La Chine s'apprête à faire décoller la mission Chang'e 4, qui consistera à explorer la face cachée de la Lune. Le pays va y déposer un atterrisseur et un rover.

Cela fait bientôt 60 ans que l’on sait à quoi ressemble la face cachée de la Lune, d’abord grâce à l’envoi de la sonde spatiale soviétique Luna 3 en 1959 puis à travers les nombreuses autres missions qui ont suivi. Mais jamais rien n’avait été posé sur ce côté-ci du satellite de la Terre. Cela va changer. Et ce n’est ni l’Amérique, ni la Russie, ni même l’Union européenne qui est à la manœuvre. C’est la Chine.

L’Empire du Milieu nourrit depuis des années de grandes ambitions dans le domaine spatial. La Lune constitue à ce titre une bonne motivation.

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C’est toujours la même face que l’on voit depuis la Terre. // Source : Flo

Missions Chang’e

Tout un programme a été mis en place, incluant notamment l’exploration à distance (Chang’e 1 et 2), l’envoi sur la face visible de la Lune d’un atterrisseur et d’un astromobile, le fameux Lapin de Jade (Chang’e 3), le retour d’échantillons sur Terre (Chang’e 5) et bien sûr l’alunissage sur la face cachée de la Lune, afin de déposer un atterrisseur et un petit rover d’exploration (Chang’e 4).

Les missions Chang’e 1, 2 et 3 ont déjà eu lieu. Aujourd’hui, c’est au tour de Chang’e 4 de prendre son envol (Chang’e 5 doit survenir en 2019). Dans la journée du 7 décembre, une fusée Longue Marche 3B doit décoller de la base de lancement de Xichang (dans le sud du pays) avec à son bord un atterrisseur et un astromobile. Pour communiquer, Pékin a placé plus tôt cette année un satellite dédié, Quequiao.

Il est à noter que Chang’e 4 est la copie de la mission Chang’e 3, afin d’en faire sa doublure en cas d’échec de Chang’e 3. Comme Chang’e 4, Chang’e 3 était constitué d’un atterrisseur et d’un astromobile. Cette première mission s’était posée sans difficulté sur la face visible de la Lune en 2013, ce qui a constitué à cette occasion une bonne expérience pour la suite, en l’occurrence la face cachée de la Lune.

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La Chine a multiplié les missions vers la Lune. // Source : Bill Williams

Les ressources prévues pour Chang’e 4 ont donc été réaffectées à cet autre projet, avec une difficulté supplémentaire conséquente : l’impossibilité de communiquer directement avec la mission. Tout se fera pratiquement en aveugle. Et si cela se passe bien, l’autre enjeu sera de correctement manœuvrer le rover : lors de la mission Chang’e 3 a connu des soucis avec son astromobile, qui a rapidement cessé de se déplacer.

Si la Chine parvient à mener à bien sa mission, qu’elle a officialisée début 2016, ce sera une grande première : aucune autre nation n’a été en mesure d’accomplir (ou n’a souhaité faire) cet exploit. La Chine était déjà le troisième pays à avoir réussi à poser sans encombre un engin sur la Lune, derrière l’ex-URSS et les États-Unis. Et ce n’est qu’une étape : à plus long terme, le pays aimerait pouvoir y installer une base.

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