En 1977, les Nations unies ont officialisé l’organisation de la journée internationale des droits des femmes, instituant une initiative militante née au début du siècle. Le 8 mars, parfois présenté à tort comme « la journée de la femme », fait partie des 87 journées internationales reconnues par l’ONU.

Comme l’année passée, Google profite de l’événement pour féminiser son Doodle, le logo interactif affiché sur la page d’accueil de son moteur de recherche. En 2017, l’entreprise de Mountain View choisissait de présenter des femmes célèbres (une scientifique, une journaliste, une mathématicienne, une artiste et une sportive) ; un an plus tard, Google prend le parti de mettre à l’honneur des « femmes de tous les jours, vivant dans le monde entier  ».

Des « femmes de tous les jours »

Google a ainsi pris contact avec douze artistes, en leur proposant de partager « un moment, une personne ou un événement qui a eu une incidence sur leur vie en tant que femmes ». Le Doodle fait ainsi figurer douze récits visuels différents, à dérouler par l’intermédiaire d’un menu. L’ensemble a été traduit dans plus de 80 langues différentes.

Google invite également les femmes à publier leurs propres histoires sur les réseaux sociaux, via le hashtag #HerStoryOurStory.

Anna Haifisch

Dans son récit intitulé Novembre 1989, l’artiste Anna Haifisch raconte comment la « plus belle opportunité de sa vie » lui a été offerte par « 320 000 manifestants pacifiques » qui ont défilé dans les rues de sa ville. Elle fait ici référence à la chute du mur de Berlin, expliquant que l’événement a permis aux femmes de « décider de [leur] avenir ». « J’ai pu choisir de devenir artiste », écrit la dessinatrice.

Anna Haifisch est née à Leipzig en 1986 ; à cette époque, l’Allemagne est partagée en deux et Anna Haifisch vit du côté est. À sa majorité, elle intègre une école d’arts visuels à Leipzig, où elle parfait ses talents d’illustratrice. En 2008, elle part vivre un an aux États-Unis, où elle travaille dans un atelier de sérigraphie. Elle obtient son diplôme en 2011, et exerce désormais son métier de dessinatrice dans sa ville de naissance.

Chihiro Takeuchi

Le récit de Chihiro Takeuchi s’intitule Des âges et des étapes. L’artiste y narre, en images poétiques, les différentes étapes de sa vie. Elle s’imagine tantôt musicienne, cosmonaute ou policière, avant de finalement trouver sa voie en tant qu’artiste.

Chihiro Takeuchi est née en 1971, à Osaka au Japon. Passée par l’université d’art de Musashino, elle s’est fait une spécialité de l’usage du papier découpé dans ses œuvres. L’un de ses ouvrages, Can You Find My Robot’s Arm ?, est le premier de ses livres d’images à avoir été traduit en anglais. L’artiste expose notamment ses compositions en papier découpé sur son site.

Estelí Meza

« Ma tante est quelqu’un de joyeux », raconte Estelí Meza dans son récit baptisé Ma tante rayonne. Avec délicatesse, l’artiste raconte comment sa tante a été touchée par le cancer, « arrivé sans prévenir » et qui a changé sa vie. Estelí Meza explique alors que sa tante a « pris conscience de sa force », faisant d’elle une femme rayonnante.

Estelí Meza est une artiste mexicaine, née en 1980. Après des études de design et de communication visuelle à l’université nationale autonome du Mexique, elle a collaboré avec différentes maisons d’édition pour illustrer des livres destinés aux enfants.

Francesca Sanna

Francesca Sanna a choisi de parler des moments où elle se sent « enfermée dans une boîte sombre, où tout semble difficile et accablant ». Elle craint de ne plus jamais pouvoir en sortir, mais s’aperçoit alors qu’elle n’est pas seule et qu’une autre femme lui tend la main. Elle se retrouve alors entourée d’autres femmes, qui la prennent dans leurs bras.

Née en Italie, Francesca Sanna exerce aujourd’hui le métier d’illustratrice et designer graphique à Zurich, en Suisse. Ses illustrations, qu’elle expose sur son site, sont notamment publiées dans des livres pour enfants.

Isuri

L’incroyable Aarthi est le nom du récit d’Isuri intégré à ce Doodle. L’artiste y représente la vie d’une femme, qui prend soin de deux jeunes enfants et travaille dur pour leur apporter ce dont ils ont besoin. La nuit venue, elle part pêcher et se mesure à un poisson extraordinaire.

Isuri est une artiste sri-lankaise. Diplômée du Columbus College of Art and Design en 2012, elle illustre désormais des comics et des livres d’images, non sans une certaine dose d’humour, et avec un penchant pour le fantastique.

Karabo Poppy Moletsane

Dans La victoire de Ntsoaki, Karabo Poppy Moketsane raconte l’histoire d’ « une fille destinée à vivre à contre-courant ». Ntsoaki veut participer, en compagnie des jeunes garçons, à un rituel de passage vers l’âge adulte, consistant à se battre avec un lion. L’autorisation lui est accordée, et la femme surprend tout le monde en dansant pour amadouer le lion. Depuis, il paraît que « ce sont les lionnes qui s’occupent de la chasse ».

Karabo Poppy Moletsane est une illustratrice, graphiste et street artist originaire d’Afrique du Sud. Détentrice d’un bachelor en communication visuelle, elle aime représenter la culture sud-africaine dans ses œuvres. Elle vit actuellement à Johannesburg.

Kaveri Gopalakrishnan

Le récit de Kaveri Gopalakrishnan commence, comme son nom le laisse supposer, sur un toit. Une enfant y amasse des livres, et se plonge en pleine lecture. Peu à peu, elle se change en un majestueux oiseau, qui prend son envol.

L’illustratrice indépendante Kaveri Gopalakrishnan est indienne, et vit à Bangalore. Interrogée sur sa création pour ce Doodle, elle explique avoir eu envie de se replonger dans ses propres souvenirs d’enfance, et sa soif de lecture, dans ce récit.

Laerte

Dans son récit intitulé L’amour, Laerte esquisse les étapes d’une rencontre amoureuse entre une femme et un homme. Lors d’un rendez-vous au cinéma, la femme fait tomber sa carte d’identité, sur laquelle son compagnon voit que figure une photo d’homme. Il se met en colère, et s’en va. La femme le siffle pour qu’il revienne la voir, et elle lui montre son cœur. Il fait de même, et tous deux partent main dans la main.

Laerte est une illustratrice et une scénariste brésilienne, à laquelle Netflix a récemment consacré un documentaire. La dessinatrice transgenre a fait son coming out à l’âge de 59 ans, et s’inspire de sa propre transition dans ce récit.

Philippa Rice

La confiance s’ouvre sur les questionnements d’une future mère, qui se demande « Pourquoi mon bébé devrait-il me faire confiance ?  ». Elle ne cesse de s’excuser à chaque fois qu’elle s’occupe de son enfant, et a l’impression de ne pas savoir comment s’y prendre. Heureusement, elle est entourée d’autres jeunes mamans, qui l’aident à prendre confiance en elle.

Philippa Rice est une illustratrice britannique, qui vit à Nottingham. Elle est connue pour son ouvrage Soppy, dans lequel elle dépeint la vie d’un couple. Dans ce Doodle, elle choisi de s’intéresser au sentiment d’insécurité qui peut toucher les jeunes mères.

Saffa Khan

L’illustratrice évoque dans son récit baptisé Chez Moi les dimanches passés avec sa famille dans le marché de sa ville. Sa mère choisissait avec soins les tissus, pour confectionner des vêtements pour l’Aïd. Dans son école, Saffa Khan se remémore ses institutrices, les « femmes les plus généreuses et les plus fortes » qu’elle connaît, et remercie ses parents : « Ma maison, c’est là où vous êtes ».

Née en 1994, Saffa Khan est une illustratrice pakistanaise, qui vit aujourd’hui à Manchester. Ses œuvres s’inspirent de nombreuses thématiques, évoquant l’identité, la culture, la religion et les pensées intimes.

Tillie Walden

Dans Ces instants-là, Tillie Walden raconte s’être sentie différente des autres dès l’âge de 5 ans. Plus tard, elle se découvre un talent de dessinatrice, et y consacre toute son énergie. À 21 ans, elle explique se sentir forte et être devenue « une personne que rien ne peut arrêter ».

Tillie Walden est née en 1996. Cette américaine s’est fait remarquer en 2015, lors de la publication de sa bande dessinée On a Sunbeam. Après ses études au Center for Cartoon Studies, elle publie en 2017 sa bande dessinée autobiographique Spinning, dans laquelle elle raconte son expérience du patinage artistique.

Tunlaya Dunn

Passer le relais met en scène un groupe de femmes, qui se réconfortent mutuellement avant le départ de trois d’entre elles. Après ces trois protagonistes, une autre femme se trouve des alliées, avant de partir à son tour. C’est alors qu’elle rencontre une autre femme, qui lui ressemble étrangement.

L’artiste Tunlaya Dunn vit à Bangkok, en Thaïlande. Elle travaille en tant que graphiste et illustratrice. Elle expose son travail sur son Tumblr, et aborde dans ce Doodle le thème de la sororité et de l’entraide entre les femmes.