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Test de Wolfenstein Cyberpilot sur PlayStation VR : en 2019, les démos jouables coûtent 20 €

Vendu trop cher pour son contenu rachitique, Wolfenstein: Cyberpilot loupe son décollage.

En plus du spin-off un tantinet décevant Wolfenstein: Youngblood, Bethesda a décidé de tenter l'expérience réalité virtuelle avec son illustre franchise. L'éditeur avait déjà converti DOOM et Skyrim à la technologie misant sur l'immersion pour convaincre les joueurs et les joueuses. Cette autre adaptation s'intitule Wolfenstein: Cyberpilot et se déroule elle aussi dans les rues de Paris. Elle est compatible avec le PlayStation VR, le HTC Vive, les casques Windows Mixed Reality et le Valve Index.

https://www.youtube.com/watch?v=LV2tj4O-xqc

Bien évidemment, Wolfenstein: Cyberpilot s'appuie sur les bases légendaires de la licence. À savoir un défouloir sans queue ni tête où l'on tue des nazis dans un univers fictif qui les place en grands gagnants de la Seconde Guerre mondiale. Sauf que cette fois on est plongé en plein cœur de l'horreur, parmi le sang et les cadavres pixelisés.

C'est vilain comme un nazi

La configuration PS4 idéale

Pour jouer à Cyberpilot dans les meilleures conditions avec le PlayStation VR, il convient de s'équiper d'un duo de PlayStation Move et de s'asseoir sur un siège qui ne limite pas les mouvements autour de soi, aussi bien verticalement qu'horizontalement. En bref, tout sauf un canapé...

Comme son titre l'indique, Wolfenstein: Cyberpilot nous place dans la peau d'un pilote. Une astuce scénaristique veut que l'on soit cloué sur un siège pour être forcé à jouer assis, dans un périmètre restreint. Il s'agit d'une aubaine pour l'expérience VR, qui s'exprime avec moins de couacs quand l'espace de jeu est totalement contrôlé. Autrement, il n'y a pas grand-chose à retenir de l'histoire du jeu : on se contente de suivre les ordres d'une Résistante nommée Jemma au travers des quatre missions que compose l'aventure.

Eh oui, quatre missions et pas une de plus : Cyberpilot ne propose pas une durée de vie énorme pour qui voudrait rentabiliser l'investissement consenti pour s'offrir une expérience de réalité virtuelle (spoiler : le jeu coûte une vingtaine d'euros). D'autant qu'hormis une volonté de surmonter les difficultés supérieures, vous n'aurez pas très envie d'y retourner une fois les objectifs remplis.

Techniquement, n'espérez pas grand-chose de Wolfenstein: Cyberpilot. Le Playstation VR accuse une nouvelle fois ses limites et si les premiers plans sont tout juste acceptables, les choses se gâtent dès que l'on souhaite regarder un peu plus loin (ce qui peut s'avérer indispensable quand on veut tuer des méchants éloignés). Dans les grandes lignes, le rendu visuel est grossier et ce qu'on gagne en immersion à 360 degrés, on le perd en confort pour les yeux. Bref, c'est de la réalité virtuelle qui commence sérieusement à dater.

Trois expériences en une

Wolfenstein: Cyberpilot est un jeu d'infiltration... dans le sens où l'on doit piloter tour à tour trois véhicules conçus par les forces nazies pour semer la zizanie dans leurs rangs. Dans l'ordre : un chien mécanique cracheur de feu (le bien nommé Panzerhund), un drone capable de se faufiler, de pirater des ordinateurs (et de désintégrer les ennemis en un clic) et un mécha géant armé d'une mitraillette lourde et d'un lance-roquette (on l'appelle le Zitadelle pour les intimes). Bien évidemment, les trois engins ne proposent pas tout à fait la même prise en main, leur seul point commun étant cette possibilité d'être réparé une fois à l'arrêt. Paradoxalement, c'est le drone qui propose le meilleur parcours puisqu'il demande d'observer les niveaux avant d'avancer (un tir adverse et c'est le game over). Le mécha repose sur de la violence. Le chien ? De la violence en moins bien que le mécha.

Chacune des trois premières missions démarre par un briefing qui consiste d'abord à réparer/détourner chacun des robots dans un atelier. Une mise en bouche un peu répétitive mais qui renforce (un peu) l'implication et pallie la narration qui se résume à la douce voix féminine accompagnant le joueur. Le QG comporte également un laboratoire dans lequel on peut réaliser quelques tâches rapides (exemple : assembler une arme). Ces à-côtés, qui ajoutent quelques minutes à la durée de vie, renvoient davantage vers des démos techniques. Une occasion de rappeler que le PlayStation VR n'en a plus vraiment besoin aujourd'hui compte tenu de son âge.

Une fois dans le vif de l'action, on ne dira pas que la maniabilité des véhicules est mauvaise. Il y a même quelques bonnes idées disséminées çà et là, mais que Wolfenstein: Cyberpilot n'exploite jamais vraiment à cause de la durée riquiqui des missions. On pourrait presque affirmer qu'il s'agit d'un apéritif pour un jeu plus ambitieux, avec de vrais enjeux et une construction mieux pensée. En l'état, l'adaptation VR de Wolfenstein a tout d'un bonus que l'on aurait préféré gratuit pour les propriétaires de Wolfenstein: Youngblood, les deux productions partageant les mêmes environnements. Là, c'est 20 euros pour une petite soirée de plaisir, la frustration face à tant de limites en plus.