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Test du Cowboy : peut-on faire confiance à un vélo électrique dépendant d'un smartphone ?

Le vélo à assistance électrique Cowboy débarque en France dans sa version estampillée 2019. Que penser de cet engin à deux roues « smartphone first » ?

Le vendredi 26 avril 2019, Cowboy arrivait en France. Qui ? Cowboy : un VAE typé VTT, pensé pour la ville et créé par les fondateurs de la startup de livraison malheureuse Take Eat Easy. Un pivot osé, mais qui a été accueilli en Belgique avec chaleur : le vélo à assistance électrique a été plutôt apprécié par la presse et les premiers acheteurs.

C'est donc peu dire que la sortie du Cowboy en France était attendue, sur un marché où les sorties s'intensifient et où tous les acteurs ne pourront pas tous survivre. Pour un vélo à  1 000 € de moins que la solution proposée par les Hollandais de VanMoof, mais avec des promesses haut de gamme non dissimulées, nos attentes étaient en tout cas élevées.

Nous avons pu tester le Cowboy en France dans sa version commerciale, en avant-première, pendant 4 jours. Nous l'avons utilisé pour tous nos trajets, sur une quarantaine de kilomètres à Paris et en proche banlieue, notamment sur des trajets boulot-maison.

Design et fonctionnalités

De prime abord, le Cowboy adopte un look qu'on n’a pas l'habitude de voir sur des vélos de ville. C'est clairement un engin à deux roues typé VTT, avec son guidon droit, son cadre haut et sa selle effilée. On est assez loin de ce que peut faire VanMoof, tout en courbes, mais le Cowboy garde ces tons très sombres qui semblent être à la mode sur cette génération de VAE qui essaie de se démarquer.

La batterie, amovible, est visible à l'arrière du cadre, mais elle est suffisamment bien intégrée pour ne pas jurer avec l'ensemble. On aime beaucoup cet effort. Comme souvent en revanche, le vélo est grand : il faudra faire plus de 1 m 70 pour en profiter. La taille moyenne d'une femme en France étant d'1m65, cela risque de réserver le produit à un public majoritairement masculin.

En faisant le tour du propriétaire, on remarque immédiatement des pédales larges, les freins disques hydrauliques, les immenses phares à LED à l'avant et à l'arrière, la courroie de transmission préférée à une chaîne et des pneus qui brillent par leur... texture. En effet, on se retrouve avec des pneus entièrement lisses qui semblent adaptés à un paysage urbain, mais dénotent un peu avec le look tout terrain du vélo. Quelques finitions semblent avoir été laissées de côté : on pense aux boucles de serrage en plastique sur l'arrière du véhicule qui tiennent les câbles du moteur et les vis pour ajuster la selle qui ne sont pas à l'endroit indiqué dans le manuel. On a d'ailleurs l'impression que le vélo et son application compagnon ont été bien changés après le tirage -- nous y reviendrons.

Bien entendu, on remarque très vite le moteur à l'arrière, relié par la courroie au bloc pédales. Ce vélo à vitesse unique fait une seule promesse à ses utilisateurs et utilisatrices : les assister intelligemment dans leurs trajets quotidiens. Pour cela, Cowboy a installé un capteur de couple et ajuste la puissance du moteur « intelligemment » selon la situation. Par exemple, un démarrage partant de 0 km/h aura un gros boost et une descente sera sans boost. Risqué, car le vélo a plutôt intérêt à savoir ce que veut vraiment l'utilisateur.

Enfin, 21e siècle oblige, Cowboy vend autant son vélo que son app. Ne le cachons pas : pour nous, c'est un véritable problème, philosophique avant d'être fonctionnel. En effet, le Cowboy ne démarre et ne s'arrête que grâce à l'app liée. Smartphone en rade de batterie ? Smartphone volé ? Bluetooth qui bug ? Vous n'allumerez pas votre vélo et il faudra faire avancer 16 kg d'aluminium, sans vitesse, à la force des jambes. Et même si, oui, en 2019, un smartphone est toujours dans notre poche, peut-on imaginer un instant la situation où Cowboy mettrait la clef sous la porte et ne maintiendrait plus son app ? On se retrouve avec les mêmes problématiques que sur un gadget à quelques dizaines d'euros, mais avec un moyen de transport à plusieurs milliers.

Vous aurez la décision finale, mais il faut être conscient de cette limite bien réelle avant de craquer pour un Cowboy, qui n'a pas pensé à intégrer un bouton mécanique de secours.

Au rang des regrets, on peut également noter l'absence de béquille (qui a besoin de stabiliser son vélo à peu près partout ? TOUT LE MONDE, voilà qui), de sonnette, de système de sécurité intégré ou de garde-boue, au nom du design. Tant pis pour les flaques.

Intelligence très artificielle

La première prise de contact avec le Cowboy, équipé pour l'occasion d'un des meilleurs accessoires vélo du monde, est agréable. On lance l'application, elle se connecte en quelques secondes au vélo, on déverrouille et on fait quelques tours de pédale pour sentir, immédiatement, le vélo qui vient donner sa puissance moteur aux tours de roue. Cela avance bien et on file assez vite à une vitesse de croisière entre 25 et 30 km. Pour rester dans le cadre de la loi, le moteur n'accompagne qu'à cette limite.

On se met alors sur le bas côté pour préparer un vrai trajet et les limites de l'app sautent aux yeux. Déjà, elle ne correspond pas à celle mise en avant dans le guide, qui a l'air bien mieux. Très rigide à l'usage, elle propose des trajets intelligents avec un GPS qui s'avère complètement inutile. La partie carte n'occupe en effet qu'une moitié de l'écran et il est impossible de toucher ou zoomer sur cette partie. Résultat, la flèche qui représente notre vélo masque presque tout le temps la rue qu'on doit prendre : on ne sait jamais laquelle choisir quand on doit tourner par exemple.

Mais si on fait abstraction de cela, on se rend compte que le GPS est encore plus idiot qu'imaginé. Fournies par Mapbox, les informations sont mauvaises. Par trois fois, l'app a essayé de nous faire passer par des parcs fermés. Impossible de choisir un itinéraire bis et l'app est clairement insistante : il faut s'éloigner d'un bon kilomètre de l'impasse pour qu'elle recalcule automatiquement un trajet. Après ces ennuis à répétition, nous avons arrêté de l'utiliser... un service qui n'est pas fiable et qui ne répond pas à nos besoins n'a pas à figurer sur un outil qu'on utilise au quotidien.

Et ce constat est un peu celui qu'on pourrait faire sur ce vélo, après 4 jours d'utilisation. Le Cowboy est un vrai bonheur... quand il fonctionne. Mais sur le modèle que nous avons essayé, les problèmes ont été nombreux. Le premier est peut-être un coup de malchance -- les modèles moins bien contrôlés existent et l'erreur était peut-être unique : par deux fois, le moteur s'est tout simplement arrêté. Rien n'a pu le redémarrer, ni l'app, ni le retrait de la batterie. C'est comme s'il avait bugué. La première fois, il a redémarré après une pause de deux heures. La seconde, il s'est remis en marche après 30 mn de trajet... sans que l'app détecte qu'il fonctionne. J'ai préféré avoir le moteur et pas l'indication de boost que l'inverse, mais tout de même.

Le deuxième souci est peut-être plus problématique, car il concerne le vélo en lui-même. La promesse d'une assistance intelligente est loin d'être tenue par Cowboy. Sur les démarrages, rien à redire : le vélo donne la patate nécessaire pour que l'effort soit minimisé. En revanche, dès qu'on passe sur des faux plats ou des montées, le comportement n'est pas du tout celui qu'on attend d'un vélo qui doit nous amener d'un point A à un point B, de préférence sans transpirer. La conduite est très sportive et bien souvent, il faut pédaler à un rythme soutenu pour maintenir une vitesse de croisière. On se fatigue vite, ce qui n'est pas un problème pour les déplacements loisirs, mais le devient pour les trajets jusqu'au boulot.

On ne comprend pas du tout en revanche le comportement en côte. Sur les collines de Montreuil, voir le moteur à 15 % de sa puissance alors que le vélo ne dépasse pas 10 km/h et que notre effort est maximal nous fait nous dire qu'il y a un problème d'interprétation. C'est à ce moment-là qu'on aimerait le voir mettre toute sa puissance et pas nous laisser galérer. Les faux plats, plus fréquents, représentent aussi ce souci : on se sent jamais suffisamment portés et on ne sait pas comment pédaler pour déclencher le boost. Moins pour qu'il accompagne plus ? Plus pour qu'il comprenne qu'on souhaite aller plus vite ? Rien n'y fait. L'intelligence du véhicule choisit à votre place et dans notre cas, elle choisit mal.

On se retrouve avec un dilemme difficile à trancher : peut-on aimer un vélo qui approche l'excellence uniquement pendant les minutes où il en a décidé ainsi ?