L'Agence spatiale européenne a confié à ArianeGroup le soin d'étudier la faisabilité d'aller sur la Lune avant 2025.

La conquête spatiale n’est pas seulement l’affaire des États-Unis, de la Russie ou de la Chine. D’autres puissances sont aussi dans la course, à l’image de la France et du Japon. Paris et Tokyo prévoient ainsi de conduire ensemble en 2024 une mission d’exploration sur Phobos, l’un des deux satellites naturels de Mars, et de ramener un échantillon sur Terre.

Le Vieux Continent n’est pas non plus en reste. À travers l’Agence spatiale européenne, les 22 États membres — dont la France — pourraient mener au même moment une mission lunaire. La faisabilité d’un tel projet est justement en train d’être étudiée : ce lundi 21 janvier, le président exécutif d’ArianeGroup, André-Hubert Roussel, a annoncé que des études sont en cours pour « aller sur la Lune avant 2025. »

L’intéressé, qui a pris ses fonctions le 1er janvier 2019, a fait cette annonce lors de ses vœux à la presse, rapporte l’AFP. Pour le patron de la coentreprise entre Airbus et Safran, « l’Europe doit tenir sa place » dans la conquête spatiale, qui est « essentielle pour l’avenir de l’humanité ». Ces travaux se font en lien avec l’Agence spatiale européenne, à travers un contrat qui a été signé avec elle.

Lune // Source : Ponciano

L’ESA s’est peu mobilisée pour la Lune

Historiquement, l’Agence spatiale européenne s’est peu mobilisée sur des projets relatifs à la Lune. La seule mission opérée par ses soins remonte au milieu des années 2000 avec SMART-1 : il s’agissait d’une sonde placée en orbite lunaire qui a fonctionné entre 2003 et 2006. Si elle comportait des instruments scientifiques pour étudier le satellite, SMART-1 a surtout été un démonstrateur technologique.

L’exploration (et même la conquête) de la Lune a surtout été l’apanage de la Russie et des États-Unis. Depuis les années 1990, de nouvelles puissances se sont lancées dans cette compétition. Le satellite a aussi vu passer des missions japonaises, chinoises et indiennes, avec des orbiteurs, des atterrisseurs ou des rovers. Bientôt, des pays comme Israël et la Corée du Sud devraient rejoindre cette liste.

Il convient toutefois de relever que l’Agence spatiale européenne travaille actuellement aux côtés de son homologue américaine, la NASA, sur la mission EM 1 (Exploration Mission 1), qui consiste à qualifier le futur lanceur lourd américain Space Launch System (SLS). Celui-ci décollera en 2020 et devra placer le vaisseau Orion en orbite autour de la Lune. Mais la direction de la mission reste sous le contrôle de la NASA.

Ressources et point d’étape

Quel serait l’intérêt pour l’Agence spatiale européenne d’aller sur la Lune ? À cette question, le directeur de la branche Exploration humain et robotique, David Parker, a apporté une première réponse : « l’utilisation des ressources spatiales pourrait se révéler la clé d’une exploration durable de la Lune ». Mais la Lune pourrait aussi servir de tremplin pour des missions plus lointaines.

En la matière, le directeur général de l’ESA, Johann-Dietrich Wörner, évoquait en 2017 un projet de village lunaire. L’idée ? Faire de l’astre une base internationale pour de futures missions en direction de Mars. Par la même occasion, la base permettrait de développer le tourisme spatial ou l’exploration lunaire. Ce projet pourrait se faire en partenariat avec la Chine, qui déploie beaucoup d’efforts depuis plusieurs années.

L’étude entre l’ESA et ArianeGroup « fait partie du plan global de l’ESA pour faire de l’Europe un partenaire majeur au niveau mondial dans le domaine de l’exploration dans la prochaine décennie », conclut David Parker. Si elle est acceptée, alors c’est la fusée Ariane 6 qui sera mobilisée. Son vol inaugural étant prévu pour la mi-2020, elle sera largement prête lorsqu’il faudra aller sur la Lune.

Crédit photo de la une : ESA

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