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44 pays en voie de développement se réunissent pour parler d’un futur autour du bitcoin

Le président du Salvador a annoncé que les représentants des autorités financières de plus de quarante pays allaient se réunir pour parler du bitcoin. La crypto-monnaie traverse une période difficile en ce printemps 2022. 

Moins d'un an après avoir ouvert la voie et fait du bitcoin une monnaie officielle, le Salvador va-t-il être imité par d'autres pays ? C'est ce qu'a laissé sous-entendre le président Nayib Bukele dans un message sur Twitter le dimanche 15 mai au soir. 

« Demain, les représentants de 32 banques centrales et de 12 autorités financières (44 pays) vont se réunir au Salvador pour discuter d'inclusion financière, d'économie numérique, d'ouvrir des comptes en banque aux exclus du système bancaire, du déploiement du bitcoin et de ces bénéfices pour notre pays », a-t-il expliqué. Un sacré programme, et peut-être le début d'une révolution autour du bitcoin, comme l'espèrent les fans de la crypto. 

https://twitter.com/nayibbukele/status/1526029996787216387

De quoi ils vont parler ? 

En tout, les représentants des institutions financières de plus de 40 pays vont se retrouver : il s'agit entre autres des représentants de São Tomé e Príncipe, du Paraguay, d'Angola, du Ghana, de Namibia, d'Uganda, de Guinée, de Madagascar, d'Haïti, du Burundi, d'Eswatini, de Jordanie, de Gambie, du Honduras, des Maldives, du Rwanda, du Népal, du Kenya, du Pakistan, du Costa Rica, d'Équateur, d'Égypte, du Nigeria, du Sénégal, de la République Dominicaine, de Mauritanie, du Congo, d'Arménie, du Bangladesh, et bien entendu, du Salvador. 

Il est intéressant de noter que les représentants de la Centrafrique, le deuxième pays au monde à avoir reconnu le bitcoin comme une monnaie officielle, ne font pas partie de la liste publiée par Nayib Bukele. Il s'agit cependant d'un rassemblement particulièrement conséquent. Il aura lieu à Bitcoin Beach, un des villages étendards de l'adoption de la crypto-monnaie au Salvador. La ville a d'ailleurs elle aussi publié un message sur Twitter pour se féliciter de la réunion, mais aussi, pour troller le Fonds Monétaire International, en lui disant ironiquement de « ne pas s'inquiéter ». 

https://twitter.com/Bitcoinbeach/status/1525165619154366465

La pique à destination du FMI ne sort pas de nulle part : l'institution financière a vertement critiqué en début d'année la politique du Salvador sur le bitcoin, estimant que le pays était « allé trop loin »Il s'agit pourtant d'une menace à peine voilée de la part de Bitcoin Beach : certains pays, lassés du système financier international, pourraient être prêts à en sortir et à se rallier au bitcoin. 

Mis à part le message publié par Nayib Bukele, il n'y a pas d'agenda précis des discussions qui vont avoir lieu. Il est cependant facile de s'imaginer que les représentants pourraient parler de l'adoption du bitcoin en tant que monnaie officielle. De nombreux pays présents à ce rassemblement figurent sur la liste établie par le cabinet KPMG des nations qui pourraient donner cours légal au bitcoin. 

Le début du bitcoin international ? 

Ce meeting est-il le début du bitcoin en tant que véritable instrument monétaire international ? Pour l'instant, il n'est pas sûr qu'à l'issue de ce rassemblement, tous les pays veuillent se mettre au bitcoin. Le Salvador a beau se vanter de son modèle et de l'adoption de la crypto, dans les faits, plusieurs études pointent du doigt le fait que les habitants ne font pas confiance au bitcoin. Surtout, près d'un an après l'adoption de la crypto-monnaie, seulement 20 % de la population utilise le bitcoin au Salvador, bien moins que ce qu’affirme le président. 

Le bitcoin est en chute depuis des mois // Source : Bermix Studio / Unsplash

Le fait que la République centrafricaine ne soit pas invitée laisse également perplexe, car il s'agit du deuxième pays au monde à reconnaitre le bitcoin.Or, seulement 11,4 % de la population du pays est connectée à Internet, alors qu'il s'agit d'un pré-requis pour effectuer des paiements en crypto-monnaies. Beaucoup voient l'influence de la Russie dans cette décision, qui pourrait se servir de la Centrafrique comme un moyen de contourner les sanctions financières internationales.

Le mois de mai 2022 est très difficile pour les cryptos : entre la chute du cours du bitcoin et le naufrage de la stablecoin UST et du LUNA, le secteur entier est en très forte baisseTant d'instabilités n'inspireront peut-être pas beaucoup de confiance aux institutions financières. Mais même si les annonces concernant une adoption du bitcoin comme monnaie légale n'ont pas lieu, il est intéressant de noter que, de plus en plus, les crypto-monnaies intéressent les instituions financières — et ce n'est pas un signal à prendre à la légère.