La mission InSight a enregistré un bref séisme sur Mars. À la connaissance des scientifiques, il n'y a actuellement pas de tectonique des plaques sur la planète. Comment expliquer qu'un tremblement puisse s'y produire ?

Un premier « tremblement de Mars » a été détecté par la mission InSight, grâce au sismomètre SEIS, ce mercredi 24 avril. Même si le signal est trop bref pour aider les scientifiques à étudier l’intérieur de la planète, l’événement est remarquable. Pour la première fois, la Nasa pense que le son provient bien de l’intérieur de la planète rouge (et non du vent ou d’autres facteurs extérieurs).

Qu’est-ce qui a pu provoquer ce séisme ? Contrairement à la Terre, Mars ne semble actuellement pas connaître de tectonique des plaques. Sur notre planète, ce phénomène permet de comprendre l’origine des tremblements : les continents dérivent sur le manteau terrestre, comme l’explique le Jet Propulsion Laboratory de la Nasa dans cette vidéo.

Les différentes plaques terrestres bougent les unes par rapport aux autres : leurs rapprochements, coulissements ou écartements expliquent l’existence de séismes, provoqués par l’accumulations de tensions. La surface de Mars ne se serait jamais fragmentée, comme le rappelle le site de l’instrument SEIS. Ceci explique que l’activité sismique soit peu intense sur Mars, comparée à celle de la Terre — ce qui ne veut pas dire inexistante.

Des séismes intra-plaques : de quoi s’agit-il ?

Une hypothèse permettant d’expliquer l’origine des séismes martiens est celle des séismes intra-plaques. Sur notre planète, on sait qu’ils existent : ils se produisent au sein d’une même plaque tectonique. C’était le cas du séisme de 2009 aux Samoa, provoqué par une rupture dans la plaque pacifique (la plus grande plaque tectonique terrestre).

La surface de Mars. // Source : Flickr/CC/Kevin Gill (photo recadrée)

Les données actuelles sur l’activité sismique de Mars sont trop faibles pour confirmer cette hypothèse. La surface de la planète rouge est cependant mieux connue que ses profondeurs : elle est striée de failles qui laissent soupçonner que l’astre a peut-être un jour eu une tectonique des plaques. Le dôme de Tharsis, une zone où se trouvent de nombreux volcans, en est un exemple : elle a probablement un jour accueilli une importante activité sismique.

« Mars a connu, et connaît sans doute encore, une activité sismique significative, dont l’ordre de grandeur est similaire à celle des séismes intra-plaques terrestres », poursuit le site de SEIS. C’est probablement cette activité que la sonde InSight a détecté le 6 avril dernier.

Un refroidissement, du magma ou des météorites

Dans sa vidéo, la Nasa rappelle que les séismes peuvent se produire lorsque la planète se refroidit et se contracte. Les tremblements peuvent aussi provenir « des circulations de magma créant des zones de pression en profondeur », complète l’agence spatiale. Enfin, il ne faut pas oublier les impacts de météorites, qui peuvent provoquer des séismes. Quelle que soit l’origine du tremblement, il provoque des ondes sismiques.

Pour les chercheurs, celles-ci sont une aubaine : en étudiant la manière dont elles interagissent avec les couches profondes de Mars, il pourraient en savoir davantage sur sa structure interne. Tout comme les éclipses solaires, les séismes sont une opportunité d’anticiper à quoi ressemblerait la vie sur la planète rouge.

Crédit photo de la une : Flickr/CC/Kevin Gill (photo recadrée)

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