61 % des utilisateurs d'enceintes connectées pensent qu'elles « constituent une menace pour leur vie privée », rapporte une étude du CSA et de l'Hadopi de 2019. Un paradoxe qui montre l'ambivalence du marché français encore balbutiant.

Les Français sont-ils réfractaires aux enceintes connectées ? C’est ce que laisse penser l‘étude qui vient d’être rendue par l’Hadopi et le CSA, ce 28 mai 2019, intitulée Assistants vocaux et enceintes connectées : l’impact de la voix sur l’offre et les usages culturels et médias.

On y apprend notamment que «  seulement 10 % des internautes français de 15 ans et plus ont déjà utilisé une enceinte connectée », et que ce pourcentage tombe à 7 % pour les 30 jours précédent leur enquête.

Google Home // Source : Numerama

Cette enquête a été réalisée en février 2019 par Harris Interactive auprès de 2 505 individus représentatif des internautes français. La liste a été complétée «  par un sur-échantillon de 100 utilisateurs d’enceintes connectées au cours des 30 derniers jours » afin d’obtenir plus d’information sur les usages des (quelques) Français qui utilisent ces enceintes.

Plus de la moitié des utilisateurs craignent pour leurs données personnelles

Par rapport au marché américain, ce pourcentage est extrêmement faible. Aux États-Unis, «  environ 60 millions d’Américains étaient équipés d’enceintes connectées en décembre 2018, soit environ 25 % de la population adulte », précise le rapport. Évidemment, ces objets connectés sont arrivés plus tard dans l’hexagone : Google Home à l’été 2017, Amazon Echo en juin 2018 et le Homepod d’Apple dans la foulée.

Au vu des pratiques des utilisateurs soulignées par ce rapport, il est évident que le marché français est encore balbutiant, voire instable. Une question de l’étude montre combien l’utilisation des enceintes connectées est paradoxale : plus de la moitié des utilisateurs interrogés estiment « craindre pour la confidentialité de leurs données personnelles » (62 %) tandis que 61 % pensent « que les enceintes connectées constituent une menace pour leur vie privée ».

Ce constat est tant impressionnant qu’il semble aberrant : près de deux tiers des Français qui utilisent une enceinte connectée estiment que celle-ci ne les protège pas bien… mais l’utilisent quand même.

Hadopi/CSA

Et ce, alors même que les usages de ces utilisateurs (qui consistent, en immense majorité, à écouter de la musique ou la radio) pourraient très bien se reporter sur des enceintes bluetooth « non intelligentes », pour exactement le même résultat.

Pourquoi donc investir dans les enceintes des géant du web, « nourries » par leurs assistants audio ? Beaucoup soulignent l’aspect ludique (qui « plaît aux enfants ») des appareils, tout comme une envie d’être à la pointe du progrès technologique. Notons que la majorité des utilisateurs se tournent toutefois vers ces enceintes pour « demander la météo » ou « écouter la radio ».

Hadopi/CSA

Malgré toutes ces limites, le rapport CSA/Hadopi semble très optimiste sur les projections de pénétration de ces objets dans notre quotidien. Le rapport estime que 36 % des foyers français seront équipes d’ici 2025, lui prédisant un avenir similaire aux tablettes.

Hadopi/CSA

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