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Avec Rooms, Facebook arme Messenger pour concurrencer Zoom dans la visioconférence

Alors que Zoom fait la course en tête dans la visio, en ces temps de confinement, les géants du numérique essaient de combler leur retard. Facebook a ainsi levé le voile sur Rooms.

Le succès insolent de Zoom pendant cette période de confinement n'est pas passé inaperçu du côté des géants du numérique. Depuis quelques semaines, c'est le branle-bas dans les états-majors de la Silicon Valley pour éviter de se faire distancer par cette plateforme de visioconférence, qui reste très populaire malgré les multiples polémiques dont elle fait l'objet.

Après Google, qui a esquissé mi-avril un début de réponse avec Meet, c'est au tour de Facebook de descendre dans l'arène. Le 24 avril, le réseau social a levé le voile sur Rooms, un service de visioconférence qui se targue de pouvoir recevoir jusqu'à 50 personnes en même temps dans un salon de discussion. Assez, donc, pour accueillir par exemple toute une classe d'élèves.

Facebook dévoile Messenger Rooms

Rooms est en fait un prolongement de Messenger, car elle en reprend les fondations -- son nom complet est d'ailleurs Messenger Rooms. La création d'un salon peut néanmoins se faire aussi depuis le site principal du réseau social, tout comme la possibilité d'entrer dans une conversation déjà lancée. La firme de Palo Alto entend élargir cette faculté à ses autres possessions : WhatsApp, Instagram et Portal.

Surtout, Facebook a tenu compte des nombreux reproches qui ont été adressés à Zoom pour proposer une copie qui prête moins le flanc à la controverse. Ainsi, la plateforme se veut extrêmement simple d'utilisation, puisqu'il n'y a pas besoin de compte pour entrer dans un salon, dont l'accès se fait en cliquant sur un simple lien. Il suffit juste de rentrer un pseudonyme et c'est tout.

Mais alors, comment éviter que intrus et des fâcheux ne viennent perturber un cours en train d'être dispensé, une réunion de travail entre plusieurs collaborateurs, une leçon de sport pour garder la forme, une soirée apéritive malgré l'éloignement ou une partie de jeu de rôle à distance ? En proposant une série d'outils de modération, dont certains sont en mesure de s'activer automatiquement par sécurité.

Des outils de modérations

S'il suffit par exemple d'un lien pour rejoindre un salon, Facebook propose heureusement un réglage qui permet de le verrouiller lorsque l'appel démarre. Dans ces cas-là, il n'est plus possible d'y accéder, sauf si l'on n'est administrateur de ce salon. Par ailleurs, si d'aventure le créateur du salon n'est plus là, celui-ci se verrouille automatiquement. C'est aussi le cas quand un participant est éjecté, pour l'empêcher de revenir.

Une personne qui a été bloquée sur Facebook ou Messenger ne peut pas rejoindre un salon créé par l'internaute qui a voulu ce blocage. De fait, il lui sera aussi impossible de rejoindre les salons de l'autre partie. Seule limite : Facebook a besoin de « voir » la situation. Il faut donc les deux parties soient connectées à Facebook, chacune de leur côté, pour que le site sache quoi faire. Tout salon pourra si besoin être signalé.

Des restrictions s'appliqueront aussi par défaut pour protéger la confidentialité : l'accès au profil privé des membres dépendra des règles courantes du site: il faudra être ami avec un individu et être connecté au site pour voir son profil en détail. Sinon, seul le contenu du profil public sera présenté. Ce sera le cas pour quelqu'un n'ayant aucun compte, ou qui n'est pas connecté et n'est dans la liste des contacts.

Les liens des salons sont eux-mêmes assez complexes, promet Facebook, pour éviter que des indésirables ne s'invitent dans des visioconférences en tapant des adresses au hasard. Ils comportent notamment une suite de lettres et de chiffres aléatoires à la fin de l'URL. Dans l'hypothèse où cela se produirait quand même, il reste possible de verrouiller le salon et de dégager les importuns.

On apprend également aussi avec satisfaction que si, à un moment donné, on ne se sent pas en sécurité dans un salon, on peut partir à tout instant (sic). Ce n'est pas parce qu'un salon est verrouillé qu'il faut rester, note le réseau social. Encore heureux ! Il ne manquerait plus que l'on ne puisse pas fermer l'onglet ou la fenêtre de la discussion. Mais sans doute fallait-il rappeler l'évidence.

Absence du chiffrement total des salons

En ce qui concerne la sécurisation des données, le transport de la vidéo et de l'audio est protégé par les mêmes protocoles cryptographiques qui protègent déjà les conversations via Messenger. En revanche, le chiffrement de bout en bout (c'est-à-dire rendre la vidéo et l'audio illisibles pour tout le monde, sauf les participants à la discussion), n'est pas fourni. C'est néanmoins envisagé.

« Bien qu'il soit très difficile de fournir un chiffrement de bout en bout pour les appels vidéo avec de larges groupes de personnes, explique Facebook, nous travaillons activement dans cette direction pour Messenger et Rooms ». Messenger propose du chiffrement de bout en bout, mais il s'agit d'une option à activer et elle est peu mise en avant. C'est censé changer, mais pour l'instant c'est le statu quo.

Évidemment, cette absence de protection supplémentaire -- qui existe pourtant par défaut sur WhatsApp, mais il est vrai pour un plus petit nombre de participants -- interroge sur ce que peut voir Facebook. En la matière, l'entreprise veut assurer: « que vous utilisiez les salons via votre compte Facebook ou que vous vous inscriviez en tant qu'invité, nous ne regardons ni n'écoutons vos appels audio ou vidéo ».

Quant aux données et aux publicités, Facebook assure que les premières se limitent à des informations techniques pour améliorer le service (quel appareil, quel navigateur, etc.) et des statistiques, tandis que les secondes n'existent tout simplement pas. Rooms n'a pas la moindre publicité et aucune donnée relative aux internautes n'est collectée pour affiner le profilage publicitaire de tel ou tel membre.

Reste une dernière question : quel est le calendrier de déploiement de Rooms ? Là dessus, Facebook entretient un certain flou artistique : plusieurs pays vont commencer à y avoir accès la dernière semaine d'avril, mais on ne sait pas lesquels. Les autres nations y auront droit dans les semaines à venir. Il reste à voir si le public suivra, les projets de Facebook n'ayant pas toujours été couronnés de succès.