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On se demande pourquoi Resident Evil Village s'appelle Resident Evil

Resident Evil Village alterne moments d'horreur et d'action de manière réussie. Néanmoins, on se demande vraiment où va Capcom avec sa saga phare. 

Ethan Winters n'a jamais si bien porté son nom. Après un accident, il s'enfonce dans la neige, la brume, la forêt et la nuit. Passée une cinématique brutale, Resident Evil Village commence à peine, que l'ambiance est déjà pesante. Les corbeaux croassent tandis que de petites bourrasques de vent font sursauter le héros. Soudain, une silhouette étrange disparaît dans le noir. « C’est un cauchemar… Pourquoi ça recommence ? », s'alarme Ethan, qui a déjà vécu l'enfer quelques mois auparavant. 

Resident Evil Village débute comme un vrai jeu d'horreur, avec une vue à la première personne très immersive. Les fans ne manqueront pas de repenser aux épisodes originaux -- à une époque où, peut-être, ils n'osaient pas jouer seuls, le soir. Resident Evil Village est la suite directe de Resident Evil 7: Biohazard, sorti en 2017 sur PS4, Xbox One et PC. Il s'agissait d'un opus pivot dans la saga phare de Capcom : après trois jeux très -- voire trop -- orientés vers l'action, la firme nippone a opéré un retour aux sources. Elle a alors abandonné le grand spectacle de la vue à la troisième personne, et utilisé une caméra subjective pour distiller le malaise. Resident Evil Village est dans la même veine. On y retrouve aussi le même défaut : des liens trop ténus avec l'univers initialement mis en place (des zombies, des virus).

Resident Evil Village est un Resident sans être un Resident Evil

À bien des égards, ce titre ressemble aux autres Resident Evil. Il fait d'ailleurs un hommage prononcé à Resident Evil 4 dont il reprend l'unité de lieu -- l'Europe --, le contexte très reculé -- un village rongé par un mal étrange -- et certains éléments de gameplay (le marchand ambulant en tête). On retrouve par ailleurs la possibilité de confectionner des balles (artisanat vu dans Resident Evil 3). Les passages qui requièrent de survivre à un assaut ennemi rappellent Resident Evil 5. Et comment ne pas penser au manoir de Resident Evil quand on parcourt le château Dimitrescu, dont les jolies décorations tranchent avec les horreurs qui s'y cachent (mention spéciale à cette grande dame qui nous poursuit, comme Mister X dans... Resident Evil 2).

Dès lors que l'on a déjà joué à un Resident Evil dans sa vie, on avance ici en terrain connu. Plutôt que de révolutionner les fondations du gameplay, Capcom a préféré travailler l'ambiance. Sur ce point, cet épisode offre vraiment de quoi nourrir quelques cauchemars. Si certains séquences seront vite oubliées, d'autres -- dont on préfère ne rien dire -- valent vraiment le détour, de par l'atmosphère qui s'en dégage, et les mécaniques qui les sous-tendent. Dans Resident Evil Village, il ne suffit pas toujours de tirer pour s'en sortir. On ne parle d'énigmes insurmontables à résoudre, mais de passages plus calmes où la clé de la réussite repose davantage sur la gestion du stress.

Dans cet océan d'éléments familiers, une question nous taraude : quels liens Resident Evil Village  entretient-il avec les autres opus de la saga ? Resident Evil 7: Biohazard nous avait déjà amenés à nous poser la question. Nous n'avons toujours pas de réponse. Seulement cette impression que Capcom a accepté de quitter les rails, pour nous emmener dans un antre géant rempli de monstres.

Mais il est un peu décevant de voir le jeu s'efforcer de raccrocher maladroitement les wagons, en citant quelques noms connus des puristes une fois que le rideau tombe. Resident Evil Village pourrait s'appeler autrement; cela ne changerait pas grand-chose. Heureusement, le casting de méchants sort du lot dans ce récit finalement assez simpliste -- où un père part à la recherche de son enfant, en se jetant dans la gueule du loup (au sens propre comme au figuré).

Resident Evil Village est une vitrine pour la nouvelle génération

Classique dans le fond, au regard de tout ce qu'il recycle, Resident Evil Village s'affirme toutefois comme un vrai porte-étendard des consoles nouvelle génération. La première démo jouable, qui se déroulait dans le village, n'était pas un mensonge. De la première à la dernière minutes, Resident Evil Village subjugue par la qualité de ses graphismes (on a testé le jeu sur PlayStation 5). On sent à quel point Capcom maîtrise son moteur 3D, qui avait été inauguré par Resident Evil 7: Biohazard. Le passage aux nouvelles consoles permet au RE Engine de tendre un peu plus vers le photoréalisme, avec des textures, des détails et des effets de lumière divins. Visuellement, Resident Evil Village peut vraiment donner envie d'acquérir une PS5 ou une Xbox Series X.

En prime, Resident Evil Village se paie le luxe d'offrir du ray tracing en maintenant un niveau de performance décent. On sacrifie un peu la fluidité (on perd le 60 fps pour un taux d'images par seconde plus proche des 45/50 fps), mais on gagne en fidélité. Il y a vraiment matière à poser la manette pour admirer la brillance, les reflets, la façon dont sont projetés les éclairages... La beauté du jeu paraît presque paradoxale vu son atmosphère malaisante. Resident Evil Village est un sarcophage en marbre qui cache des pics acérés. On s'y logera à ses risques et périls.

Sous ses airs peu accueillants, Resident Evil Village ne cache pas de défi insurmontable. En mode normal, l'aventure demande simplement de ne pas trop gâcher ses munitions (astuce : visez la tête autant que possible). On conseillera aussi de bien explorer et fouiller les environnements, qui recèlent des trésors et des ressources, pour pouvoir avancer plus sereinement. Il n'y a aucun vrai pic de difficulté à signaler : en termes de challenge, Resident Evil Village est dans la moyenne de ses prédécesseurs. Comptez une petite dizaine d'heures pour en voir le bout. Vous pourrez ensuite prolonger le plaisir dans le mode Mercenaires, qui consiste à affronter des vagues d'ennemis dans le but d'obtenir le meilleur score.