Selon les calculs d'un astrophysicien japonais, la Voie lactée serait « morte » une fois et nous nous trouverions aujourd'hui dans ce que l'on peut considérer comme sa « seconde vie. »

Masafumi Noguchi est un astrophysicien japonais dont les calculs publiés le 26 juillet 2018 dans la revue Nature démontreraient que la Galaxie serait morte une première fois. Après une période « d’hibernation » sans nouvelles étoiles, la Galaxie telle que nous la connaissons aujourd’hui serait entrée dans sa seconde vie.

Source : Skeeze

Deux groupes d’étoiles distincts

Le composition chimique des étoiles, plus particulièrement de leur gaz, est ce qui permet de mieux connaître l’histoire de la formation des galaxies. D’après les recherches de Masafumi Noguchi, la première série d’étoiles est marquée par la forte présence d’éléments α (oxygène, magnésium, silicium, soufre, calcium et titane). Il y a 10 milliards d’années, les premières étoiles ont été formées à partir de l’accrétion de gaz froid contenant ces éléments α. Ceux-ci ont été synthétisés dans le milieu interstellaire par des supernovas à effondrement de cœur.

Puis, environ 3 milliards d’années plus tard, des ondes de choc ont commencé à réchauffer le gaz. L’accrétion de gaz froid a alors ralenti jusqu’à s’arrêter. Une période dite « d’hibernation » s’est faite durant laquelle la création d’étoiles a cessé tandis que des supernovas thermonucléaires ont introduit du fer dans ces gaz, en changeant la composition. Il y 5 milliards d’années, ces gaz ont refroidi en émettant des radiations avant de créer une seconde génération d’étoiles riches en fer et dont le Soleil fait partie.

« Une histoire bien plus dramatique que ce que nous pensions à l’origine »

Formation des deux séries d’étoiles // Source : Masafumi Noguchi

« Les étoiles se sont formées à deux époques différentes à travers différents mécanismes. Il y a eu une longue période de dormance durant laquelle la formation d’étoile a cessé. Notre galaxie a une histoire bien plus dramatique que ce que nous pensions à l’origine », note l’université de Tohoku.

L’université japonaise appuie le fait que cette observation rejoint celle faite sur la galaxie d’Andromède par Benjamin Williams et ses confrères de l’université de Washington. Ces derniers affirment que la galaxie d’Andromède s’est également formée en deux époques distinctes. Les plus grandes galaxies observeraient donc une période d’arrêt dans la formation d’étoiles tandis que les galaxies de taille plus modeste produiraient des étoiles en continu. Cette découverte, si d’autres recherches la confirment, pourrait considérablement enrichir notre savoir sur la formation des galaxies et leur variation.

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