Quand l’humanité se lance à la conquête de l’espace, elle envoie parfois de (toutes) petites fusées. Puis, à côté de ces lanceurs d’à peine quelques mètres de hauteur, il y a de véritables monstres d’aluminium et d’acier. Le lanceur Falcon Heavy, que SpaceX s’apprête à faire décoller le 6 février 2018, est un de ces géants.

La fusée, que l’entreprise d’Elon Musk qualifie de « plus puissante du monde », est un défi historique pour SpaceX. Pour la première fois, la société n’enverra pas un engin intermédiaire en direction du cosmos, mais un lanceur beaucoup plus imposant — une version revisitée du Falcon 9, avec deux propulseurs latéraux supplémentaires.

La fusée la « plus puissante du monde » vaut 90 millions de dollars

Le lanceur pourrait, surtout, jouer un rôle décisif dans les futures ambitions de SpaceX : la société est en effet lancée à la conquête de Mars depuis plusieurs années. En 2016, Elon Musk annonçait sa timeline en prévoyant de mener les premiers tests à l’horizon 2018 — les premiers vaisseaux embarquant des êtres humains seront pour 2023-2024.

En quittant la surface de la Terre ce soir, la Falcon Heavy emportera avec elle un impressionnant dispositif estimé à 90 millions de dollars. À titre de comparaison, la Falcon 9 a coûté la somme de 62 millions de dollars à SpaceX.

Un colosse de 64 tonnes

Pour être plus précis, il faut ajouter que la charge utile que peut envoyer la fusée dépend en fait de l’orbite visée. En fonction des zones ou des planètes que le lanceur voudrait atteindre, voici la masse des charges utiles qu’il pourrait très précisément emporter à son bord :

Pour mieux visualiser la masse que peut embarquer la fusée par rapport à ses prédécesseuses, SpaceX a dressé une comparaison dans cette infographie. L’entreprise ajoute que seul Saturn V, le lanceur géant utilisé par la Nasa entre 1967 et 1973, a été lancé dans les airs avec une charge utile plus importante que la Falcon Heavy (118 tonnes en orbite terrestre basse).

Deux étages, vingt-huit moteurs

Le lanceur va propulser dans les airs deux étages empilés l’un sur l’autre. À leur sommet se trouve une coiffe dont la mission est d’assurer la protection de la charge utile au début de la séquence de vol. De haut en bas, on trouve ensuite le second puis le premier étage de la fusée.

Au deuxième étage, la fusée abrite Merlin, le moteur développé par SpaceX et déjà utilisé sur ses lanceurs Falcon 1 et Falcon 9. C’est lui qui assurera la livraison de la charge utile, une fois que les moteurs principaux seront coupés et que le premier étage sera séparé. Ce moteur pourra être redémarré plusieurs fois, afin de placer des charges utiles sur des orbites différentes.

Le premier étage de la Falcon Heavy est lui-même constitué des trois premiers étages du Falcon 9. Le rôle des deux étages latéraux peut être assimilé à celui de « boosters ». Ils sont connectés à la base de l’étage central, et au sommet du réservoir d’oxygène liquide.

Poussée au décollage : 22 879 kN

Chacun des boosters de la Falcon Heavy équivaut en puissance au premier étage d’une fusée Flacon 9 (équipée de neuf moteurs Merlin). Lors du décollage de la fusée, les boosters et le noyau central devaient pousser l’engin au maximum. Au total, la fusée devrait assurer une poussée au décollage de 22 879 kN.

Quelques heures nous séparent désormais du lancement de la Falcon Heavy. Ce vol inaugural aura lieu au centre spatial Kennedy, où la majorité des missions du groupe a l’habitude de décoller. Le lancement est prévu pour 19 heures 30, heure française.

Avant le compte à rebours fatidique, il est encore temps d’apprendre quelles sont les différentes étapes qui précédent habituellement le lancement d’une fusée vers l’espace.