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Vous n'êtes pas prêts pour les graphismes de Ratchet & Clank: Rift Apart sur PS5

Rare jeu à sortir exclusivement sur PS5, Ratchet & Clank: Rift Apart peut justifier à lui-seul l'acquisition de la console (certes introuvable). Graphiquement parlant, on franchit vraiment un cap. 

Quand j'étais jeune, mes yeux s'écarquillaient devant les films d'animation, qu'ils soient produits par DreamWorks, Pixar ou Disney. Je rêvais alors de cette époque où les jeux vidéo deviendraient leur égal -- au-delà des cinématiques d'introduction. Ce jour est arrivé. Attendu pour le 11 juin en exclusivité sur PlayStation 5, Ratchet & Clank: Rift Apart est un véritable bijou visuel. Pendant une bonne dizaine d'heures, j'ai renfilé la tenue du jeune moi qui s'émerveillait devant un écran. Sauf que, cette fois, j'ai une manette entre les mains.

Le timing de la sortie de Ratchet & Clank: Rift Apart pouvait difficilement être plus idéal. Sony vient de retourner sa veste concernant la transition entre la PS4 et la PS5 : finalement, plus de nouveaux jeux seront disponibles sur l'ancienne console. Mais Ratchet & Clank: Rift Apart n'est pas de ceux-là. À l'instar de Demon's Souls, plus beau jeu du line-up de lancement, et de Returnal, dont les arguments ne sont pas graphiques, Ratchet & Clank: Rift Apart ne s'aventurera pas ailleurs que sur PS5. Et c'est tant mieux pour montrer ce que la console a dans le ventre.

Ne montrez pas Ratchet & Clank: Rift Apart

À plusieurs reprises, j'ai lancé un « C’est vraiment n’importe quoi ! » en jouant à Ratchet & Clank: Rift Apart. Cette phrase symbolise l'étonnement devant le nombre incalculable de moments à s'en décrocher la mâchoire. Grâce à ce titre développé par Insomniac Games, la PS5 s'offre un porte-étendard qui s'épanouit sur tous les plans. On a envie de s'arrêter pour regarder les vaisseaux dans le ciel, pour compter les poils de la fourrure du héros ou pour admirer ce que reflète le corps métallique de Clank (le petit robot mignon qui ne s'appelle pas Nono). Des excuses pour contempler, Ratchet & Clank: Rift Apart en propose pléthore. Visuellement, on atteint des sommets qu'on ne pensait pas franchir si vite (la PS5 n'a même pas encore un an...). 

Ratchet & Clank: Rift Apart ressemble donc à ce film d'animation interactif sur lequel on fantasmait quand on avait encore l'âge de croire que tout est possible. Il s'avère en prime d'une générosité débordante : la finesse des particules qui aguichent le regard, les effets qui inondent l'écran, les boulons qui s'amoncellent par dizaine, les lumières qui aveuglent... Malgré sa direction artistique proche du cartoon SF, Ratchet & Clank: Rift Apart bénéficie d'une bonne couche de réalisme grâce au ray tracing -- enfin convaincant sur la console de Sony (ces reflets au sol !). La technologie vient sublimer la moindre petite étincelle ou le moindre petit débris qui traînent. Le festival est total : on en prend plein les yeux, tout le temps. 

Il se passe toujours un truc à l'écran dans Ratchet & Clank: Rift Apart. On lève les yeux au ciel ? Plein d'engins volants se croisent. On tourne la tête à droite ? Ce sera peut-être une échoppe dévoilant une race extraterrestre qu'on n'avait pas encore croisée. On se retourne ? Hop, un autre moment de vie à observer. Ratchet & Clank: Rift Apart déploie sur fur et à mesure un univers immense, qui se nourrit de dimensions et de planètes pour passer d'un environnement à l'autre -- chacun ayant sa propre patte artistique. C'est la promesse de l'architecture de la PS5, laquelle mise sur un SSD pour charger hyper rapidement des textures, qui plus est d'excellente qualité. Ratchet & Clank: Rift Apart la matérialise avec un spectacle de tous les instants, avec cette volonté de trimballer la joueuse ou le joueur entre plusieurs décors opposés -- sans aucun temps mort. Enfin, on tient cet argument technique qui sert un rendu artistique. 

Ne sous-estimons pas Ratchet & Clank

On ne réduira pas Ratchet & Clank: Rift Apart à sa plastique avantageuse, ni à ce statut de plus beau jeu de la PlayStation 5 -- voire de plus beau jeu jamais sorti sur console. Il constitue par ailleurs une belle exploitation de la DualSense. S'il ne va pas aussi loin que Returnal dans l'usage astucieux des spécificités de la manette, il l'exploite suffisamment pour améliorer la prise en main. On pourrait presque compter le nombre de boulons -- monnaie du jeu -- que l'on ramasse (merci le retour haptique) tandis que la gâchette droite utilise des crans pour offrir de nouvelles sensations. Par exemple, une grenade ne sera lancée avec précision que si on prend le temps de s'arrêter à mi-course, là où le simili fusil à pompe ne tirera deux cartouches que quand on appuiera à fond. Ratchet & Clank: Rift Apart impose une gymnastique inédite qui rappelle à quel point la DualSense est vraiment incroyable.

Tout ce travail d'optimisation uniquement possible sur PS5 est au service d'un jeu de tir à la troisième personne au rythme affolant -- dont on retiendra moins le récit que le reste. Ratchet & Clank: Rift Apart s'articule autour du duo formé par Ratchet et Clank, ici obligé de voyager entre plusieurs dimensions pour stopper leur ennemi de toujours (aux côtés de leur double féminin). Il s'agit d'une histoire très bon enfant, avec suffisamment d'action et d'humour pour remporter un maximum de suffrages. Ratchet & Clank: Rift Apart ne raconte pas grand-chose, mais ce n'est vraiment pas son but premier. L'objectif tient davantage dans le prétexte pour inviter au voyage, la narration nichée au sein des différentes planètes traversées étant plus intéressante que l'histoire en elle-même. De la même manière, les dimensions offrent la possibilité de tout imaginer, où un extraterrestre mignon et sympathique se bat au milieu de robots et dinosaures géants avec des armes trop grandes pour lui.

Le gameplay, efficace à défaut d'être surprenant, de Ratchet & Clank: Rift Apart se résume à tirer sur tout ce qui bouge, au moyen d'un arsenal loufoque et varié, à faire évoluer avec le temps. Les armes vont du fusil laser puissant aux tourelles champignons, en passant par le bouclier/fusil à pompe ou encore le sniper qui explose les têtes. Pour s'en sortir, il faudra simplement surveiller ses munitions et switcher rapidement d'une arme à l'autre en fonction des situations. Sous ses airs de film d'animation visant un public plus jeune, Ratchet & Clank: Rift Apart cache une exigence qui donne de la profondeur à un gameplay rimant d'abord avec vaste défouloir. Il est nécessaire de viser en bougeant constamment pour ne pas voir sa barre de vie passer à zéro. Par chance, il existe plusieurs modes de difficulté -- on n'est pas dans Returnal non plus. 

Ratchet & Clank: Rift Apart propose en parallèle quelques opportunités pour explorer les environs. On n'est pas lâché dans une expérience en monde ouvert immense, plutôt sur de petites cartes qui recèlent de quelques bonus à ramasser. On pourra ainsi récupérer des cristaux qui serviront à améliorer l'équipement ou des petits robots qui donneront accès à une arme dévastatrice. Très dirigiste par essence, Ratchet & Clank: Rift Apart s'appuie sur quelques pas de côté pour qui voudrait atteindre les 100 %. Une tâche loin d'être insurmontable, sachant que le jeu donne vraiment envie d'être parcouru de fond en comble, en quête de ce petit détail graphique chatoyant qui donnera des étoiles dans les yeux. Le comble pour une aventure spatiale, finalement.