Une erreur dans le texte ?

C'est le bon endroit pour nous l'indiquer !
Attention, ce formulaire ne doit servir qu'à signaler une erreur. N'hésitez pas à utiliser les commentaires pour donner votre avis, ou la page de contact pour nous contacter. Merci.

Etape 1

Cliquez sur les paragraphes contenant des erreurs !

Salto en France : prix, date d'arrivée, contenus... tout savoir sur la plateforme de streaming vidéo

La plateforme de vidéo à la demande par abonnement (SVOD) française est en préparation depuis des années, mais sa sortie en 2020 est désormais officielle. Combien coûtera l'abonnement ? Quels films et séries y aura-t-il ? Voici tout ce que l'on sait sur Salto.

Cela fait des années que l'on parle de Salto, la plateforme de vidéo à la demande par abonnement (SVOD) française qui est censée regrouper un ensemble vaste de contenus hexagonaux, des trois grands groupes français TF1, France Télévisions et M6.

Entre ses débuts chaotiques et le rendu final, le projet de ce service français a forcément beaucoup évolué en quelques années. Si l'objectif aujourd'hui visé est un lancement d'ici la fin de l'année 2020, il reste encore plusieurs inconnues concernant  la plateforme et son offre. Surtout depuis que la pandémie du coronavirus a contraint les équipes à reporter certaines modalités de lancement : le 3 juin, il n'y aura plus qu'une « bêta test » et non plus une offre à accessible à tous les français.

Voici tout ce que l'on sait sur Salto, l'offre française « d'appoint » à Netflix.

Qu'est-ce que Salto ?

Salto est un objet hybride. Il s'agira à la fois d'une plateforme française qui permet de regarder certaines chaînes gratuites, de visionner des émissions en replay et d'avoir accès à des films et séries exclusives. Sur le papier, il s'agit d'agréger différentes offres qui pourraient séduire un public en recherche de plus de contenus français et européens.

Malgré le fait que le service doit être lancé d'ici l'été 2020, peu d'informations précises ont été divulguées concernant le fonctionnement, en pratique, de ce nouveau service français.

Une chose est désormais sûre : Salto a vocation à être une offre « d'appoint », comme l'indiquait récemment Delphine Ernotte, la patronne de France Télévisions, et non de venir concurrencer frontalement un mastodonte comme Netflix avec ses 6,7 millions d'abonnés payants en France. L'objectif : que les Français aient envie de la « prendre en complément » d'autres services.

Quand sortira Salto en France ?

« Le coup d’envoi de Salto sera donné le 3 juin prochain », avait annoncé Thomas Follin au Figaro, « pour un lancement test », a-t-il précisé, laissant planer une zone de flou sur ce qui sera réellement disponible juste avant l'été.

L'objectif de Salto était compréhensible ; il s'agissait de se montrer prudent et de réaliser un lancement doux et discret en juin pour avoir ensuite tout l'été pour réaliser des ajustements, notamment au niveau de la plateforme, afin de communiquer plus bruyamment à la rentrée en septembre.

Malheureusement, le 3 avril, Salto a confirmé dans un communiqué que ce lancement ne serait pas accessible à tous les Français et Françaises, malgré ce qui était prévu au départ. En cause : les retards et reports de tournages ou de doublages qui rendes difficiles la confection d'un catalogue assez épais pour une ouverture du service à l'été. Depuis la mi-mars, la population française doit respecter des règles de confinement à cause de la pandémie de coronavirus, ce qui met à l'arrêt une partie des industries françaises, notamment culturelles.

À noter également que le lancement officiel « en fanfare » à la rentrée de septembre n'est plus garanti non plus : Salto « envisage un glissement de son lancement commercial de septembre à l’automne 2020 », ce qui pourrait donc étirer le délai jusqu'à fin 2020.

Pour l'instant, les seuls sites aux noms de domaine déposés s'appellent salto.fr et salto.media et affichent une seule chose : une page d'accueil avec un seul communiqué de presse datant d'août 2019.

Quel sera le prix de Salto en France ?

Le montant de l'abonnement à Salto est encore inconnu, car on ne sait même pas exactement ce que proposera le service français. La fourchette le plus souvent évoquée varie de 2 à 8 euros, ce qui laisse penser que rien n'est encore décidé. On parle notamment éventuellement de plusieurs types d'abonnements :

Les montants des offres peuvent aussi varier en fonction du nombre d'écrans proposés ainsi que de la qualité (HD, 4K) de la définition des contenus.

Une question reste toutefois en suspens : comment Salto compte-t-il justifier le fait de faire payer des abonnés pour (du moins en partie) des éléments gratuits comme la diffusion de programmes en direct ?

Pourrais-je regarder Salto sur ma télé ?

C'est l'une des mauvaises nouvelles qui accompagneront le lancement de Salto : la plateforme ne sera pas accessible par les box internet. Or c'est l'un des moyens privilégiés des Français et Françaises pour accéder à leurs contenus vidéo. Si des négociations avec Orange, SFR ou Free sont en cours, il est certain que Salto débutera d'abord uniquement en OTT (over-the-top).

Une diffusion en OTT signifie que les contenus sont livrés directement par le web. Sera-t-il possible de regarder Salto sur un téléviseur ? Oui, mais il faudra que celui-ci soit connecté : le visionnage ne pourra pas passer par l'interface classique d'une box internet.

En revanche, Salto sera une application accessible sur :

Quel catalogue sur Salto ?

Au-delà de la diffusion de chaînes françaises en direct, Salto est censée proposer de nombreux contenus en replay, ainsi que des programmes exclusifs.

Pour ces derniers, la manœuvre demande du temps et beaucoup de force de conviction : maintenant que le projet est validé, il faut désormais que les équipes de Salto s'activent pour convaincre les producteurs et productrices françaises de proposer leurs programmes en exclusivité sur la plateforme de SVOD. Or, une diffusion sur une chaîne de télévision linéaire a forcément plus d'attrait sur le papier — bien que l'on observe, avec le succès de France TV Slash, qu'une alternative à la toute-puissance de la diffusion hertzienne est possible, et que l'idée commence à faire son chemin chez les producteurs.

Pour ce qui est du replay, les contours sont également assez flous. Sur la page d'accueil de Salto.fr, qui n’a forcément pas vocation à être exhaustive, on voit des programmes en vrac :

Normalement, Salto pourra agréger les contenus de toutes les chaînes des trois groupes français, soit TF1, TMC, TFX, LCI, France 2, 3, 4, 5, Franceinfo, M6, W9 et 6ter. Mais cela ne signifie pas que toutes les émissions seront disponibles. Des émissions phares comme Cash Investigation, par exemple, seront absentes de la plateforme, a confirmé Takis Candilis, le nouveau directeur général de France Télévisions en août dernier.

Plus Belle La Vie, la série à succès de France 3, devrait également bénéficier d'un traitement particulier : les premières saisons pourront être disponibles, « mais probablement pas les prochains numéros de Plus Belle la Vie, qui, eux, pendant le temps de rattrapage, resteront en gratuit sur France.tv », a ajouté Takis Candilis.

Quelles contraintes ?

L'Autorité de la concurrence a beau avoir validé le projet de Salto, elle a mis de nombreuses limites à sa création, afin d'éviter tout risque de pratique anticoncurrentielle ou de position dominante sur le marché. Parmi elle :

Interface

La plateforme de Salto est actuellement en cours de développement. C'est l'entreprise Bedrock, qui est une filiale de M6, qui a décroché le contrat pour construire l'interface de A à Z : plus de 200 personnes travailleraient actuellement à temps plein pour réussir à sortir une plateforme fluide d'ici le 3 juin 2020.

Qui est derrière Salto ?

Bien qu'elle soit à l'origine l'émanation de trois grands groupes audiovisuels, Salto est aujourd'hui une entreprise privée et officiellement indépendante : c'était une demande expresse de l'Autorité de la concurrence française. En septembre 2019, la direction de Salto a été confiée à Thomas Follin, un ex-cadre de M6, pour un mandat de deux ans. Gilles Pélisson, PDG du groupe TF1, est président du conseil de surveillance. Danielle Attias, qui représente le groupe France Télévisions, est quant à elle secrétaire générale.

France Télévisions, M6 et TF1 sont tous les trois actionnaires de Salto, et se sont engagés à investir 135 millions d'euros dans la plateforme, à eux trois, sur trois ans (Les Echos parlent même de 250 millions sur 3 ans). « Salto va prendre 0 euro de redevance », a d'ailleurs précisé Delphine Ernotte, patronne de France Télévisions, début 2020. Si la somme semble importante, elle n'est évidemment qu'une goutte d'eau en comparaison aux milliards dont disposent des acteurs américains comme Apple, Disney ou Netflix.

Les débuts chaotiques de Salto

Salto est une sorte de serpent de mer dans le paysage audiovisuel français. Cela fait des années que les acteurs tentent de se mettre d'accord pour construire une offre qui pourrait s'imposer face aux mastodontes étrangers. Fut un temps, même Canal+ avait été approché pour faire partie des discussions pour créer cette « réponse » à Netflix, mais vu combien le projet était long et fastidieux, le groupe privé s'est rapidement détourné du projet pour concentrer sur sa propre offre, et a dégainé notamment Canal+ Séries, une offre à 6,99 euros par mois. Depuis, Canal a noué des partenariats importants avec Netflix et Disney+ (qui sera accessible sur les box internet uniquement via Canal) afin de devenir une plateforme de référence de la SVOD.

Dès 2015, le concept d'un « Netflix à la française » était en discussion entre TF1, M6 et France Télévisions, mais des questionnements sur sa rentabilité avaient mis un terme à son développement. Le groupe audiovisuel public français avait alors commencé à réfléchir à sa propre plateforme de SVOD, tout en continuant de plaider pour une synergie.  « Si nous mettons en commun une partie de ces moyens, nous pouvons demain peser sur la scène internationale. Un 'Netflix public' européen est possible et peut naître dans les mois qui viennent », affirmait Delphine Ernotte dans une tribune en novembre 2017. Mais le projet de plateforme de SVOD de France Télévisions avait été « mis en suspens » en mars 2018.

Ce n'est finalement qu'en juin 2018 que l'annonce a été officialisée, après que des négociations pour racheter Molotov ont échoué — notamment devant le montant trop important demandé par l'acteur français (100 millions d'euros). S'en est suivi une année d'incertitude, causée par une importante lourdeur administrative : l'Autorité de la concurrence européenne, saisie fin 2018, a mis plusieurs mois à se déclarer inapte à juger du dossier, qui a finalement atterri entre les mains de l'Autorité française en mars 2019.

«  Ce n’est pas la faute de ces deux institutions, c’est la faute de nos structures qui sont lentes », avait analysé Delphine Ernotte. « L’autorité européenne a quand même mis 6 mois à dire que c’était finalement à l’autorité française de se prononcer… En attendant, Netflix a gagné quoi ? Environ 1 million d’abonnés ? » Elle espérait alors que Salto puisse être lancée pour la fin 2019...

C'est finalement le 12 août 2019 que Salto a eu le droit d'exister officiellement — non sans contraintes. Il a donc fallu lancer le processus, forcément long, de création d'une entité à part de M6, TF1 et France Télévisions, choisir l'entreprise en charge de développer la plateforme d'un point de vue technique, recruter les équipes compétentes pour porter le projet... Tout cela pour un objectif de lancement finalement officialisé pour le 3 juin 2020.

Petite anecdote : le nom « salto » a été à l'origine utilisé par France Télévisions en 2012 pour le lancement d'une fonctionnalité de revisionnage qui permettait de revenir en arrière pendant que vous regardiez un programme en direct, sur les chaînes France 2, France 3, France 4, France 5 et France Ô. Elle était accessible sur les téléviseurs connectés.

Qui s'oppose à Salto ?

Salto n'est pas encore lancée qu'elle a déjà deux opposants.

D'un côté, il y a Molotov, qui est une plateforme qui diffuse par internet des chaînes de télévision gratuitement (il existe également une offre payante pour plus de contenus), et qui pourrait voir son business directement menacé par l'arrivée de la nouvelle plateforme française. D'ailleurs, TF1 a décidé de couper, en août dernier, le signal de ses chaînes à Molotov — qui a récupéré un signal TNT pour continuer à les diffuser. Molotov a donc décidé d'attaquer Salto devant l'Autorité de la concurrence pour abus de position dominante.

De l'autre, Free, qui a récemment déposé un recours devant le Conseil d'État contre la validation de Salto par l'Autorité de la concurrence française. L'opérateur dit craindre un «  cartel vis-à-vis des distributeurs », et avoir peur que les diffuseurs (TF1, M6 et France Télévisions) ne favorisent Salto au moment de fixer les prix de vente de leurs chaînes. Il serait techniquement possible que les trois groupes s’associent pour gonfler artificiellement leurs tarifs, et donc contraindre les opérateurs à payer plus. Toutefois, les barrières posées par l'Autorité de la concurrence française montrent tout de même que l'organisation surveille de très près les actions de Salto, et qu'une telle manipulation semble peu probable.