La Nasa a un plan pour avoir les meilleures chances de renouer contacter avec le rover Opportunity sur Mars. Basé sur les analyses des astronomes et sur l'état de l'astromobile, il se décline en deux parties.

Les préparatifs pour tenter de reprendre contact avec le rover Opportunity, silencieux depuis le 10 juin, s’accélèrent aux États-Unis. Avec l’affaiblissement progressif de la gigantesque tempête de poussière qui sévit à la surface de Mars, cause des difficultés de communication entre l’astromobile et les équipes sur Terre, les panneaux solaires de l’appareil auront de nouveau accès à la lumière du Soleil.

Nul ne sait dans quel état Opportunity se trouve vraiment. Mais les membres du Jet Propulsion Laboratory (JPL), la coentreprise entre la Nasa et l’Institut de technologie de Californie, se disent confiants sur les chances de survie du véhicule martien, malgré son grand âge (il est en activité depuis 2004, soit presque 15 ans !), le dysfonctionnement de certains composants et la casse accumulée au fil des ans.

cratère Endurance Mars Opportunity
Crédits : NASA/JPL/Cornell

Plan en deux étapes

Un plan en deux étapes est prévu pour essayer de renouer le dialogue. Dès que les conditions le permettront, c’est-à-dire lorsque le ciel sera suffisamment dégagé pour déclencher automatiquement les procédures de récupération d’Opportunity grâce à l’énergie solaire accumulée. La première phase consiste à en une tentative active de communication ; la seconde en une écoute passive.

Pendant 45 jours, les équipes du JPL vont envoyer des instructions au rover, via les antennes du réseau Deep Space de la Nasa. «  En supposant que nous recevons des nouvelles d’Opportunity, nous commencerons à discerner son statut et à le remettre en ligne », explique John Callas, le responsable du projet. Ces envois de commande devraient avoir lieu à partir de septembre, à une date non précisée.

Une phase active de contact, une autre d’écoute passive.

« Si nous n’avons pas de réponse après 45 jours, l’équipe sera forcée de conclure que la poussière qui bloque le Soleil et le froid martien ont causé un type de défaut dont le rover ne se remettra probablement pas », prévient-il. « C’est à ce moment-là que notre phase active pour renouer avec Opportunity sera terminée ». C’est là que le deuxième volet du plan entre en jeu, avec une écoute passive sur plusieurs mois.

La stratégie ? En s’accordant une très longue période d’observation, l’Agence spatiale américaine fait le pari de la survenue d’un tourbillon de poussière près d’Opportunity, ce qui aurait pour effet de dépoussiérer ses panneaux solaires. Mais rien ne dit que ceux-ci sont effectivement recouverts au point de ne plus capter du tout de la lumière. La Nasa admet ne pas croire prioritairement à ce cas de figure.

Au-delà, le renoncement

« Il y a peu de chances que l’accumulation de poussière soit la cause fondamentale du manque de communication d’Opportunity. Néanmoins, chaque jour pendant la phase passive, le groupe radio du JPL parcourra les enregistrements de signaux pris par un récepteur à large bande très sensible de fréquences radio émanant de Mars, à la recherche d’un signe que le rover essaie de nous atteindre », écrit la Nasa.

Et après cette période ? Il faudra alors se résigner à l’idée que l’astromobile est bel et bien perdu. Ce n’est évidemment pas le scénario qui, aux yeux de la Nasa, a la plus grande probabilité de se dérouler (l’état de l’engin avant la tempête était satisfaisant malgré son âge avancé, et les conditions dans lesquelles la tempête a eu lieu sont favorables au rover), mais c’est une éventualité qui n’est pas écartée.

Enfin, même à supposer que le contact soit repris, au cours de la fenêtre des 45 jours ou pendant l’écoute passive sur plusieurs mois (aucune durée précise n’est d’ailleurs fixée, afin de laisser la porte ouverte à un éventuel prolongement de l’écoute, si le JPL veut y croire encore), rien ne dit que le rover sera opérationnel pour reprendre ses activités.

«  L’impact de cette dernière tempête sur les systèmes d’Opportunity est inconnu mais elle pourrait avoir entraîné une réduction de la production d’énergie, une diminution de la performance de la batterie ou d’autres dommages imprévus qui pourraient rendre difficile la remise en ligne complète du rover », prévient la Nasa.Même si un contact est établi, celui-ci pourrait très bien être son chant du cygne.

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