Facebook a décidé de fermer le système de paiement entre particuliers de Messenger. Une décision qui pourrait s'expliquer par des revenus trop bas.

«  Nous souhaitons vous annoncer par avance que nous allons mettre un terme à notre service de paiement de pair à pair le 15 juin 2019. » Ce message est celui que Facebook a envoyé à tous les internautes européens utilisant la fonctionnalité de paiement entre particuliers de Messenger. Le service, lancé en 2015 aux États-Unis et en 2017 au Royaume-Uni et en France, n’aura donc pas fait long feu en Europe.

Les transferts d’argent via Facebook seront toujours accessibles, mais plus limités qu’auparavant. Le communiqué indique ainsi qu’il sera « toujours possible de compléter certaines transactions, comme des dons à des œuvres de charité ». La société de Mark Zuckerberg a donc précisément décidé de mettre de côté le système P2P. Facebook France nous a confirmé l’abandon du service sur notre territoire.

S’improviser comme banque, facile à dire

La déclaration d’un porte-parole de la compagnie à Engadget laisse penser que le manque de succès du service serait à l’origine de son arrêt : « Après évaluation (…), nous avons pris la décision de concentrer nos efforts sur des expériences que les gens trouvent plus utiles. » La fonctionnalité de paiement aurait donc été boudée par les européens, ou plus précisément par les Français et les Britanniques puisqu’ils étaient les seuls à y avoir accès.

Mais en réalité, le déploiement de la fonctionnalité en France a été chaotique. Après une annonce en grandes pompes que nous avions couvert sur Numerama, Facebook n’a… rien fait. Des semaines se sont écoulées avant que les premiers utilisateurs aient un accès à la fonctionnalité, jamais mise en avant sur Messenger. Nous avons vérifié plusieurs fois la disponibilité chez nous et, quelques mois plus tard, rien n’était apparu.

Un service trop ambitieux ?

À croire que les ambitions du géant américain, qui avait promis des transactions sans frais et des partenariats avec toutes les banques, ont été mises à mal par la réalité du marché bancaire. À titre de comparaison, même un géant comme Apple, pourtant puissant, n’arrive pas à convaincre toutes les banques françaises d’adopter Apple Pay. Pourquoi auraient-elles collaboré avec Facebook sur ce projet ? Sans signe du paiement ou de son déploiement et sans campagne de communication, difficile de convaincre des utilisateurs de la messagerie de s’y mettre.

Une inertie en Europe qui se retrouve dans les résultats du quatrième trimestre 2018 de Facebook : dans la catégorie « paiements », le vieux continent ne rapporte que 64 millions de dollars à la firme contre 187 millions de dollars pour les États-Unis et le Canada. Il est donc probable que les revenus générés par le service aient été jugés trop modestes par Facebook.

L’argent rapporté par les systèmes de paiements de Facebook. // Source : Facebook

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