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Shadow : 15 questions pour tout savoir sur le PC dans le cloud made in France

Alors que le cloud gaming commence à prendre plusieurs formes chez les géants de la tech, les Français de Shadow avancent. Pour comprendre comment fonctionne ce PC dans le cloud étonnant, nous vous proposons une FAQ complète.

Dossier mis à jour le 19/04/2019.

Blade Shadow : Qu'est-ce que c'est ?

Simple : un ordinateur distant dans le cloud, pensé pour les usages des gamers. Comprenant que le cloud computing arrivait à maturité et que les connexions très haut débit devenaient plus accessibles, aussi bien en fibre, en 4G et bientôt en 5G, quatre Français ont eu l'idée de créer une offre de cloud computing orientée joueurs PC dans un premier temps. Pour eux, c'est une niche exigeante qui leur permet de proposer un produit au-delà des attentes des consommateurs plus grand public qui pourront être ciblées dans un deuxième temps.

Contrairement à GeForce Now ou Google Stadia, il ne s'agit pas exclusivement de cloud gaming car Shadow propose l'accès à une machine complète à distance. Vous avez votre Windows, votre espace disque et vous achetez vos jeux et logiciels sur des plateformes en ligne.

En gros, la mission est de reproduire le fonctionnement de votre PC de bureau, à distance. Audacieux, difficile à perfectionner, mais dans l'ordre du possible avec les technologies d'aujourd'hui. Et force est de reconnaître que Shadow a de l'avance par rapport à la concurrence, malgré de nombreux défauts liés à la jeunesse, notamment technique, du produit.

À quoi ressemble le boitier ?

Le boîtier original ressemble à cela.

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En 2019, un nouveau boîtier nommé Ghost a été dévoilé.

Il s'agit d'un petit boîtier à la connectique fort classique. On regrette l'absence d'un port micro / jack différencié, d'USB-C ou de DisplayPort en 2019.

Cela vous permet de brancher un écran, des espaces de stockage (clé USB, HDD externe etc.) et des accessoires (manettes, souris, claviers, webcam, etc.). La forme de la machine a été conçue pour s'intégrer sur un bureau et devenir invisible : on peut se débrouiller pour la cacher derrière un écran.

Si vous souhaitez un peu d'histoire, Numerama avait eu accès aux premières versions bêta du premier boîtier, bien dénudées :

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Le SoC embarqué est capable de traiter des flux vidéo HEVC  conformes à la norme H.265, proposé en plus du H.264 par Shadow et d'exécuter le client Shadow de la plus fluide des manières. Enfin, l'engin affiche un TDP, ou enveloppe thermique globale, de 12 à 25 W.

Quelle(s) configuration(s) de PC ?

Côté serveur, la première configuration proposée est celle d'un PC à environ 1 500 euros :

Nous nous questionnons sur la présence de l'Intel Xeon au lieu d'un Core i7, mais l'équipe nous a certifié que les performances étaient les mêmes. Il semble qu'il s'agit précisément de deux Intel Xeon E5 (2650)  en 24 cœurs (48 threads à 2,2 GHz) partagés entre plusieurs clients. La GTX 1080 ainsi que les serveurs sont fournis par Asus, également partenaire de Shadow, tout comme Nvidia.

Shadow n'a pas mis à jour ses configurations en 2019 et n'a donc pas encore déployé de cartes RTX. L'entreprise promet que la configuration permet de faire de la 4K à 60 Hz ou du 1080p à 144 Hz. C'est un best case scenario qui dépendra de votre connexion.

Quels sont les clients Shadow proposés ?

Il est possible d'accéder à sa machine depuis un client et pas seulement depuis le boîtier fourni. Les clients Windows, macOS et Android sont disponibles. Il suffit d'aller sur son compte client pour retrouver les liens. Les clients mobiles permettent d'accéder à Shadow sur des tablettes et des smartphones, mais au-delà du gimmick et de la démonstration, on se demande bien à quoi cela sert : jouer à un jeu PC sur un écran tactile est pas loin d'être impossible.

Notez également que le client Android est compatible Android TV : nous avons ainsi pu essayer Shadow sur une TV Philips équipée du système de Google. Vous pouvez ensuite utiliser des accessoires comme une manette Xbox et hop, votre PC dans le cloud devient une console de salon dans le cloud.

Le client Mac est l'un des plus avancés et permet de dire qu'il est possible, en 2019, d'avoir des jeux vidéo sur Mac. C'est celui que nous utilisons le plus à la rédaction. On regrette en revanche que Shadow n'ait pas intégré un mapping intelligent du clavier : copier coller un @ après avoir tapé arobase dans Google a du charme, mais ce n'est pas très pratique.

Est-ce une machine partagée ?

Il y a effectivement des ressources partagées, comme le CPU et la mémoire vive, mais pour ce qui est de la carte graphique, ou du stockage, ces composants sont dédiés à votre machine.

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Il s'agit donc d'une offre différente de ce que l'on peut habituellement trouver dans les offres cloud. Pas sûr que Shadow poursuive indéfiniment sur cette voie : attribuer une carte graphique par compte est coûteux et inutile (c'est une ressource perdue quand vous ne l'utilisez pas).

Quid des jeux et des logiciels ?

Le PC est fourni avec une licence Windows 10 (incluse), et c'est tout. Il ne s'agit pas à proprement parlé d'une offre cloud, comme ce que propose Nvidia avec GeForce Now ou pourrait proposer Google avec Stadia, mais d'un accès à une machine à distance. Vous faites ensuite ce que vous voulez avec la machine : les jeux et logiciels s'installent comme sur un vrai PC et l'utilisation que vous en faites est de votre responsabilité.

À quelle qualité d'image s'attendre ?

Le système s'adapte à l'écran jusqu'à une définition 4K, et une fréquence de 60Hz (144Hz en Full HD). Le flux de données est encodé en H.264 ou H.265 selon une compression et une méthode qui a été raffinée depuis les premiers tests. D'ailleurs, plusieurs brevets sont (ou vont être) déposés autour des technologies mises en œuvre.

En bref : si votre connexion le permet, vous aurez une qualité d'image optimale, que cela soit en définition, en nombre d'images par seconde mais aussi en qualité de compression. En blind test en conditions idéales, difficile de faire la différence entre Shadow et un ordinateur local. En pratique, les aléas de votre connexion et les éléments particuliers de votre configuration peuvent entraîner ralentissements, lags ou incompatibilités.

L'offre est disponible pour les versions ADSL 2+ et VDSL, avec quelques limites, mais reste confortable.

Quelle latence en jeu ?

C'était un des points sensibles de l'affaire. Pour démontrer l'efficacité de leur solution, l'équipe de Shadow s'est tournée vers une équipe pro d'Overwatch, des joueurs de CS:GO mais aussi un des champions français de Street Fighter. Tous ces joueurs pro ont validé le concept : en conditions idéales, la latence est quasi parfaite et ce que Shadow propose ne change en rien l'expérience de jeu.

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La latence (en fibre) est de 1 à 10 ms en fonction de votre FAI. Une fibre optique 10 Gbs/s a été installée directement vers Orange et Free. Toutes les histoires de peering ont été au cœur des problématiques de la jeune société. Chaque client a accès à un débit de 1 Gb/s asymétrique, ce qui permet de télécharger un jeu de 40 Go en quelques minutes.

En pratique, ce serait mentir que de dire que tout est tout le temps parfait. Shadow est dépendant de votre connexion et même une bonne fibre en termes de débit ne l'est peut-être pas en termes de latence. Le mieux reste de tester chez soi un mois sans engagement avant de craquer.

Quel débit pour en profiter ?

Shadow a été lancé en avant-première pour les clients équipés de la fibre optique. Fin novembre 2017, la startup a annoncé avoir travaillé sur ses algorithmes de compression et d'envoi d'un flux vidéo en temps réel pour rendre compatible sa technologie avec les foyers en ADSL 20 Mb/s. En pratique, nous avons vu de la bureautique s'afficher sans souci avec une connexion à 2 Mb/s et des jeux tourner (c'était moche mais fluide) à 5 Mb/s.

Combien ça coûte ?

Shadow est un abonnement à tarif dégressif selon l'engagement.

Du stockage en plus est disponible en option.

Est-ce que c'est rentable pour les joueurs ?

Bonne question. La configuration proposée est estimée entre 1 200 et 1 400 € Considérons que vous ne touchez pas votre PC pendant 3 ans. Le calcul est rapide avec abonnement annuel sans la box : 30 euros * 36 mois = 1 080 euros TTC pour 3 ans d'abonnement.

Il faut également prendre en compte l'économie d'énergie, relative. Une machine qui demande 150 à 250 Watts va coûter environ 100 euros par an de facture d'électricité. La petite box, elle, demande environ 15 Watts, ce qui donne environ 8 à 10 euros par an. Sur trois ans, on peut donc envisager plusieurs centaines d'euros d'économie.

Si Shadow promet que les mises à jour seront fréquentes, la seule qui a eu depuis le lancement lieu côté hardware est un passage des GTX 1070 aux GTX 1080 sur les cartes graphiques. Aujourd'hui, la gamme RTX est la plus avancée chez Nvidia.

Quid de la sécurité ?

C'est une question qui a été posée de nombreuses fois : le PC sous Windows 10 mis à disposition est régi par les mêmes lois qui régissent les données dans le cloud. Les machines sont situées à Marcoussis en France.

Il faudra donc protéger votre PC, comme si c'était un « vrai » PC : anti-virus, anti-malware, pare-feu... vous connaissez la chanson. Le flux vidéo, lui, est chiffré.

Enfin, les fondateurs de l'entreprise sont plutôt sereins : les hackers devront défaire la défense du data center, puis ensuite trouver un vecteur d'attaque contre la ou les machine(s) ciblée(s). Chaque machine proposant une protection différente, il paraît donc encore plus difficile de hacker une machine Shadow qu'une machine locale.

Quelles sont les alternatives de cloud computing orientées gamers ?

Il existe plusieurs options : des solutions BtoB, du jeu à la demande, du cloud computing... Shadow n'est pas le premier à se lancer dans l'aventure et le cloud computing existe depuis au moins 30 ans.

Nvidia propose son service GeForce Now (environ 10 euros/mois), sur la Shield Android TV par exemple. Côté Nvidia, une offre Mac et PC a également été annoncée. Les géants de la tech et du web se lancent aussi dans le cloud gaming -- Google avec Stadia, Microsoft avec xCloud.

OVH possède une offre nommée RunAbove avec une configuration quasi-identique, de la GTX 1070 ou de la 1080. Les prix, par contre, bien plus élevés : environ 160 à 200 euros par mois.

De son côté, Sony a racheté la société Gaikai et récupéré des brevets à la fermeture d'OnLive pour mettre sur pied son PlayStation Now. Celui-ci permet de jouer à environ 150 jeux PS3 sur PS4 en streaming.

Quand est-ce que cela sera disponible ?

Shadow est disponible sur www.shadow.tech.

Qu'en pensons-nous ?

Nous avons testé la première version de Shadow qui nous a impressionnée par sa réactivité. C'est un produit déjà mature et qui pourra convenir à plus d'un joueur ou d'une joueuse. En 2018, Shadow a eu quelques soucis avec la montée en charge de ses serveurs à cause du succès du produit. À la mi 2018, la plupart de ces problèmes étaient réglés. Reste qu'en 2019, les soucis viennent principalement de la connexion et des bugs du client : testez bien chez vous un mois avant de vous lancer !

Ulrich Rozier, co-fondateur d'Humanoid, est actionnaire du groupe Blade (Shadow)