Pour lutter contre le phénomène de l'émotion à géométrie variable - qui suppose que l'on se montre plus ou moins ému d'un drame selon sa proximité physique -, un réseau neuronal développé par le MIT transforme les photos de votre ville en zone frappée par une catastrophe.

À chaque drame de grande ampleur, qu’il s’agisse d’un attentat, d’une catastrophe naturelle ou d’un accident, des élans de solidarité voient le jour, généralement au sein du pays concerné ou dans les États voisins.

Mais les internautes ont tendance à rester plus indifférents dès lors que le drame survient loin de chez eux, à distance de personnes ou de lieux qu’ils pourraient connaître : cette émotion à géométrie variable a fait l’objet de nombreuses débats et analyses aux cours des années.

Pour inciter l’homme à plus d’empathie, des spécialistes de l’intelligence artificielle au sein du prestigieux MIT, aux États-Unis, ont créé l’IA Deep Empathy, capable de transformer une simple photo de quartier en zone frappée par une catastrophe. L’idée est simple : si vous avez du mal à vous sentir concerné(e) par les bombardements de la ville de Alep, en Syrie, vous serez probablement plus touché(e) en visualisant votre propre quartier détruit par un tel événement (fictif).

Paris, passé par le prisme de Deep Empathy

Visée sociale

C’est ce qu’explique Pinar Yanardag, l’une des porteuses de ce projet soutenu par l’UNICEF, à Digital Trends : « Les chercheurs et les artistes ont déjà utilisé cette technique pour créer des œuvres artistiques par le passé, en transformant des photos à la Van Gogh, mais il s’agit ici d’une des premières utilisations en vue [d’une avancée sociale]. »

Elle précise que l’équipe a également testé son réseau neuronal sur « différents types de catastrophes, tels que des tremblements de terre et des incendies », et que ces essais ont donné lieu à des « résultats prometteurs ».

Pour Zoe Rahwan, une autre membre de l’équipe, cet outil a valeur de test : « L’idée, c’est de comprendre si l’IA peut être utilisée pour susciter l’empathie à l’égard des victimes de catastrophe qui se trouvent à grande distance. Nous avons tous un ensemble de préjugés qui peut limiter l’attention que l’on porte à des personnes différentes, ou nous rendre indifférents à de nombreuses morts ou blessures. Nous espérons que Deep Empathy permettra de surmonter ces préjugés. »

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