Les outils actuellement mis à la disposition des médecins ne permettent pas une prise en charge optimale des accidents vasculaires cérébraux (AVC). La technologie CurveControl, de BaseCamp Vascular, propose d'améliorer cette prise en charge.

À l’occasion de la conférence de presse FUTUR.E.S du 17 mai 2018, nous sommes allés à la rencontre de deux chercheurs soucieux d’offrir une meilleure prise en charge aux patients victimes d’AVC. Camille Maïano et Jean-Baptise Cazeneuve sont deux ingénieurs travaillant au sein de la start-up BaseCamp Vascular. Leur projet porte sur l’amélioration du traitement des AVC par le développement d’un cathéter intelligent, le CurveControl.

Camille Maïano et Jean-Baptiste Cazeneuve présentent CurveControl (BaseCamp Vascular) à la conférence de presse FUTUR.E.S

Un dispositif plus pratique et sécurisant

La prise en charge d’un AVC se fait par l’introduction d’un cathéter par l’artère fémorale jusqu’au système vasculaire cérébral du patient, où il faut alors atteindre la zone à traiter. Ce qui fait une des difficultés de la médecine interventionnelle est que les praticiens n’ont accès qu’à des outils fixes. Plus concrètement, ils introduisent un cathéter dont ils n’ont le contrôle que depuis l’extrémité, et dont ils surveillent la progression via une écran de scopie. Bien que ce processus ait déjà fait ses preuves et soit pratiqué dans d’autres domaines — telle que la cardiologie interventionnelle –, une amélioration est possible et souhaitable.

« Nous nous intéressons à la phase d’accès des réseaux [vasculaires] tortueux. Selon le patient et son système vasculaire, le médecin peut perdre du temps, risquer de créer de nouvelles complications en venant racler les bords des vaisseaux », indique Camille Maïano. Or, le temps est très précieux dans le cas d’un AVC. Le médecin devra «  utiliser beaucoup de dispositifs actuels qui sont des cathéters et des guides préformés donc il va en utiliser plusieurs, essayer de monter à plusieurs reprises, un mettre un autre, le retirer, essayer encore une autre forme et ainsi de suite  », ajoute la chercheuse.  

Le CurveControl en action

C’est dans cet intérêt qu’a été développé CurveControl, un dispositif dont le guide (le fil métallique introduit dans l’artère) se courbe à la demande du praticien, puisque « le dispositif va se conformer aux tortuosités du patient et on va pouvoir monter en une seule fois.  » Sans être révolutionnaire, le CurveControl faciliterait grandement le travail des médecins. « Notre concurrence seront les systèmes robotiques et les systèmes actuels qui fonctionnent bien dans la plupart des cas  », relèvent les deux chercheurs. 

En phase d’essai, CurveControl vise une commercialisation

Le dispositif a été testé sur des modèles en silicone reproduisant le système vasculaire humain, comme on peut l’observer sur la photographie ci-dessus. Il a également été testé sur des cochons, dont le système se rapproche le plus de l’homme. De plus, le dispositif serait moins coûteux que ce que les médecins utilisent actuellement : dans l’état de la pratique actuelle, l’addition de matériaux rend l’opération moins économique qu’un seul et même dispositif.

« On peut envisager de passer dans tout le réseau vasculaire, dans les coronaires, dans les reins, même les veines » 

« Dans deux semaines, on gèle toutes les spécifications  », précise Camille Maïano. Le but est de pouvoir utiliser la technologie sur de vrais patients. En effet, BaseCamp Vascular vise le marquage CE ; or, un essai clinique sur un patient doit être effectué pour obtenir cette validation. La commercialisation pourra ensuite être envisagée, ainsi que des tests cliniques dans différents centres d’Europe.

Lorsque nous demandons si le dispositif pourrait se voir appliqué dans d’autres domaines, telle que la cardiologie interventionnelle, les deux ingénieurs répondent : « Pour l’instant on s’intéresse au passage de la crosse de l’aorte mais on peut envisager de passer dans tout le réseau vasculaire, dans les coronaires, dans les reins, même les veines, ce n’est pas du tout limitatif, tout est une question de taille.  »

La société BaseCamp Vascular a été créée en avril 2016 mais l’idée de ce système date de 2010. Elle a germé dans la tête d’un d’un chercheur de l’Institut des Systèmes Intelligents et Robotique (ISIR) de Paris et d’un médecin, Jérome Szewczyk et Raphaël Blanc. Camille Maïano et Jean-Baptiste Cazeneuve seront présents au festival FUTUR.E.S où ils feront tester leur CurveControl aux visiteurs.

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