduire et clairement astucieux, son côté « jouet » prend parfois le dessus, surtout lorsqu'il manque de stabilité.

Voici notre avis complet, à retrouver sur Vroom, notre nouvelle verticale liée à l'automobile de demain et à la mobilité du futur.

Un look qui sort de l'ordinaire

Après une demi-douzaine d'interpellations, nous avons arrêté de compter le nombre de remarques que l'on a reçues à chaque fois que l'on était à l'arrêt au feu rouge. Manifestement, le scooter électrique à trois roues de Doohan ne passe pas inaperçu. De nombreux passants et conducteurs de deux roues ont été intrigués par le look de l'engin, très carré, qui n'est pas sans rappeler les Lego de notre enfance.

Si le guidon est un peu loin du siège, on se fait rapidement à l'assise, plutôt confortable, de ce scooter qui prend clairement pas mal de place. Les deux emplacements pour les pieds permettent d'être très à l'aise, et il reste assez d'espace sous les bras pour poser un grand sac ou une petite valise. On peut rouler à deux sur le scooter sans souci — mais la personne à l'arrière aura du mal à se tenir ailleurs qu'à la conductrice, les poignées étant beaucoup trop basses pour un humain « moyen ».

Prise en main

Il faut quelques utilisations pour s'habituer aux bruits du scooter, volontairement cinglants. Un bip strident par ci, un violent tût par là... Le Doohan semble avoir été conçu pour des gens qui n'ont pas peur d'attirer l'attention sur eux et sans beaucoup de recherche -- on dirait des bruits stock qui ne sont pas passés par la case sound design si importante dans l'industrie. Un comble, pour un scooter si silencieux sur la route — aucun bruit artificiel de type « vroom » n'a été ajouté. Bonus tout particulier à l'alarme, que l'on enclenche lorsque l'on verrouille le scooter grâce au boîtier du porte-clé, et qui se déclenchera au quart de tour si vous frôlez la carrosserie.

Extrêmement léger, le scooter a des allures de jouet, mais un jouet qui va vite. La capacité d'accélération du moteur Bosch (1 490 W) est très impressionnante — même comparé à d'autres scooters électriques — et permet de dépasser d'autres deux roues au feu. Il dispose de deux vitesses :

Maniabilité et tenue de route

Contrairement aux apparences, les trois roues sur Doohan sont incontestablement son plus gros inconvénient. Vu qu'elles sont petites et rapprochées, elles ne permettent pas de tenir à l'arrêt sans poser le pied par terre, ni même de faire tenir tout seul le scooter. Une béquille latérale est donc nécessaire pour qu'il ne s'écroule pas une fois éteint.

Les deux roues parallèles à l'avant permettent évidemment de gagner un peu en stabilité, mais c'est aux dépens de la maniabilité : elles empêchent de tourner à 90 degrés, ce qui est très agaçant lorsque l'on essaie de manœuvrer entre les voitures, ou de réussir un joli créneau.

Derrière son apparence solide de « mini quad », le Doohan reste très fragile. L'avantage, c'est qu'il est ultra léger. L'inconvénient, c'est qu'on ne s'y sent pas toujours totalement en sécurité. À plusieurs reprises en temps pluvieux, il nous est arrivé de déraper à cause de la roue arrière qui patine. Un bon système de freinage serait pourtant nécessaire au vu de la capacité d'accélération de l'engin. De même, le chemin sur les pavés n'est vraiment pas sans encombre : le scooter sautille et il faut l'agripper fermement pour éviter de trop bouger.

Autonomie et charge

Le scooter Doohan n'est vraiment pas gourmand en énergie, et c'est très agréable sur des petits trajets. Un voyage de 5 km ne fera baisser la batterie que d'une petite barre. Vous pouvez compter largement 50 km d'autonomie avant qu'elle ne soit totalement déchargée.

Ces statistiques sont vraiment appréciables, notamment parce que la recharge de la batterie est un véritable parcours du combattant.

Notez le nombre de manœuvres, uniquement pour l'extraire du trois roues :

Une fois qu'on a pris l'habitude, ces actions peuvent être réduites à moins de 3 minutes, mais le manque de praticité est toutefois évident. Une fois la batterie extraite, il n'y a plus qu'à la charger chez vous : à noter que le ronronnement est un peu bruyant, on conseillera de la mettre dans une autre pièce et bien fermer la porte. Compter 4 heures pour une charge complète.