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Le film d’animation Bubble sur Netflix est un hymne à l’amour et à la liberté

Nous avons découvert en avant-première Bubble, film événement d’animation japonaise attendu fin avril 2022 sur Netflix. Voici notre critique d’un long-métrage qui risque de faire parler de lui.

Fondée voici 10 ans, Wit Studio est rapidement devenue l’une des structures les plus en vue de l’animation japonaise. Bien sûr, en grande partie grâce à l’adaptation de L’Attaque des Titans qui fut, en 2013, la toute première production du jeune studio. La saga initiée par le mangaka Hajime Isayama prit une telle ampleur internationale que lors de la troisième saison en 2019, les producteurs décidèrent contre toute attente de confier la « saison finale » à un autre studio, MAPPA, plus enclin à supporter le planning et les enjeux économiques associés.

Libérés de cette immense charge, Wit et son réalisateur fétiche Tetsurô Araki (Death Note) ont pu alors se concentrer sur d’autres projets et envisager l’avenir plus sereinement. Ainsi, le studio a enchaîné des succès entre adaptations de manga (Vinland Saga, Ranking of Kings) et productions originales (Great Pretender, Vivy -Fluorite Eye's Song-). Cette année, le studio proposera deux titres pour Netflix : la série Vampire in the Garden, prévue pour le mois de mai, et le long-métrage Bubble de Tetsurô Araki, qui sera en ligne sur la plateforme à partir du 28 avril 2022.

Extrait de Bubble// Source : Wit Studio

Un staff 5 étoiles

Il y a cinq ans, une pluie de bulles commença à tomber sur le monde. Ce phénomène extraordinaire causa une explosion au cœur de Tokyo qui fit de nombreuses victimes. Entourée d’une immense bulle, la ville s’est retrouvée sous les eaux et des anomalies gravitationnelles sont apparues. Aujourd’hui, Tokyo est le terrain de jeu des adeptes de parkour, une discipline sportive qui consiste à franchir des obstacles par des mouvements agiles et sans l’aide de matériel. Hibiki, un adolescent solitaire, est un prodige de ce sport acrobatique et dangereux. Mais un jour, il rate un saut et tombe dans l’océan. Proche de se noyer, il est sauvé par Uta, une jeune fille mystérieuse…

Annoncé en décembre 2021, Bubble éclata telle une bombe sur la bulle internet grâce à son impressionnant teaser et surtout par l’annonce de son staff 5 étoiles. Jugez plutôt par vous-même : on retrouve Gen Urobuchi, l’auteur de Fate/Zero et créateur de Psycho-Pass au scénario, le mangaka Takeshi Obata (Death Note) au design des personnages et l’indispensable Hiroyuki Sawano (L’Attaque des Titans) à la musique. Le tout supervisé par Tetsurô Araki, et vous obtenez certainement le film d’animation évènement de l’année. Oui, tout autant que le prochain Makoto Shinkai qui sortira en fin d’année. Un réalisateur qui doit beaucoup à ce Bubble d’ailleurs.

Bubble// Source : Wit Studio

Makoto Shinkai Cinematic Universe

Le succès mondial hors norme de Your Name en 2016 eu un impact considérable sur l’animation japonaise. Netflix, qui dispose des droits exclusifs en streaming dudit film, l’a bien compris et n’hésite pas à régulièrement communiquer dessus. Depuis, nombre de clones ont émergé, usant de la même recette à base de romance teintée de fantastique. Un mélange qui a permis au film de Makoto Shinkai d’atteindre des sommets en termes de popularité, mais aussi et surtout financier. Il paraît alors cohérent que le cahier des charges reçu par Wit Studio pour Bubble se résume à faire du Makoto Shinkai, avec des scènes d’action dignes de L’Attaque des Titans.

Il est difficile au film de Tetsurô Araki de se détacher de son influence première, tant ce dernier reprend certains des thèmes chers au réalisateur de La Tour au-delà des nuages : la solitude, la peur de perdre l’autre, l’amour impossible… Le tout sur fond de catastrophe et de phénomène météorologique. On notera aussi des similarités évidentes, comme l’importance donnée à la musique, le visuel global et une palette graphique très proche. Les couleurs bleues (le ciel, l’eau, la chevelure de Uta) et vertes (la nature qui reprend ses droits) sont omniprésentes. Ainsi, le cinéma de Makoto Shinkai transpire par tous les pores. Preuve que le cinéaste a marqué une génération. Mais Bubble est-il pourtant une version Canada Dry de son œuvre ? Clairement pas. C’est même une de ses meilleures incarnations.

Bubble// Source : Wit Studio

Relecture moderne de La Petite Sirène de Hans Christian Andersen, Bubble est aussi une ode à la liberté. Ces orphelins, tous traumatisés par la catastrophe, font des compétitions de parkour pour subvenir à leurs besoins, mais c’est aussi un moyen d’exprimer leurs émotions. Abandonnés par la société, ils vivent en marge selon leurs propres règles. Hibiki, un adolescent renfermé sur lui-même, souffre d’hypersensibilité auditive. Par conséquent, le monde est pour lui une agression permanente. Son refuge est le silence de cette cité déserte et le parkour est son seul moyen de communiquer. Sa rencontre avec Uta (littéralement « chant ») va changer sa perception des choses. Comme dans La Petite Sirène, leur amour sera certes chimérique, mais Hibiki s’ouvrira aux autres et laissera libre cours à ses émotions. Enfin, il acceptera « d’écouter le monde ».

https://www.youtube.com/watch?v=URfZnqqDfs4&feature=emb_logo&ab_channel=NetflixFrance

Le film est techniquement irréprochable, mais ce n’est pas une surprise venant des animateurs de Wit Studio. Les séquences virevoltantes de parkour évoquent des sensations visuelles vécues durant L’Attaque des Titans. Pour les scènes plus calmes, on retrouve ces gros plans très travaillés et esthétiques sur les visages que l’on a déjà pu apercevoir dans Vivy. Même si Bubble ne cache pas ses inspirations chez Makoto Shinkai, le film ne se présente jamais comme une vulgaire copie, mais plutôt comme un prolongement de son cinéma. Avec une écriture peut-être plus sombre, Gen Urobuchi oblige, et des séquences d’action qui en mettent plein la vue.