Les moustiques propagateurs de maladies pourraient être dupés par un médicament. Des chercheurs ont découvert qu'il est possible de les mettre au repos, en leur faisant croire qu'ils sont déjà gorgés de sang.

Et si un médicament pour moustiques était la solution pour couper leur soif de sang ? Dans une étude publiée le 7 février 2019 au sein de la revue Cell, des scientifiques de l’université Rockefeller présentent cette solution.

Les auteurs partent d’un constat : lorsqu’un moustique femelle de l’espèce des Aedes aegypti a déjà recueilli le sang d’un humain, il ne pique pas d’autres humains pendant plusieurs jours. Ils proposent un médicament qui ôte à ces moustiques l’envie de faire un nouveau repas sanglant.

L’espèce des moustiques Aedes aegypti est impliquée dans la propagation de nombreuses pathologies, comme la dengue, le virus Zika, le chikungunya et la fièvre jaune. Ces insectes mesurent 5 millimètres.

Les moustiques cessent de piquer les humains avec ce médicament. // Source : Duvall, Ramos-Espiritu, Barsoum, Glickman, Vosshal

Comment fonctionne ce médicament ?

Les chercheurs ont travaillé sur ce qu’on appelle un neuropeptide, une molécule contenant des acides aminés. Elle se trouve dans le système nerveux et est produite par un neurone. Celui qui intéresse les chercheurs est le neuropeptide Y (NPY) qui joue un rôle dans l’alimentation.

C’est cet élément qui amène le moustique femelle, une fois gorgé de sang, à ne plus être attiré à nouveau par les êtres humains. Pendant 4 jours, l’insecte est occupé à digérer le sang et à amener ses œufs à maturation. À ce moment-là, les chercheurs notent que le poids du moustique double.

Un récepteur activé fait croire au moustique qu’il n’a pas faim

« Les médicaments qui ciblent les récepteurs NPY humains modulent la recherche du moustique », constatent les scientifiques. Ils ont administré le médicament à 24 moustiques : les insectes n’ont pas réagi alors qu’ils étaient exposé à l’odeur humaine ou à du sang chaud. Grâce à cette substance, l’insecte se comporte comme s’il venait de piquer un humain dans les jours précédents.

En contrôlant le comportement des moustiques et en inhibant leur envie de s’alimenter, ce médicament permettrait de mieux « contrôler la transmission de maladies infectieuses ». Cela ne compromettrait pas non plus la survie de ces espèces, puisque les effets du médicament sont temporaires. D’autres scientifiques ont pensé à une solution comparable : une contraception pour ces moustiques.

Crédit photo de la une : Flickr/CC/USDA-ARS (photo recadrée)

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